II. Gueules noires et salopards

Trop oubliée, la lutte historique des “gueules noires”
par  G. EVRARD
Publication : décembre 2013
Mise en ligne : 30 avril 2014

Les mineurs du bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais ont payé un lourd tribut aux accidents miniers, à la répression des mouvements sociaux des 19e et 20e siècles, à la lutte contre l’occupant nazi au cours de la seconde guerre mondiale. Mais ils ont vécu aussi les bonheurs des premiers congés payés, immense conquête du Front populaire, des premiers bains de mer sur la côte d’Opale et même en Méditerranée après la Libération. Les dernières lampes qui veillaient jadis au grisou au fond de la mine, devenues électriques, ont néanmoins vacillé une à une dans les années 1980. Il est utile aujourd’hui d’évoquer ce passé de noir et d’azur, qui se réveille parfois, justement dans la GR. En essayant de le réveiller vraiment.

L’été, c’est souvent le temps des congés pour ceux qui ont un travail, le temps des vacances pour ceux qui peuvent changer d’horizon. Mais c’est toujours le temps des inégalités et des injustices sociales. On sait pourtant la liesse que les premiers congés payés, immense conquête sociale du Front populaire, firent naître en 1936 dans les populations ouvrières, du moins telle que le cinéma nous la raconte.

La plupart d’entre elles n’eurent cependant qu’un avant-goût de ce qu’il leur fallait dès lors inventer, avant que n’éclate la guerre. Pour les mineurs du bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais, la côte d’Opale n’est pas loin et ce fut leur première destination, au moins le temps d’une journée, quittant leur jardin des corons ou délaissant la partie de pêche au son des guinguettes dans les marais alentour du pays.

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Images symboles des premiers congés payés en 1936

Jean Wrobleski, né en 1920, mineur de 1934 à 1971, ancien militant syndical, raconte :

« Quand tout s’est calmé, quand le travail a repris, on a commencé à apprécier ce que c’était que le Front populaire. La première chose annoncée, c’était les douze jours de congés. Alors ça, c’était vraiment phénoménal. Qui aurait pensé un jour qu’on pouvait être douze jours sans travailler et puis être payé ? C’était vraiment l’euphorie. (...) Pour la première fois, des trains spéciaux étaient organisés par les syndicats. C’est là qu’on a découvert les côtes du Nord [de la France]. Je n’avais jamais vu la mer de ma vie. C’est la première fois en 1936 que j’avais été à Malo-les-Bains [près de Dunkerque], où véritablement, c’était l’invasion des mineurs du Nord - Pas-de-Calais (...) ».


- Paroles et mémoires du bassin houiller du Nord - Pas-de-Calais, 1914-1980, recueil d’interviews de mineurs et de femmes de mineurs établi par Jacques Renard et Sophie Goupil, publication CNDP, CRDP (Centre régional de documentation pédagogique) de Lille, avec l’INA.
- Mémoires de la mine - 1936.
http://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00139/les-greves-de-1936.html
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Une vue du marais aujourd’hui

J’ai le souvenir de dimanches d’été joyeux et bruyants, au début des années 1950, dans le village de mes grands-parents, à une quinzaine de kilomètres du pays minier. Des autocars amenaient les mineurs et leurs familles dans le marais, dont les Houillères du bassin du Nord et du Pas-de-Calais avaient la concession, pour passer la journée au bord des étangs, au son de la guinguette.

La mairie de Biache-Saint-Vaast (Pas-de-Calais), contactée, ne retrouve pas les traces administratives de cette période.

GE

Avant de filer vers l’azur, revenons cependant un instant sur l’actualité qui a suivi la première partie de cet article [1]. Le 3 mai 2013, la télévision diffusait à 0 heure L’honneur des gueules noires, le documentaire de Jean-Luc Raynaud [2] qui retrace le combat judiciaire qu’entreprirent, 60 ans après les faits, 17 mineurs et leurs familles, parmi les survivants des 3.000 mineurs qui avaient été licenciés, poursuivis en justice, emprisonnés, chassés de leur maison, empêchés de retrouver un travail dans la région et humiliés parce qu’ils avaient fait grève en 1948 contre la suppression du statut particulier des mineurs acquis à la Libération, alors qu’ils venaient de mener la bataille du charbon. Ils étaient décidés à demander réparation de l’injustice et de la discrimination dont ils avaient été victimes pour avoir simplement usé de leur droit de grève, un droit inscrit justement dans la constitution de 1948.

Nous avons dit, dans la première partie, l’attente du travail des historiens afin d’éclairer les raisons politiques de cet évènement [3].

Le film est chargé d’émotion, mais surtout il ne cache rien de l’acharnement des Charbonnages de France, c’est-à-dire de l’État, jusqu’à Christine Lagarde, alors ministre de l’économie, se pourvoyant en cassation en mai 2011 pour refuser cette reconnaissance acquise en première instance, puis en appel. Le jugement sera effectivement cassé pour prescription en octobre 2012. Depuis, le Président François Hollande a fait refuser par sa majorité une loi d’amnistie votée par le Sénat en février 2013, à l’initiative du Front de gauche, incluant les mineurs condamnés pour faits de grève en 1948 [4]. D’où certainement la programmation quasi clandestine du documentaire à la télévision.

Nos élites politiques peuvent ainsi dire leur fierté de voir figurer le pays minier au patrimoine de l’Unesco et oublier, voire continuer de réprimer, ceux qui en ont été les artisans les plus combatifs au cours de son histoire.

