Aux confins de l’absurde !

par  E. BARREAU
Publication : mars 1986
Mise en ligne : 22 juin 2009

Précoce et rigoureux, l’hiver a déjà montré son nez, « Ce tueur de vieilles gens » disait VICTOR HUGO. _Que ne dirait-il aujourd’hui de cette misère, au milieu d’une production pléthorique ? Si la nature a ses lois intransgressibles, parfois soudaines et meurtrières (MEXICO et ARMEDO nous le rappellent) déjouant les connaissances humaines fragiles, celà ne suffirait-il pas sans que les humains y rajoutent des calamités artificielles, au nom de fausses valeurs, entretenant de ce fait le paradoxe absurde, imbécile et inhumain de «  LA MISERE DANS L’ABONDANCE », maintenant une économie à deux vitesses : « RICHESSES et PAUVRETÉ ».

Des chiffres, des exemples ? PARIS : 50.000 personnes en état de clochardisation... 10.000 personnes sans abri... tandis que les métiers du Bâtiment tirent la sonnette d’alarme du levier « Commandes » Résultat dépôts de bilans, faillites, licenciements, chômage avec son cortège de misères. D’un côté : des besoins, de l’autre  : des techniciens et des matériaux pouvant les satisfaire, de quoi manque-t-on ?... tout simplement et tout bêtement, de crédits  !.. 8 millions d’économiquement faibles, plus 1 million sans un centime en poche, c’est-àdire, vivant (ou survivant) d’aumônes et autres quêtes publiques, baptisées pudiquement : Solidarité  ! Foire d’empoigne, mendicité et charité remplaçant la JUSTICE... en même temps que : 700.000 tonnes de viande invendues, engorgent et se baladent dans la C.E.E... denrée périssable qui risque de s’acheminer vers la destruction, plutôt que vers la distribution aux nécessiteux qui y ont pourtant droit. Malgré les quotas laitiers, et autres artifices employés, 1 million de tonnes de beurre se trouvent dans la même situation, car, pour que ce marché (comme les autres) ne s’effondre, ces montagnes de beurre doivent disparaître... Après avoir été payées par les contri-buables ! Quelle solidarité... dans la destruction ! Je vous fais grâce des artifices employés, lorsque ce beurre... revient sur les marchés, à moindre prix, mais payant tout de même ! Combien de fois sera-t-il payé  ? par les contribuables, consommateurs ou pas ! N’oublions pas que pendant ces manipulations... financièrement grasses ! 45.000 enfants meurent de faim chaque jour dans le monde, y ajoutant la sous-alimentation massive des nécessiteux, privés de revenu, et sacrifiés sur l’autel du monstrueux et criminel « dieu-profit »... Tandis que l’on prêche la natalité ! S’il a fallu peu de temps entre le décret-loi décidé et promulgué par LE PREMIER MINISTRE sanctionnant sévèrement les automobilistes en infraction, serait-il plus malaisé de prendre les mêmes mesures, interdisant de détruire toute production, tant que des besoins existent ? Cette forme de changement ne serait-elle pas Socialement positive ? Le Revenu Social garanti pour tous est la pierre angulaire de cet édifice qui se dessine envers et malgré ceux qui refusent d’admettre, (ou de comprendre ?) que le changement existe dans les « FAITS ». Quand des voix courageuses instruites de ces faits, oseront- elles informer et proposer à la face du monde la solution découlant de leurs conséquences, dans la plus rigoureuse logique cartésienne ? Sans quoi l’absurde ira encore vers plus absurde ? Jusqu’à quand ?