Complément à antidotes

par  M. LECLÈRE
Publication : juillet 2017
Mise en ligne : 14 novembre 2017

L’auteur du livre antidote dont nous suggérions la lecture dans la GR de mai (1186) nous décrit ici le mal qu’il s’est donné, et pendant de nombreuses années, pour tenter de faire comprendre autour de lui l’importance d’une question aussi capitale que la création monétaire, dont tout dépend et que, pourtant, tout le monde continue à vouloir ignorer :

Depuis 1953, j’essaie de partager mes connaissances concernant la création monétaire à partir du néant par les banques, et je constate le désintérêt abyssal de mes contemporains… Comme disait l’ex ministre du Budget Charasse : « Personne ne cherche d’où vient le blé » !

C’est bien regrettable, car tout en dépend : sitôt lancés dans la jungle, c’est la lutte pour gagner le plus d’argent possible, d’abord en urgence, pour vivre, ensuite pour avoir accès à tout ce qui semble embellir l’existence. Nous, les 92% de la population qui sommes salariés, nous dépendons de la bienveillance d’une économie pour qu’elle crée des emplois rémunérateurs. Ce qui devient rare de nos jours et cause un mal-être mondial en faisant plier l’échine des récalcitrants.

Le progrès est loin d’être partagé entre tous !

Pour savoir d’où nous vient cette monnaie, attachée à un emploi, et qui irrigue très mal les populations, il faut remonter à l’aube de la révolution industrielle anglaise (vers 1750) qui a anticipé la nôtre d’un siècle.

Bouleversant les anciennes coutumes sécurisantes, elle enfanta un prolétariat misérable, serviteur des machines. Une comptabilité rustique considéra les salaires comme une charge à incorporer dans le prix de revient des produits. Cette notion de “Valeur Travail”, qui vient d’Adam Smith, ravalait, sans réfléchir, l’ouvrier à un matériau.

D’un travail compréhensible, donc gratifiant, le travail devint contraint. Alors que l’activité libre du manufacturier le récompense par un bénéfice non contractuel qui n’entre pas dans le prix de revient, mais dans le prix de vente.

L’ancêtre de nos économistes, en s’inquiétant des premiers effets du machinisme, chercha qui pouvait créer cette désharmonie sociale.

Il y vit les décisions d’une “main invisible”. Celle-ci, bienveillante pour les propriétaires des moyens de production, fut officialisée et les révoltes ponctuelles furent vite matées.

Un intellectuel inventa la lutte des classes, tout en conservant la comptabilité “valeur travail”.

Et tout au long des époques suivantes, l’existence devint une lutte permanente.

Tous ces drames humains de l’Histoire, et que certains vivent encore, n’auraient pas existé si ces ancêtres et leurs successeurs avaient changé cette façon arbitraire de faire les comptes.

En effet, le capital ne pouvait rien sans le travail, et celui-ci, concernant le plus grand nombre, aurait dû se retrouver dans l’équation du prix de revient sur la même ligne que les bénéfices : l’association “coopérative-capital-travail” aurait alors limité les tensions entre agents ayant des intérêts communs et un monde pacifié en serait issu.

Les époques passées ont donc été assorties de luttes constantes pour limiter ces antinomies : ou bien le travailleur s’écrasait, ou bien il se révoltait quand la misère l’atteignait.

Pour avoir un certain poids, il s’intégra dans les idéologies naissantes, qui se trompaient d’objectif.

Nous le constatons de nos jours où la main d’œuvre est moins nécessaire pour produire. Quant au patron, il a fait place à un manager salarié qui est jugé à son efficacité à produire des profits.

Les drames du siècle dernier poussèrent ces antagonisme à un maximum. De honteuses hécatombes masquaient le commerce que les guerres nourrissent d’autant plus facilement que toutes les productions guerrières sont immédiatement consommées, assurant salaires et profits.

Et l’impact économique a été tel que la science n’avait jamais fait des bonds aussi rapides !