L’euro et la liberté des prix

par  H. MULLER
Publication : juin 2001
Mise en ligne : 30 septembre 2008

On veut nous rassurer en répétant que l’équivalence rigoureuse sera de règle dans la conversion des prix en euros, aux arrondis près. Mais la liberté des prix autorise les entreprises commerciales et autres à se positionner au préalable afin, d’une part, de se prémunir contre d’éventuelles moins-values résultant des “arrondis” et, d’autre part, de s’adapter aux futures stratégies concernant la classique panoplie des prix devenus euros à terminaison standard (00, 50, 95, 99).

Naturellement inclus dans l’ensemble des prix, les frais entraînés par l’opération euro servent pour lors de prétexte à des hausses incontrôlables, d’ampleur variable, affectant plus parti-culièrement les “marques” sans concurrence.

Il est patent que nombre de prix, hormis, dans une certaine mesure, ceux des articles pondérés à l’indice INSEE, ont déjà pris discrètement l’ascenseur depuis quelques mois, en prévision de leur conversion en euros, à telle enseigne que chacun, aujourd’hui, se demande si l’opération euro ne serait pas un subterfuge propre à relancer les profits tant au niveau des milieux financiers qu’à celui du négoce et des entreprises de services.

Il est encore temps de stopper une opération qui ouvre la porte à une reprise inflationniste, à la spéculation, à la fraude, à l’arnaque, d’imiter les pays dissidents de l’euro, de balancer ses milliards de pièces et toute sa billetterie ; un geste moins coûteux, au demeurant, que cette potion indigeste que l’on entend nous ingurgiter.

Un référendum aurait tôt fait de remettre les pendules à l’heure du franc. Mais sommes-nous toujours en démocratie ?