Ils y viennent !

par  G. STEYDLÉ
Publication : février 1981
Mise en ligne : 15 octobre 2008

Sous cette rubrique, lancée par G. Steydlé, nous poursuivons la collection des textes qui prouvent que nos idées se répandent :

• AVOIR OU ETRE, de Erich Fromm, collections réponses, éditions Robert Laffont.

La plupart des maux des sociétés actuelles, capitalistes ou communistes, disparaîtraient avec l’instauration d’un revenu annuel garanti.
L’essentiel de cette idée est que tous les individus, qu’ils travaillent ou non, auront le droit inconditionnel de ne pas mourir de faim et de ne pas être sans abri. Ils recevront juste ce qu’il faut pour se sustenter, mais n’en recevront pas moins. Ce droit exprime un concept nouveau pour notre époque, bien qu’il s’agisse d’une norme très ancienne, exigée par le christianisme et pratiquée par un grand nombre de tribus « primitives » : que les êtres
humains aient un droit inconditionnel à la vie, qu’ils accomplissent ou non leur « devoir envers la société ». C’est un droit que nous garantissons à nos chats et à nos chiens, mais non à nos semblables.
Le domaine de la liberté individuelle serait considérablement élargi par une telle loi ; aucune personne économiquement dépendante d’une autre (d’un père, d’un mari, d’un patron) ne serait plus obligée de se plier au chantage de la faim.
Le revenu annuel garanti assurerait une liberté et une indépendance réelles. C’est pour cette raison qu’il est inacceptable pour tout système fondé sur l’exploitation et le contrôle autoritaire, et, en particulier, les différentes formes de dicta. Cure. Il est caractéristique du système soviétique que les dispositions visant à la gratuité de certains biens ou services, même les plus simples (par exemple, les transports publics et les distributions gratuites de lait), ont été régulièrement repous sées. L’assistance médicale gratuite est la seule exception, mais seulement en apparence, puisque, ici, le service gratuit dépend d’une condition claire et nette  : pour en bénéficier, il faut être malade.
L’idée peut paraître irréalisable ou dangereuse à ceux qui pensent que l’« homme, par nature, est fondamentalement paresseux ». Ce lieu commun, en fait, n’est absolument pas fondé  ; il est tout simplement un slogan qui sert à rationaliser la résistance à la volonté de rendre un sentiment de puissance à ceux qui sont sans défense.

(Envoi de J. Bourgoin, St-Quentin)


Y VIENDRAIENT-ILS ?

De qui sont ces lignes :

• « Dans la société scientifique, l’investissement, du fait de la télématique, devient réducteur d’emplois, sans créer parallèlement d’emplois de substitution, loin de là. La masse des biens et des services nécessaires pour une production constante de biens et de services évolue négativement ».
« A terme, le problème sera de faire bénéficier de larges couches de la population du progrès technique ayant entraîné cette gigantesque accumulation de capital. La seule réponse se trouve dans des mécanismes de transfert direct du revenu provenant de la détention de ce capital et des ressources naturelles vers la population.

* Réponse :

- De Michel Poniatowski, citées par Gérard Morice dans un article de « Science et Vie » n° hors série 132, intitulé « La trompeuse malédiction des machines  ». L’auteur poursuit
Ce qui signifie que ce n’est plus le travail de l’individu qui permettra de financer sa consommation.

(Envoi de C. Gaudas, Draveil)

*

• Est-ce que la gloire d’un Etat ne devrait pas être, puisque de toute façon, semble-t-il, chômage il y a, malgré les spécialistes chargés de le résorber, d’assurer à chaque individu, qu’il travaille ou non, un revenu annuel garanti  ?

* Réponse :

- de Henri Laborit dans « Copernic n’a pas changé grand’ chose ».

(Envoi de N. Spanjaard, Sèvres)

*

• L’espèce humaine a mis des milliers d’années pour atteindre le niveau du P.N.B. de 1950, lequel a triplé en une seule génération... mais les inégalités entre les hommes se sont grandement accentuées et pour ma part je considère que le développement, jusqu’à la fin du siècle, ne peut se faire que sous le signe de l’égalité  : un changement fondamental à l’échelle globale doit inévitablement survenir.

* Réponse :

- du Yougoslave Janez Stanovnik.

(Documentation UNESCO)