 Pacification de l’histoire

En introduction de la première partie, nous affirmions que « Le consumérisme d’aujourd’hui (...) n’hésite pas à s’emparer des symboles des luttes populaires une fois celles-ci rangées dans les armoires du passé ». La géographe Anne Clairval ne dit pas autre chose en observant la soi-disant tentative de mixité sociale dans Paris, impliquant la rénovation des anciens quartiers populaires de la capitale et qui a d’abord pour effet d’en éloigner les habitants les plus pauvres : « Les cultures populaires, jadis révolutionnaires et menaçantes pour l’ordre social, deviennent des objets de folklore et de consommation culturelle » [5]. Des voyagistes proposent ainsi des voyages culturels en pays minier [6] et tous ceux qui ont visité le Centre Historique Minier de Lewarde clament leur satisfaction. Mais leur parle-t-on des luttes sociales, sans lesquelles les progrès techniques auraient d’abord fait avancer la productivité, sans forcément améliorer les conditions de travail ? Souvenons-nous du constat de Jacques Duboin lorsqu’il fonda La grande relève des hommes par la machine !

J’ai ressenti la réalité de cette pacification de l’histoire en voulant recueillir le témoignage de quelques-uns des derniers acteurs de la mine qui contribuent aujourd’hui à en immortaliser la mémoire ou de ceux qui les relaient dans des structures plus institutionnelles, les uns et les autres ayant côtoyé la génération précédente à des titres divers. Un exemplaire de la GR avec le premier article leur fut envoyé, une lettre jointe leur demandant d’évoquer ce qu’ils savaient de l’état d’esprit des mineurs lors des premiers congés payés, puis dans les années qui ont suivi la Libération. Ces hommes et leurs familles gardaient-ils la conscience de cette grande conquête du Front populaire ou bien pouvait-on déjà entrevoir les premiers indices de la société de consommation à venir, qui momifierait leur épopée ? Il était clairement mentionné que la seconde partie s’attacherait tout autant à faire ressortir le passé de lutte des mineurs, sans souscrire au consumérisme ambiant. La question est restée dans un premier temps sans réponse. Courrier mal orienté, manque d’intérêt vis-à-vis d’une initiative citoyenne de portée limitée ou simplement prudence idéologique des référents de la mémoire, se refusant à réveiller le souvenir des divisions syndicales et sans doute politiques qui avaient émaillé les luttes des mineurs ?

C’est donc d’abord en observant attentivement le contenu des expositions à Berck et sur la base de conversations avec des personnes rencontrées autour de ces présentations que s’est fondée mon opinion.

Ces dernières années, les nombreux articles de la presse régionale évoquant le séjour des mineurs sur la côte d’Opale ou sur la côte méditerranéenne cultivent seulement la nostalgie et ne tentent jamais de réveiller l’idée de conquête sociale qui devait bien subsister chez certains de ces hommes lorsqu’ils quittaient un temps le noir pour l’azur. Interrogé, le Centre Historique Minier de Lewarde me dit ne pas avoir de ressource documentaire sur cette approche du sujet et me conseilla de consulter la Maison Syndicale de Lens, également muette dans un premier temps, mais qui m’accueillit ensuite amicalement.

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centre historique minier de Lewarde

• Christian Aubin témoigne d’une visite guidée au Centre Historique Minier de Lewarde (Nord), au cours de laquelle les luttes sociales des mineurs ne furent nullement évoquées : « On peut seulement voir, dans les galeries reconstituées, l’évolution importante des conditions de travail (pénibilité, sécurité, salubrité…) et des progrès techniques, avant et après la nationalisation des mines ».

• Depuis, une commémoration active du 50ème anniversaire de “la dernière grande grève des mineurs du Nord - Pas-de-Calais” a été programmée du 20 septembre au 31 décembre 2013, avec notamment appel à témoignages : « (...) ceux des témoins directs de la grève de 1963 ; ceux des syndicalistes, mineurs, ingénieurs, femmes et enfants de mineurs qui ont vécu les événements de mars-avril 1963 : la mobilisation, les manifestations, les piquets de grève (…) ceux des témoins indirects : les familles ayant accueilli des enfants, des commerçants ou autres professions ayant soutenu la corporation minière par des collectes en nature mais aussi des souvenirs personnels liés à cette période ».

 Sous le charbon la plage !

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Été 2009, exposition à Berck-plage (Centre Historique Minier de Lewarde)

C’est le titre de l’exposition sur le thème : Les mineurs en vacances dans les centres de congés des Houillères. Organisée conjointement par le Centre Historique Minier de Lewarde et la ville de Lens [7] , elle fut présentée à Berck-plage au cours de l’été 2009, avec des prolongements en 2010 et 2011 à l’initiative de la ville [8]. Elle rencontra un incontestable succès populaire qui incitait à tenter de retourner aux racines de cette ambiance dont il me reste de vagues sons et de vagues images à la croisée des années 1940-1950. Les visiteurs partageaient-ils des représentations plus ou moins précises, selon leur génération et leur proximité du pays minier, de l’épopée de cette avant-garde ouvrière dont on se sent fier et en même temps redevable ?

