Europe : parlons franc !

par  H. MULLER
Publication : octobre 1996
Mise en ligne : 12 août 2008

Née dans la foulée du Plan Marshall, de l’imagination de Jean Monnet, visionnaire mandaté par les États-Unis alors en quête de débouchés, construite à l’arraché avec l’appui des parlements minoritaires, marionnettes agitées par les lobbies, parée de toutes les séductions, l’Europe nous montre aujourd’hui son cul, un vrai merdier débordant de mécontents, de révoltés, de scandales en tous genres, de fraudeurs, d’escrocs, d’odeurs financières nauséabondes. Son bilan n’a jamais été dressé. La libre concurrence a engendré un chômage galopant dû aux fusions, aux délocalisations, aux innombrables faillites, aux importations à bas prix seulement profitables aux gens du négoce, une armée d’exclus, un flux ininterrompu d’immigrés venus laper la manne des allocations et subventions distribuées à tout-va afin de pallier les carences en matière de formation des revenus.

Elle a fait les choux gras d’un lot de privilégiés, à commencer par les personnels de l’institution lovés à Bruxelles et dans ses annexes, dégoulinant de primes, d’avantages fiscaux et le reste, puis les multinationales imposant leur omniprésence, enfin les banques assurant les va-et-vient de l’immense cagnotte approvisionnée par les contribuables des Etats-membres, au bénéfice des entreprises et des prébendiers.

Cajolés, pour ne pas dire achetés, édiles et grands électeurs lui ont emboîté le pas, orchestrant les hymnes à l’économie de libre marché, plongeant le pays dans une sombre mélasse que la monnaie unique ne peut qu’épaissir davantage, seconde étape sur la voie de la mondialisation, mondialisation assortie d’un océan de paperasserie, de règlements, d’injonctions, d’interdits, appelée, sous l’égide de cette Commission Trilatérale, dont les médias se gardent de souffler mot, à concrétiser la domination des peuples du monde par l’argent.