Ils en sont là et nous en sommes las...

par  M.-L. DUBOIN
Publication : février 1982
Mise en ligne : 22 décembre 2008

A l’époque des étrennes, pour le cas où vous envisageriez d’offrir ou de vous faire offrir une fourrure, alléchés par les placards publicitaires des journaux, les photos, les mannequins élégants, sachez que :
- plus de 30 millions d’animaux sont exterminés chaque année dans le monde pour le commerce
de leur fourrure
- dont près de deux cent mille bébés phoques au large de Terre Neuve dans des conditions abominables : les chasseurs envahissent les pays du Grand Nord, au mois de mars, quand les mères allaitent leur nouveau-né, la tuerie s’effectue quand les petits n’ont pas plus de cinq semaines, pour que leur fourrure soit encore blanche. Ces jeunes animaux sont assommés à coups de gourdin, le sang éclaboussant la mère qui hurle de désespoir en entendant le craquement des crânes qui éclatent. Les bébés phoques sont souvent éventrés vivants, pour aller plus vite. Les peaux rasées, traitées et teintes en Europe sont ensuite expédiées au Japon, mais près de 10 000 sont gardées en France par les industriels de la maroquinerie qui les transforment en gadgets, comme ces porte-clefs vendus dans les stations de sport d’hiver :
- les astrakans nouveau-nés sont tués à la naissance, sous leur mère, à l’aide d’un pistolet qui leur percute la cervelle ;
- des coyotes sont pourchassés par des hommes en jeeps ;
- des loups sont massacrés par une pluie de balles tirées d’un avion ;
- on décime les renards, en les accusant d’avoir la rage ;
- les félins, animaux nocturnes, sont attirés vers un piège grâce à un appât, qui est souvent une chèvre effrayée. Si le collet d’acier les saisit par le cou, ils meurent vite. Mais s’ils sont attrapés par une patte, ils agonisent longtemps dans des douleurs atroces ;
- malgré bien des campagnes, tout un peuple de petits animaux, les lièvres, les castors, les hermines, les loutres, les visons, les martres sont couramment attrapés par des pièges à mâchoires dentées qui les gardent prisonniers avant qu’ils ne meurent, dans d’abominables souffrances, d’épuisement, de froid et de faim.
Les journaux, et tous les médias, ne manquent pas d’informer le public sur les autres massacres perpétrés par la race humaine. Mais ceux-là font la fortune des fourreurs, alors on n’en parle pas trop !