L’exposition s’ouvre sur l’idée de mérite. On savait que les mineurs exerçaient un métier dur et dangereux, mais surtout ils venaient de gagner la bataille du charbon, celle qui redonna à la France l’énergie dont elle avait besoin pour redresser son industrie à la Libération : « Après avoir permis à la France de se relever en 1945, les mineurs obtiennent le reconnaissance de la Nation et... un repos bien mérité. Deux centres de congés sont ouverts par les Houillères du Bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais à La Napoule [côte d’Azur] et à Berck-sur-Mer [côte d’Opale] : Le Régina ». Un panneau resitue ensuite clairement le contexte sociologique, historique et social, reproduit ici :

Des vacances pour tous

L’histoire des vacances commence par celle du travail. Jusqu’au début du XXe siècle, le travail reste encore une valeur suprême. D’un bout à l’autre de l’année, les milieux populaires, à la différence des bourgeois et des fonctionnaires, ne connaissent pas le vrai repos des vacances. Les loisirs des ouvriers se bornent, le dimanche, au jardinage, au bricolage et à d’autres activités dans le cadre familial.

Jusqu’aux années 30, il n’est pas encore question pour eux de prendre des congés. Avec la victoire de la gauche et du Front Populaire, la France en grève espère des lendemains meilleurs. Léon Blum fait voter au Parlement une série de mesures allant dans le sens du progrès social : contrats collectifs, semaine de 40 heures, augmentation des salaires et quinze jours de congés payés pour tous. Ceux qui partent en 1936, en dépit de la légende, restent une minorité, mais ces premiers départs permettent à deux mondes qui jusque là étaient séparés, de se côtoyer. Profitant du billet de train à 40% de réduction, les ouvriers montent dans les rares trains partant pour la Côte d’Azur ou dans ceux, plus nombreux, se dirigeant vers les plages plus proches de la Manche. “Les trains de plaisir” amènent les mineurs et leurs familles de tout le bassin minier jusque sur les plages de Malo-les-Bains.

Au lendemain de la Libération, le retour des congés prend d’abord le visage des colonies pour les enfants. Les vacances pour les familles d’ouvriers sont encore de l’ordre du rêve inaccessible. L’hébergement social demeure inexistant et les moyens de transports restent chers. La mobilisation des associations et des syndicats ouvre des horizons nouveaux. Au sein des entreprises, les services sociaux mettent rapidement en place des mesures afin de développer le tourisme populaire : accords hôteliers, camps de toile, adhésion à des organismes (Tourisme et Travail, VVF…), acquisition de maisons de vacances, auxquelles n’échappent pas les Houillères du bassin Nord - Pas-de-Calais. Générosité paternaliste ou moyen de conforter une culture d’entreprise ?

Les bases du tourisme de masse sont lancées. La suite est rythmée, étape par étape, jusqu’à la mise en place des 35 heures, par la réduction du temps de travail et par l’allongement de la durée des congés.

Centre Historique Minier de Lewarde

Les congés payés sont bien présentés comme le résultat d’un processus politique progressiste (dont il faudra évidemment chercher les détails en d’autres lieux) et l’invention du tourisme populaire, comme le fruit de l’action des organisations de travailleurs. La contribution patronale est perçue à l’aune de ce qu’elle fut. Nulle allusion au coût de toute cette construction sociale et à son incidence sur le coût du travail, comme on ne manque pourtant jamais de le crier aujourd’hui au nom de la compétitivité !

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Les colonies de vacances
(Centre Historique Minier de Lewarde)

Seule connotation éventuellement négative : l’idée de tourisme de masse, perçue d’abord comme un juste accès au bonheur pour tous et qui, abandonnée au consumérisme, a perdu toute son inventivité des premières décennies. Traduirait-elle notre impuissance actuelle, alors qu’elle fut un formidable levier de liberté ?

Quoi qu’il en soit, l’hôtel Régina à Berck-plage, fermé depuis 1939, est racheté par les Houillères en 1952 et, pour ceux qui peuvent en bénéficier, le séjour y est vécu dans l’enthousiasme. Les places sont attribuées par tirage au sort, proportionnellement au nombre de salariés par fosse et par catégorie professionnelle. De quelques centaines la première année, il y aura ensuite jusqu’à 9.000 bénéficiaires par an, d’avril à octobre, pendant plus de quarante ans. De 6 jours 1/2, le séjour sera porté à 11, puis à 14 jours en 1973. En 1957, pour une famille avec deux enfants, le prix moyen en pension complète, transport compris, est d’environ 15.000 francs. Le salaire mensuel d’un ouvrier du fond est alors de 33.000 francs.


Le tirage au sort, le départ et l’hôtel Régina à Berck-plage (Centre Historique Minier de Lewarde)

Des témoignages nous disent, dans leur émouvante simplicité, le patois se mélangeant souvent au français, ce qu’était l’attente de ces familles ouvrières séjournant pour la première fois à l’hôtel et qui apprenaient les vacances. C’était encore, pour elles, à ce moment-là, même bien après les premiers congés-payés, un bouleversement qui suffisait largement à mobiliser leur enthousiasme :

De la mine à la mer
(extraits de témoignages de gueules noires de Liévin)

Une femme :

— La première fois, c’était en mai 1965. L’impression en arrivant, c’était le vent. On respirait, on balayait, on laissait tout en arrière pour prendre un peu d’oxygène.

— On entre à l’hôtel Régina avec les valises. Le grand escalier, on n’avait jamais vu ça. Pour nous, c’était un château. On nous attendait. On nous a emmenés à notre chambre avec les deux gosses. On s’est embrassés. On était en vacances. C’était beau ! Depuis que j’étais mariée, en 1959, j’avais pas eu de voyage de noces, pas eu de vacances. On a dit : c’est notre voyage de noces !

