Juste un vœu

par  J.-P. ALLETRU
Mise en ligne : 28 février 2009

Avec le réchauffement climatique, l’humanité est mal partie. L’Europe, qui pourtant se targue de jouer en ce domaine un rôle d’avant-garde, n’a adopté, en fait, que des mesures de faux-semblant (c’est finalement un objectif minuscule de 4 % de réduction des émissions qu’elle s’assigne sur son territoire d’ici 2020… grâce au tour de passe-passe de la compensation carbone dans les pays du Sud ; et aucune sanction n’est prévue pour inciter les gouvernements à respecter leurs engagements). Que reste-t-il du Grenelle de l’environnement ? Pfutt !!! Des bonnes paroles, démenties par les faits. « La relance économique qu’on nous a concoctée est basée sur ce qui a fonctionné au XXème siècle, avec force vente de voitures et kilomètres d’autoroutes, une pincée d’immobilier en banlieue étalée, et en nommant même un ministre [P. Devedjian] pour faire le contraire de ce que devrait normalement faire J.-L. Borloo », résume Jean-Marc Jancovici. Nous sommes loin de nous préparer effectivement à vivre sans les énergies fossiles…

Le réveil n’en sera que plus douloureux.

Le monde riche est au milieu de la crise la plus grave depuis la grande dépression de 1929. L’Amérique s’enfonce dans le chômage de masse (524.000 emplois en moins en décembre !). La mobilité parfaite du capital financier crée une concurrence planétaire non seulement entre entreprises multinationales, mais aussi entre États, entre leurs systèmes sociaux et fiscaux et entre les travailleurs de tous les pays du monde. Les agricultures locales sont déstabilisées par les variations erratiques des prix. Les délocalisations désertifient des régions entières. Les savoir-faire disparaissent.

Il faudrait tirer les enseignements de cette débâcle, sortir de l’économie-casino, reconstruire, sous l’égide des Nations-Unies, un nouveau système économique et financier, qui mette, sous contrôle démocratique, la finance au service de la justice sociale, de la stabilité économique et du développement durable. Au lieu de quoi on s’apprête, ça et là, à mettre des rustines, pour faire redémarrer le système tel quel, en attendant la crise suivante. C’est ainsi qu’en France, Sarkozy met, sans aucune contrepartie, 360 milliards d’euros à la disposition des banques, l’État n’en devenant même pas actionnaire !

La démocratie est loin de s’être imposée dans de trop nombreux pays, à commencer par la Chine et la Russie. Le conflit israëlo-palestinien, très déséquilibré en faveur d’Israël (qui bénéficie du soutien quasi-inconditionnel des États-Unis), est un abcès de fixation à partir duquel prolifère, depuis des décennies, tout ce qu’il y a de plus archaïque en matière de religion.

En France, il ne se passe pas de semaine sans que le pouvoir n’annonce un nouveau mauvais coup : les retraites par répartition, l’assurance-maladie, l’assurance-chômage, les services publics, l’école et l’université, le droit du travail, le contrat à durée indéterminé, tout y passe.

Un jour on apprend que le Président de la République nommera désormais le Président de France Télévision. Un autre qu’un charcutage des circonscriptions électorales est concocté. Le lendemain, on annonce la suppression des juges d’instruction (le but étant sans doute que les enquêtes, dans le domaine financier en particulier, échappent aux “petits juges” indépendants, et soient entièrement sous le contrôle du Parquet qui, lui, dépend hiérarchiquement du pouvoir…).

Dans le domaine économique et social le pire est à venir, avec un chômage à la hausse. Le pouvoir en place ne cherche pas à réduire les inégalités, c’est au contraire, la France du fric qui est au pouvoir, insolente, décomplexée et sans scrupule.

Alors, mon vœu pour cette nouvelle année, c’est que nous ne succombions pas au découragement. Ne pas se résigner, mais faire circuler l’information (sachant qui “possède” les grands médias), dévoiler ce que les puissants voudraient cacher et renforcer les solidarités.