C’est parti !

par  M.-L. DUBOIN
Publication : juin 2011
Mise en ligne : 4 octobre 2011

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Au sud de la Méditerranée, des peuples ont entrepris leurs “1789” : ils veulent en finir avec la dictature de quelques quasi monarques, qui, depuis des décennies, accaparaient, pour eux et leurs familles, les richesses du pays.

Au nord, d’autres peuples se révoltent contre une autre dictature, celle de la finance : ils ne veulent plus de ces gouvernements qui, pressés par les marchés financiers, ont apporté des centaines de milliards d’euros au système bancaire en dérive, et qui les condamnent maintenant à la misère, à coups de plans d’austérité que rien ne justifie.

photo prise à Perpignan le 22 mai

Si les Grecs ont été les premiers à manifester, ils sont de plus en plus suivis, car il n’y a guère qu’en Islande que les citoyens aient pu se prononcer par référendum et être, un peu, entendus.

Le 15 mai, tandis que les “indignados” espagnols décidaient d’occuper jour et nuit la Puerta del Sol à Madrid, une foule de nouveaux résistants français (soutenus par quelques anciens) manifestaient à Thorens, puis, et malgré la neige, sur le plateau des Gliéres.

Ces révoltes font taches d’huile, il y en a maintenant tous les jours, dans la plupart des grandes villes, et si les médias officiels évitent d’en parler, internet permet de s’en faire une idée et de découvrir un foisonnement d’initiatives prises, et souvent bien organisées, pour dénoncer, par exemple à Paris, le dîner mensuel des 800 très riches membres du club “le Siècle” dans les salons de l’Automobile-club de France, place de la Concorde, ou bien à Deauville, la réunion du G8.

photo prise à Thorens le 14 mai

Et, effectivement, en constatant que ces 8 “dirigeants” des pays les plus riches du monde maintiennent leur cap, tout en haussant les barrières policières qui les isolent des peuples en colère, on comprend qu’on parle d’une nouvelle prise de la Bastille… Mais combien de morts faudra-t-il pour que “les décideurs” entendent ces appels à la démocratie ? Où ses dirigeants autistes prétendent-ils encore mener notre monde ?

 

Le danger est d’autant plus énorme que, partout, l’extrême droite récupère des électeurs déçus de voir la “gauche de gouvernement” se plier, elle aussi, sous le joug des marchés financiers. Elle va donc tenter, par ses discours trompeurs, de prendre la place de ceux qu’elle désigne comme “tous pourris” pour disposer des moyens de mener sa politique de défense les intérêts des bons “Français de souche” au mépris des “immigrés”, rendus responsables de nos maux. Il est essentiel de faire la différence, de bien voir que ce qui importe, pour que soient pris en compte, dans toutes les décisions importantes, sans distinction, sans discrimination, les droits de TOUS les êtres humains, c’est la démocratie.

 

Dans ces colonnes, nous dénonçons constamment l’absence de démocratie. Absence dissimulée dans les pays où des élections sont organisées. Absence flagrante au niveau des institutions internationales (OMC, OCDE, FMI, BM, Banques centrales, etc.) dont les décideurs ne sont pas élus et mènent le monde en servant les intérêts des grandes entreprises auxquelles ils sont inféodés.

C’est parce que nous avons conscience qu’elle est totalement absente dans tout le domaine de la finance et de l’économie, à quelque niveau que ce soit, depuis l’entreprise, privée ou pas, et jusqu’aux ministères, que nous avançons des propositions destinées à être la base d’une véritable démocratie économique.

 

« la génération perdue n’était pas endormie, elle étudiait »

Mais pourquoi les populations qui se révoltent aujourd’hui contre la dictature “des marchés” se sont-elles si longtemps laissées séduire ?

Serait-ce parce qu’à l’origine du libéralisme économique, du “laissez faire la main invisible et miraculeuse des marchés !”, se situe l’idéologie libérale, la politique libérale, et qu’à la racine de ce mot, il y a l’idée de liberté ? Liberté, liberté, que de crimes commis en ton nom !

Essayons ici de comprendre ce qui se cache derrière ce miroir aux alouettes.