Un homme :

— On était accueillis comme des rois. Il faut le dire : les mineurs, ce ne sont pas des gens que l’on aime. Le mineur, on l’aime quand on en a besoin.

Un autre homme :

— Et la nourriture alors, ho là là [en patois] ! Quand on retournait à la maison, on avait tous 5-6 kg de plus [hum !], tellement qu’on mangeait bien.

La femme :

— Au petit déjeuner, on était servis. Il y avait tout ce qu’il fallait pour les enfants, des pots de lait, des biberons dans la journée. Quand on se mettait à table, le personnel était à notre disposition.

— Les hommes étaient en dimanche. On n’avait pas l’habitude de les voir comme ça, bien habillés. On se revoyait entre homme et femme. C’était un autre homme.

— Après, on allait se promener sur la plage. Il n’y avait pas de magasins comme maintenant. On restait sur la plage avec les enfants. Ils étaient contents, nous aussi. C’était en mai, une bonne période pour l’iode. Quand il y avait beaucoup de vent, on se mettait derrière les cabanes [les cabines de bain].

— On revenait, on allait faire un petit brin de toilette et on se mettait à table. Alors là, c’était le paradis.

On montait dans nos chambres, on faisait la sieste et puis on allait faire un petit tour. C’était toujours se promener. On allait jusqu’au phare de Berck. On allait au café des mineurs. Il y avait un juke-box et on dansait. C’était magnifique. C’était des vacances !

L’un des hommes :

— Les serveurs, on les connaissait tous. C’était une ambiance de famille. Tout le monde s’appelait par le prénom. Y’avait pas d’Monsieur ! Ch’étot ti et mi, allez viens boire un coup. Y’avait tout le monde, les ouvriers et les porions. Y’avait pas d’étiquette.

La femme :

— C’était une grande famille. Les gens de Berck nous adoptaient. Quand on allait au café, il y avait des pêcheurs. On parlait. Les hommes, ça leur permettait de confronter leur métier.

C’est là qu’on s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de similitude.

— C’était la grande camaraderie à Berck.

L’un des hommes :

— Y’avait l’ambiance. Y’avait la musique.

— Et l’air surtout. Il faut dire qu’on se purgeait à Berck. Vu que j’travaillais à l’fosse, le meilleur médicament, c’était l’air. Ça décrochait la poussière !

La femme :

— Il y avait des fêtes, des variétés, des prestidigitateurs, des magiciens. Il y avait bal.

— C’était alors bien organisé. Il y avait des garçons dans les couloirs et on laissait les enfants couchés dans les chambres. Quand il y en avait un qui pleurait, on venait nous dire : chambre unetelle, il y a un enfant qui pleure.

— On était fatigués. On dormait tout le temps. C’était l’air.

Une autre femme :

— La plage des mineurs était à 5 minutes.

L’un des hommes :

— On faisot des gosses. On a fait tous nos enfants à Berck. Ils étaient bronzés au départ !

Exposition à l’hôtel Régina, été 2010.
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un flobard (Centre Historique Minier de Lewarde)
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Jeu de boules…
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…et jeux de plage.
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L’hôtel Régina : une chambre, à table, derrière les cabines sur la plage - Se promener...

 
Après que les Houillères eurent lâché le Régina, l’hôtel est finalement repris en 1999 par le gestionnaire actuel, lui-même, dit-on, fils de mineur, et qui continua d’accueillir les ayants-droits dans les conditions du tourisme social. Aujourd’hui encore, quelques familles restent fidèles : « D’anciens mineurs continuent de venir, même souffrants. Beaucoup sont décédés à cause de la silicose, mais leurs veuves viennent toujours, elles ont autour de 80 ans » [9]. Cet engouement, du moins la nostalgie des premières vacances à Berck, ont d’ailleurs été réveillés par la célébration de La route des vacances, imaginée par la ville en 2011, suite au succès de l’exposition. Une myriade d’autocars et de voitures de l’époque refont désormais, sur l’itinéraire d’alors, chaque week-end de Pentecôte, le trajet entre Lens et le Régina à Berck-plage, avec l’arrêt casse-croute obligé à mi-parcours sur la place d’Armes de la petite ville d’Hesdin où, pour la circonstance, les baraques à frites activent leurs réchauds plus qu’à l’ordinaire, au pied du beffroi. De nombreuses familles gardent ainsi la mémoire de ce qui resta pour leurs aînés une aventure, en oubliant sans doute peu à peu que ce fut d’abord une conquête [10]. C’est ce que nous essaierons de voir plus loin.

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La route des vacances 2011 devant le Régina à Berck

 De Berck-sur-mer à Berck-plage [11], [12]

Berques sur la mer était un village de pêcheurs installé depuis le Moyen-âge dans l’embouchure de l’Arche, un petit fleuve côtier. Mais, au 18ème siècle, par les facéties du littoral et l’ensablement de l’Arche, le village se retrouve sans accès à la mer, éloignée à plus de 1 km et barrée par un espace dunaire. Sans port, Berck continue néanmoins de vivre de la pêche en s’adaptant aux contraintes de l’échouage. Dans les années 1900, avec plus d’une centaine d’unités, la marine locale est la plus importante flottille d’échouage de France.

