Civilisation /servilisation

par  D. BENAÏM
Publication : décembre 2000
Mise en ligne : 23 mars 2009

Daniel Benaïm projette de créer un groupe de travail dont l’objectif serait de définir les contours du concept de “servilisation” comme “processus de destruction de la société”. Il propose de l’intituler :

Les nouvelles offres d’emplois, qui concernent les métiers de service (le tertiaire) ne correspondent-elles pas de moins en moins à la demande des travailleurs ? à l’origine, en économie, offre et demande exprimaient l’inverse de ce qu’elles signifient aujourd’hui : c’est l’entreprise qui a besoin d’embaucher des gens et les gens qui offrent leurs forces, compétences ou savoir faire. Le rejet des offres d’emploi de service pose un problème que l’on s’efforce de résoudre par des politiques d’incitation au travail. L’enjeu majeur de la refondation sociale, et plus particulièrement du Plan d’Aide de Retour à l’Emploi, n’est autre que transformer un collaborateur potentiel en ressource disponible en permanence, avec ou contre son gré.

Le groupe de travail essaiera de montrer comment sont organisées et justifiées les pratiques et politiques d’incitation au travail, de soumission, voire de servitude, des ressources humaines, ainsi que la marchandisation des ressources de base nécessaires à leur entretien.

Dans un premier temps, il s’agira d’analyser ce processus de destruction de la société. Dans un second temps, le groupe de travail devra travailler à rendre accessible au plus grand nombre la compréhension du concept.

Enfin, la diffusion du concept de servilisation, opposé à celui de civilisation, devra s’accompagner d’une redéfinition des enjeux, des valeurs, des fondamentaux porteurs de la civilisation. Nous avons aujourd’hui suffisamment de données, d’expériences, d’alternatives viables, de preuves et de légitimité, pour revendiquer et mettre en œuvre les politiques lucides et cohérentes qui permettent de développer la civilisation et de faire reculer les pratiques de servilisation.

Comme on le voit, les objectifs de ce travail sont multiples et les propositions faites ne sont pas exhaustives. Elles sont le fruit de réflexions qui ne demandent qu’à être discutées, tant sur la forme que sur le fond.