Bonne année 2009 !

par  M.-L. DUBOIN
Mise en ligne : 31 janvier 2009

Les perspectives pour l’année qui commence sont tellement sombres que la nouvelle équipe de La Grande Relève tient à exprimer à ses lecteurs encore plus de bons vœux que les autres années…

…Tout en leur rappelant qu’il y a longtemps que leur journal avait dénoncé les causes de ce qu’on appelle “la crise”.

Mais lucides ou aveuglés, nous sommes tous dans la même galère, ou plutôt sur le même Titanic, ceux de la classe “bling-bling” profitant encore d’une sinécure : une idéologie stupide pousse les foules à détruire les vraies richesses pour courir se disputer des leurres.

Si dans ces colonnes, inlassablement depuis plus de soixante dix ans (c’est la crise des années 30 qui, grâce à l’éclairage de Jacques Duboin, nous a ouvert les yeux), nous nous efforçons, sous diverses formes, selon les circonstances et selon nos sensibilités, de faire appel tant au bon sens et à l’innovation, qu’au souci des autres et de l’avenir, c’est bien dans l’espoir d’être entendus à temps pour éviter la situation dramatique qui s’annonce.

Malheureusement, malgré les milliers et les milliers de lecteurs que nous avons alertés, nos voix semblent se perdre dans le désert. Bernard Blavette, ci-dessous, essaie de trouver l’explication de cette inertie du public dans l’éducation, constatant que les enfants, dès le plus jeune âge, sont incités à se soumettre au monde plutôt qu’à le remettre en question… Mais il y a urgence, comme le crie Philippe Robichon, tandis que Christian Aubin alerte sur des aspects mal connus des dangers auxquels nous sommes tous exposés, et que Gérard-Henri Brissé propose des mesures d’urgence.

Ce n’est donc pas le moment de se laisser aller, ce qui signifie laisser faire.

Nous avons tous les arguments nécessaires pour convaincre les gens de bonne foi que ce qu’on appelle la “crise” est la preuve flagrante de l’échec d’un système vieux d’un peu plus de deux siècles, et qui n’a que trop longtemps régné. Et montrer qu’on nous a trompés en nous promettant que la croissance nécessaire au capitalisme allait apporter de meilleures conditions de vie partout dans le monde, y supprimer la misère, et qu’il fallait pour cela aider les entreprises et faire crédit…aux banques !

Pas un seul de nos lecteurs ne devrait plus supporter d’entendre affirmer que la seule alternative au capitalisme ne peut être qu’une dictature stalinienne. Et tous, devant l’évidence qui ouvre enfin, mais de force, d’autres yeux que les nôtres, sont en mesure de soutenir que la seule issue raisonnable à cette “crise” c’est oser se débarrasser de la dictature de la finance, pour inventer, jusque dans l’économie, la vraie démocratie.

Pour que cette voie de salut se fasse entendre avant que toute raison soit paralysée par la violence, dont la menace est de plus en plus sensible, il faut faire connaître nos propositions, qu’on en parle, qu’on en discute au lieu d’affirmer “qu’il n’y a pas d’alternative”. C’est le moment parce que les gens s’interrogent, ils cherchent une sortie, ils ont besoin d’un projet porteur d’espoir : ils en manquent tellement… et c’est précisément ce que nous apportons !

Alors, comment faire augmenter, malgré la récession, le nombre de nos abonnés ?

Du côté des rédacteurs, le bilan de l’année 2008 est très encourageant, car notre équipe s’est élargie à de nouvelle plumes… qui font le poids. Et nous avons espoir que cela fasse boule de neige. Avec de nouveaux rédacteurs, tous bénévoles et motivés, nous allons pouvoir élargir encore nos réflexions. Et l’accord de la Commission paritaire de la presse vient de nous être renouvelé pour cinq ans. Mais nous ne remettrons pas le journal dans les kiosques, il y était étouffé, et les nouvelles conditions imposées par les NMPP ont pour effet de décourager tout ce qui n’est pas la “grande presse”.

Côté financier, nous réduisons les coûts de fabrication jusqu’à réaliser bénévolement la mise en pages sans professionnels, tout en nous efforçant de soigner la rédaction et la présentation. Mais évidemment pas l’impression, dont on voit mal comment en diminuer le coût. Et les tarifs postaux pour la Presse vont subir une forte hausse au cours des 7 prochaines années, la première dès ce mois-ci, il en a été ainsi décidé en juillet dernier ! Sans publicité payante, ni subvention, pour être libres de nous exprimer, nous ne continuons que grâce aux lecteurs qui nous soutiennent en abondant à la souscription permanente. Ils nous permettent aussi de servir des abonnements gratuits (personnalités diverses, dont on aimerait quelque soutien en retour, bibliothèques, centres sociaux, anciens rédacteurs, personnes financièrement démunies mais qui “renvoient l’ascenseur” en nous faisant connaître autour d’eux, etc).

Nous saisissons toutes les occasions, conférences-débats en particulier, pour présenter le journal au public.

Mais c’est sur vous, les abonnés, qu’il faut compter, sur votre zèle à saisir, dans votre entourage, toute occasion de parler de nos propositions, par exemple en profitant d’interrogations sur la crise financière actuelle pour faire découvrir nos propositions par la lecture de la Grande Relève et du livre Mais où va l’argent ?

« Ah, que l’année nouvelle serait bonne si chacun de nos abonnés actuels en faisait un nouveau ! » disait André Prime, notre ami si regretté. Faisons survivre son espoir, souhaitons-nous un très bon an neuf !