À part le phare, il fallut attendre le milieu du 19ème siècle pour voir apparaître les premières maisons sur le bord de mer. Dans l’une d’elle vit la mythique "Marianne-toute-seule", à l’origine de la vocation médico-hospitalière de Berck. Elle soigne, par des bains de mer, des enfants présentant certaines manifestations de la tuberculose osseuse. Les vertus thérapeutiques de l’endroit, particulièrement iodé, sur la maladie elle-même, sont alors reconnues par des médecins [13]. Berck compte à cette époque environ 2.000 habitants. L’Hôpital Impérial, qui deviendra l’Hôpital Maritime après la chute de Napoléon III, est ouvert par l’Assistance Publique de Paris en 1861. Il est agrandi et inauguré en 1869 par l’impératrice Eugénie, suivi de l’Hôpital Rothschild et de plusieurs autres établissements à vocation curative. Certains subsistent encore aujourd’hui et tous les noms sont omniprésents dans la ville. à la même époque, la mode des bains de mer attire les premiers baigneurs. L’essor du chemin de fer favorise largement l’expansion balnéaire et le développement de Berck-plage s’accélère à la fin du 19ème siècle. Au début du 20ème siècle, la population de Berck atteint 8.000 habitants, avec l’afflux des malades, de leurs familles et des personnels des établissements hospitaliers.

Lieu de travail pour les uns, de cure ou de loisir pour les autres, la plage devient un espace de contact entre des populations bien différentes. « Les touristes participent au trainage des bateaux, les parisiennes en crinoline s’extasient devant les poissons déchargés sur le dos des Berckoises en calipettes [la calipette est un bonnet], les flobards échoués offrent un décor idéal pour les photographies de vacances... » [11]. Des scènes qui inspirent aussi de nombreux peintres (dont Edouard Manet, Eugène Boudin, Francis Tattegrain...), donnant même naissance à "l’école de Berck" (130 artistes viennent travailler à Berck de 1870 à 1914). Les pêcheurs continuent d’habiter dans le bourg à l’intérieur des terres, devenu Berck-ville, tandis que Berck-plage s’étend.

Les bateaux construits dans les chantiers navals, toujours situés à Berck-ville, rejoignent la plage et la mer trainés à travers les nouveaux quartiers de Berck-plage.

La cohabitation des deux entités ne va pas sans heurt. Ainsi, lorsque les habitants de Berck-plage réclament le revêtement des rues, ceux de Berck-ville font valoir que des gens qui viennent pour mettre leurs pieds dans le sable n’en ont pas besoin !

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Trainage et armement des flobards
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Nouvelles activités sur la plage

Des enfants pauvres sont pris en charge à l’Hôpital Maritime, mais en l’absence de Sécurité sociale, ce sont en général des familles riches qui viennent s’installer à Berck pour des soins de longue durée (parfois jusqu’à 10 ans). La réputation de l’hydrothérapie à Berck devient mondiale (Raspoutine fera le voyage avec le tsarévitch Alekseï !). Par ailleurs, la notion de congés-payés étant encore étrangère aux populations laborieuses, Berck-plage se développe sous l’impulsion de la grande bourgeoisie et va ainsi compter jusqu’à 5 casinos avant la guerre de 1914-1918, des hôtels de luxe et de grands chalets dans le quartier sud ! Pendant la première guerre mondiale, les hôpitaux accueillent les blessés. Certains resteront après la guerre à cause de leur handicap. Un hôpital pour les pauvres est créé en 1920. Dans l’entre-deux guerres, à côté de la pêche, Berck-plage reprend les activités basées sur la cohabitation entre soins aux malades et loisirs du bord de mer, avec la promotion du sport sur la plage. Sans toutefois retrouver le faste d’avant la guerre. Conséquences de la révolution russe de 1917 et de la crise économique de 1929 [14] ?

1936 voit l’arrivée des "congés-payés" et les premiers pas d’un tourisme populaire, sans la capacité d’hébergement appropriée.

En 1940, les Allemands détruisent totalement le front de mer pour bâtir le "mur de l’Atlantique", dont de nombreux vestiges subsistent encore aujourd’hui.

Après la Libération, avec la reconstruction d’un nouveau front de mer à l’architecture simple et unifiée, c’est l’acquisition de l’hôtel Régina, ancien établissement de luxe (abandonné), par les Houillères du bassin du Nord et du Pas-de-Calais qui symbolise en 1952 le véritable départ d’un tourisme populaire15. L’activité de pêche disparait dans les années 1950-1960.

La tuberculose osseuse se raréfiant, l’activité hospitalière décroit à partir des années 1970. Après une phase de reconversion dans le traitement d’autres pathologies osseuses, les soins aux traumatisés et l’orthopédie, la fin de l’activité proprement médicale est maintenant envisagée [15].

C’est donc sur le seul tourisme, dans un cadre naturel préservé (les dunes de Berck, ainsi que de nombreux autres sites alentour sont la propriété du Conservatoire du littoral) que repose désormais le développement économique de Berck-sur-Mer, qui compte aujourd’hui environ 15.000 habitants l’hiver et 100.000 l’été.

 Les "salopards" ?

"Congés payés" ou "salopards en casquette", c’est ainsi que la bourgeoisie désigna parfois, avec mépris, les ouvriers qui venaient troubler, à partir de 1936, les plages et les baignades dont elle pensait avoir le monopole. Si en certains lieux, notamment sur la côte d’Azur, l’arrivée des prolétaires déchaîna sans doute une véritable haine de classe, il me semble que les "salopards" se sont plutôt bien intégrés à Berck, devenue une station balnéaire familiale et populaire, « un peu l’antithèse de son snob voisin Le-Touquet-Paris-plage » comme l’apprécie avec malice le Guide du routard [16].

Lorsque la population ouvrière commence à fréquenter l’endroit, à partir de 1936, nous l’avons dit, elle n’y vient qu’à la journée, faute de logements, faute de moyens et parce que les vacances sont à inventer. Cette situation se retrouve à la Libération. Les conséquences de la guerre s’effacent lentement, des locations de petits meublés commencent à être proposées et des structures collectives se mettent en place, d’abord des colonies de vacances pour les enfants. La grande bourgeoisie a déserté la place. La Sécurité sociale fait ses débuts, les malades sont nombreux sur des lits roulants, le long de l’esplanade du bord de mer. Le respect des autres est sans doute alors la vertu la mieux partagée. C’est avec les pêcheurs, avec les petits commerçants et avec les premiers touristes salariés (dans ma jeunesse on disait aussi que Berck était la plage des ouvriers parisiens) que les mineurs composent. Les témoignages précédents, évoquant les années 1960, parlent des pêcheurs et des mineurs comparant leurs métiers, le bon accueil des mineurs par la population berckoise, bien que le mineur se dise parfois mal-aimé.

1945 s’éloigne et c’est une petite bourgeoisie commerçante qui prend place à Berck-plage. Celle-ci attend avec impatience chaque année le retour des mineurs car, comme se rappelle la fille de commerçants de l’époque : « ils dépensaient des sous, les maris ayant souvent fait une double quinzaine pour pouvoir gâter les gosses ! ». Un autre témoignage, à Hesdin, l’étape de La route des vacances, confirme le nouvel équilibre qui s’instaurait alors : « Les familles de mineurs étaient une clientèle très sympathique, très ouverte, de braves gens qui réglaient rubis sur l’ongle. L’ambiance était formidable. C’était une clientèle amie des commerçants » [17] ! Une dame retraitée, avec qui j’évoque ces sujets, dénonce pourtant « l’attitude peu accueillante des Berckois lorsqu’elle-même dut quitter l’AP [hôpitaux de l’assistance publique] à Paris pour venir travailler à Berck comme infirmière ».

Voilà pour l’intégration, mais que restait-t-il de l’élan populaire qui avait permis les grandes conquêtes sociales ? Si la question peut rendre sourcilleux les officiels, elle trouve parfois des réponses chez les visiteurs des lieux d’exposition. Le fils d’un ancien mineur d’origine polonaise (ce dernier était arrivé en France à l’âge de 14 ans, alors que la Pologne était occupée par l’Allemagne, et avait été embauché à la mine à 16 ans), était visiblement ému par les tableaux et les photos installés au Cottage des dunes. Il me dit spontanément : « C’était un métier de bagnard. Mon père me disait de bien travailler à l’école pour échapper à cette condition. Ce n’était pas vrai. Il ne suffit pas de bien travailler à l’école ! ». Mon interlocuteur était allé en vacances au Régina avec ses parents, alors qu’il avait 3 ans. Il me répondit ensuite : « Oui, mon père était conscient » que les congés payés étaient une grande conquête sociale du Front populaire. Un autre jour, une dame, veuve d’un mineur militant CGT qui avait vécu la fermeture des puits de la région, puis celle de Carmaux, avant de revenir à Lewarde, m’assura que, bien sûr, les militants en restaient conscients. Une autre fois encore, une employée de l’Office de tourisme, que j’ai pu interroger en dehors de l’affluence, elle-même fille de mineur et qui, enfant, avait passé ses vacances en famille à Berck ou sur d’autres plages plus au nord de la côte d’Opale, me confirma qu’à la maison on savait ce que cette conquête sociale signifiait, bien que son père ne fut pas militant. Il veilla à ce que sa famille put toujours prendre des vacances.

Le souvenir des grandes luttes sociales a donc été transmis mais, à l’évidence, chez les mineurs qui se retrouvent aujourd’hui, forcément âgés mais trop jeunes encore (pour la plupart) pour avoir vécu les premiers congés payés, ce n’est pas le premier sujet de conversation. Ce sont tous les chapitres de leur vie de mineur qu’ils aiment évoquer, quand enfin leur histoire sort de l’oubli !

Ainsi, lors de La route des vacances, si cette adresse à un édile lue dans la presse régionale « Plus que des vacances, on touche à la conquête de droits sociaux, à une liberté chèrement acquise » [18] flattait mon investigation, une jeune professionnelle chargée de suivre la première édition de l’évènement pour les organisateurs m’a assuré qu’elle n’avait entendu aucune discussion politique à voix haute au cours de la journée.

D’ailleurs, les participants entonneront [19] Les corons, cette chanson populaire de Pierre Bachelet (qui cite au passage Jaurès et 1936) que l’on entend dans les moments forts du stade Bollaert à Lens, plutôt que le Salut à toi mineur de France, chanson de lutte composée par un mineur de Saint-Etienne dans sa prison, pour cause de grève en 1948, et qui est interprétée dans le film L’honneur des gueules noires [1], [20] évoqué au début de cette seconde partie !

 Visite à la Maison Syndicale de Lens

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A la Maison syndicale de Lens

Cette maison, dont la construction a été décidée au lendemain de la catastrophe de Courrières en 19061, détruite pendant la guerre 1914-1918, puis reconstruite à l’identique, abrite en fait toute la mémoire du syndicat CGT des mineurs du bassin et raconte l’histoire agitée du syndicalisme minier. Mes interlocuteurs, Serge Barrois, président de l’association Mémoires et Cultures de la région minière, et Louis Bembenek, président de l’Union régionale des Syndicats des mineurs retraités et veuves CGT, me disent d’emblée dénoncer eux aussi l’absence de référence aux luttes syndicales dans les différentes initiatives que nous avons relatées. On leur doit d’ailleurs la proposition de commémoration des grandes grèves de 1963, organisée actuellement par le Centre Historique Minier de Lewarde.

Ils classent La route des vacances entre Lens et Berck au rang d’opération promotionnelle du tourisme à Berck-plage et m’assurent que la chanson de Pierre Bachelet Les corons était à l’origine détestée des mineurs car elle réduisait leur univers à celui des corons. Elle ne fut jamais diffusée sur Radio Quinquin. Ils m’expliquent cette souffrance du mineur, parfois honteux, d’être considéré comme culturellement inférieur, “illettré”, en particulier par les médias nationaux (parisiens). Je comprends mieux alors ce que signifiait le témoignage, recueilli au Régina, qui disait le mineur « mal-aimé, sauf lorsque l’on a besoin de lui ». C’est sans doute ce que recouvrent également les propos du maire de Loos-en-Gohelle, souvent entendus après le classement du bassin minier à l’Unesco et l’ouverture du Louvre-Lens : « On a recréé une fierté chez les habitants, on leur a même redonné une part de dignité. Alors que le bassin minier partait en désespérance, l’Unesco a redonné de la confiance et l’envie de se projeter en donnant au territoire les moyens du renouvellement » [21]. Nous avons dit dans la première partie que cette reconnaissance était aussi le fruit de dernières luttes. Des luttes que mènent encore aujourd’hui mes interlocuteurs, d’abord pour les 70.000 ayants-droits à la sécurité sociale minière : mineurs retraités ou veuves de mineurs. Et aussi pour que les historiens, eux, n’oublient rien de leurs batailles.

On peut se demander si ce n’est pas cet acharnement à réduire la combativité des mineurs qui eut raison de leur fierté, quand on me dit ici que le sous-sol n’est pas épuisé, ni en charbon, ni en gaz de houille. Bien sûr, l’extraction locale devenait plus chère que l’importation du charbon de pays où le travailleur ne prétendait pas encore aux mêmes droits, mais il y eut aussi la montée en puissance du lobby pétrolier dans ces années 1960, où se décida l’abandon de l’exploitation sur notre territoire, et peut-être surtout la promesse d’en finir avec une corporation décidément trop combative : « Un des objectifs du plan Marshall était d’encourager le recours au pétrole afin d’affaiblir les mineurs et leurs syndicats et d’arrimer ainsi les pays européens au bloc occidental. (...) Grâce à sa fluidité, le pétrole permit de contourner les moyens de transport et donc les ouvriers qui les faisaient tourner. (...) L’approvisionnement étant dorénavant global, le capitalisme industriel était devenu beaucoup moins vulnérable aux revendications des travailleurs nationaux » [22]. Les mineurs, mais pas seulement !

Louis Bembenek, ancien mineur de fond, vécut des vacances à l’hôtel Régina au début des années 1970. Je retrouve dans ses propos les témoignages évoqués plus haut dans l’encadré. Il m’explique la pudeur des mineurs hors de leur univers. On discutait des luttes dans les sections syndicales, entre soi. Les vacances étaient un moment de bonheur : « respirer l’air iodé, être en famille, se reposer, bien manger et surtout, pour les femmes, n’avoir rien à faire, même à table ». Oui, les vacances se découvraient et cela suffisait à mobiliser leur énergie. Poser la question de la société de consommation en germe aurait été saugrenu et peut-être blessant. Ici, dans le contexte de l’évocation, je n’y songeais même plus.

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Manifestation pour la sauvegarde des résidences de vacances des mineurs en 1994.

Je découvre alors que la fin des vacances réservées aux mineurs à l’hôtel Régina fut encore une histoire de luttes ! Dès 1990, lorsque l’activité minière cesse dans le bassin du Nord - Pas-de-Calais, les syndicats, à l’initiative de la CGT, proposent à la CCAS (Caisse centrale d’activités sociales) d’EDF-GDF de reprendre les biens sociaux des Charbonnages de France, avec la possibilité pour les anciens mineurs et leurs familles de bénéficier des mêmes avantages qu’auparavant. La CCAS d’EDF-GDF y est favorable. En 1994, des actions communes sont engagées avec les travailleurs d’EDF-GDF. Elles aboutiront à la reprise du seul centre de La Napoule et l’hôtel Régina de Berck sera mis en vente dans le tourisme marchand [23], [24], [25], [26].

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Exposition Mineurs du monde au Cottage des dunes, à Berck-plage, été 2011

 

Au terme de cette enquête (en deux parties) entre noir et azur, il me semble que cette dernière affichette est une conclusion digne du chapitre que les mineurs (et notamment ceux du bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais) ont écrit dans notre histoire, si l’on s’efforce de savoir ce que les mots recouvrent.


Je tiens à remercier :
- Les personnes anonymes qui ont bien voulu répondre à mes questions à l’occasion des expositions,
- M. Jean-Max Gonsseaume, historien local, pour nos échanges au cours des étés 2010 et 2011,
- Mme Sabine Dequin, au Centre Historique Minier de Lewarde,
- M. François Goudeau, à l’Office de Tourisme de Berck-sur-Mer, pour leur autorisation de publier mes photos prises dans les expositions,
- MM. Serge Barrois et Louis Bembenek, pour leur témoignage et nos échanges à la Maison Syndicale de Lens en novembre 2013,
- Christian Evrard, qui a poursuivi son soutien documentaire actif pour cette seconde partie.


[1I. Gueules noires et salopards, Guy Evrard, GR 1142, mai 2013, pp. 8-15.

[2L’honneur des gueules noires, Jean-Luc Raynaud, film documentaire, 2012. http://programmes.france3.fr/documentaires/index.php?page=doc&programme=la-case-de-l-oncle-doc&id_article=3717

[3La grève des mineurs de 1948, Pierre Outteryck, Les cahiers de l’Institut d’histoire sociale de la CGT. http://www.ihs.cgt.fr/IMG/pdf_DOSSIER-3.pdf

[4Norbert Gilmez « Ne jamais désespérer de la justice, mais savoir se battre », Yves Housson, L’humanité, 1-3/3/2013.

[5La mixité sociale à Paris est une notion hypocrite, Mathilde Carton, Les Inrocks, le 12/9/2013. Rencontre avec la géographe Anne Clerval, à propos de son livre Paris sans le peuple : la gentrification de la capitale, éd. La Découverte, 2013. http://www.lesinrocks.com/2013/09/12/actualite/mixite-sociale-notion-hypocrite-11425449/

[6Par exemple Arts et Vie - Voyages culturels : Le bassin minier et le Louvre-Lens, escapade de 4 jours. Catalogue Loisirs de juillet à octobre 2013.

[7Sous le charbon, la plage. Les mineurs en vacances dans les centres de congés des Houillères. Descriptif de l’exposition itinérante. http://www.chm-lewarde.com/pdf/Catalogue-Souslecharbon-laplage.pdf

[8Vivez vos meilleurs souvenirs, expositions en 2010 et 2011, dvd à l’office de tourisme de Berck-sur-Mer.

[9L’hôtel Régina de Berck, Le Lensois Normand, tome 2, 14 avril 2010. http://lelensoisnormand.unblog.fr/2010/04/14/lhotel-regina-de-berck/#comment-225

[10Voir par exemple : Une virée à la mer comme au temps de la mine, La voix du Nord, 13 juin 2011. http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2011/06/13/article_une-viree-a-la-mer-comme-au-temps-de-la.shtml
Un grand nombre d’articles ont été publiés dans la presse régionale à l’occasion de chacune des trois éditions de l’évènement en 2011, 2012 et 2013.

[11De Berck-ville à Berck-plage, Actes du 35ème congrès de la Fédération des sociétés savantes du nord de la France, La ville et son peuple dans le nord de la France, pp 25-27, Société académique du Touquet - Paris-plage, Le Touquet, 1994.

[12Bref historique dans le guide 2010 de Berck-sur-Mer.

[13Berck-sur-Mer, station médicale, Frédéric Charlaté, Histoire des sciences médicales, tome XXXIX, n°3, 2005, pp.267-276.

[14Berck à travers les siècles, tome II, de 1789 à 1978, Paul Billaudaz, éd. Berck, 1977
- chap. II, Berck-plage, nouvelle station balnéaire (1852 à 1914)
Les rapports entre la ville et la plage, p. 32
- chap. III, Guerres et paix
L’entre deux guerres, p. 43
La guerre 1939-1945, p. 45

[15Quel avenir pour une station médicalisée ? Le cas de Berck-sur-Mer, Aurore Vasseur, Mémoire professionnel présenté pour l’obtention du Diplôme de Paris 1-Panthéon Sorbonne, Master professionnel « Tourisme », spécialité Développement et aménagement touristique des territoires, année 2008-2009, pp. 53, 80, 88.

[16Le Guide du routard Nord Pas-de-Calais, 2001, p. 278.

[17Route des vacances : les mineurs « réglaient rubis sur l’ongle ! », J.L. Munier, La Voix du Nord, Hesdin, 18 mai 2013, p. 16.

[18Hesdin : ce dimanche, on se remet dans la peau des mineurs partant au bon air de la mer, J.H. Mabille de P., La Voix du Nord, Hesdin, 17 mai 2013. http://m.lavoixdunord.fr/region/hesdin-ce-dimanche-on-se-remet-dans-la-peau-des-mineurs-ia36b49156n1255722

[20Pour écouter Salut à vous mineurs de France, dans la version du film : http://www.youtube.com/watch?v=SmujzGpM6RA

[22L’évènement Anthropocène, Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz, p. 139, éd. du Seuil, octobre 2013.

[23Qui veut du Régina ?, Actualité, L’Hôtellerie, n°2530, Hebdo 9/10/1997. http://www.lhotellerierestauration.fr/lhotellerie/Articles/2530_08_octobre_1997/Qui_veut_du_Regina_.html

[25Bernard Queste, Le "Château des mineurs" (La Napoule) raconte une aventure sociale et les vacances des gueules noires, echo62, jeudi 2/2/2012. http://www.echo62.com/actu3288

[26Feuilleter aussi la revue de presse à propos du film militant de Jean-Pierre Denne et Pascal Crépin, Le château des mineurs, qui relate les vacances des mineurs au Château de la Napoule, en évoquant les conditions de sa reprise par la CCAS d’EDF-GDF, Juillet 2012, association Mine de rien. http://colportimages.chez-alice.fr/revuedepressejuillet2012.pdf


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