L’heure du choix a sonné

V. La barre à bâbord toute !!
par  F. CHATEL
Publication : février 2015
Mise en ligne : 25 avril 2015

- Partie I. L’homme et la nature, une sombre histoire de famille - GR 1155
- Partie II. Avec la nature, pourquoi et comment - GR 1156
- Partie III. Que penser du “développement durable ” ? - GR 1158
- Partie IV. Quel avenir avec le transhumanisme ? - GR 1159

Après avoir, dans une série de quatre articles, exposé les “sorties de crise” généralement envisagées, et montré comment et pourquoi elles menacent la survie de l’humanité, FRANÇOIS CHATEL conclut ici que la “grande relève” et la sauvegarde de l’environnement dictent la voie de salut : le remplacement du capitalisme par la démocratie et le partage qui constituent le fondement d’une économie “distributive” :

L’Homme peut choisir sa destinée… mais pour combien de temps encore, compte tenu de la vitesse de dégradation de l’environnement naturel ? Parmi les trois voies possibles, nous avons vu [1] que la première, “le développement durable”, qui veut allier croissance économique et protection de l’environnement, marier capitalisme et nature, se heurte à un antagonisme insurmontable qui peut se traduire par la destruction de la nature [2].

La deuxième voie, “le transhumanisme”, est un pari idéologique pour lequel deux orientations sont probables : soit la techno-science n’apporte pas les promesses espérées, et avec la dégradation croissante de l’environnement il faut craindre le pire  ; soit elle les tient, et l’Homo Sapiens devient une sous-espèce supplantée par machines et robots, à la solde d’une nouvelle espèce d’humanoïdes dopés génétiquement [3].

Heureusement, une troisième voie reste possible : un nouvel itinéraire qu’il s’agit de construire.

Depuis Jacques Duboin, La Grande Relève montre cette troisième voie, cette organisation sociale qui permettrait que tous bénéficient des avancées des connaissances, grâce à l’instauration de l’économie distributive. Depuis des décennies, ce journal dénonce l’obstination insensée des tenants du capitalisme qui met l’humain face à des périls dont il pourrait ne pas sortir indemne. Hélas, rien ne semble ébranler la certitude des prêtres de cette idéologie : ils ne cessent de claironner que le système s’en est toujours sorti ! Combien faudra-t-il de morts, de souffrances, de destructions, de fascismes pour que, cette fois encore, quelques nantis s’enorgueillissent de nouvelles “Trente glorieuses“, d’une nouvelle “sortie de crise" ? Les témoignages de l’Histoire et les menaces qui se profilent ne suffisent-ils pas pour prendre une nouvelle voie, envisager la mise en place d’une nouvelle civilisation ?

 UNE “MUTATION“, DISAIT JACQUES DUBOIN

À propos de ce choix , Théodore Monod trouvait les mots justes : « Que voulons-nous, que devons nous vouloir ? Posséder de plus en plus (et être "possédés"), augmenter notre puissance (matérielle !) et multiplier nos "gadgets", ou viser à un accroissement de l’être, à l’hominisation véritable seule en mesure… de rendre possible notre réconciliation avec la nature ? Continuer à "sacrifier le bonheur" au profit et à la puissance, à rester "un homme vide aux mains pleines", …ou, tandis qu’il est encore temps, peut-être, bifurquer hardiment, courageusement, sans arrière-pensée, dans l’autre direction, celle qui fait passer l’homme avant le profit, la croissance spirituelle avant celle du PIB, le bonheur vrai avant la religion de la production ? » [4].

Cette troisième voie nécessite non pas une rupture brutale mais « une mutation » disait Jacques Duboin. Paul Ariès précise : « il ne s’agit pas de revenir en arrière vers un pseudo paradis perdu, il s’agit collectivement de bifurquer » [5]. Ce qu’E. de Fontenay confirme en ces termes : « La réconciliation avec la nature suppose un changement considérable de mentalités et de pratiques. Pour que cela ne soit pas la nostalgie d’un retour à un âge d’or ou à un état de nature, il faudrait qu’ait lieu une mutation de civilisation » [6].

La question fondamentale adressée à tous devient donc : comment reconstruire une société harmonieuse et porteuse d’un développement du bien-être (et non du bien-avoir), qui sache, tout en garantissant l’autonomie, renouer un lien respectueux avec la nature  ?

 UNE NÉCESSAIRE CURE DE DÉSINTOXICATION

Les nombreux partisans de cette mutation sont généralement prêts à faire table rase de l’organisation économique et sociale actuelle, néfaste et dangereuse. Mais prennent-ils en considération le principal adversaire de l’homme : lui-même  ? Car il n’est pas aisé de reconnaître que la crise, ou plutôt la décrépitude mondiale, demeure de la respon­sabilité de l’occidental et de l’état d’esprit qui l’a animé depuis l’avènement de l’élevage et du patriar­cat1. Le capitalisme, l’idéologie scientiste, le consumérisme, l’oligarchie dominante dont il faut se débarrasser, ne sont que conséquences de l’addiction aux pouvoirs qui anime "l’esprit occidental", cette obsession qui est vue comme le gage de la réussite et de la survie. Il suffit de se pencher sur la motivation qui a généré toutes les conquêtes, dont tous les colonialismes, pour y reconnaître l’état d’espri­t à combattre. Tout comme celui qui nous autorise à considérer les êtres non humains comme des esclaves corvéables à merci, destinés soit à finir en morceaux dans des barquettes, soit à être considérés comme des nuisibles à exterminer, ou comme objets de distraction condamnés à passer leur existence dans des cirques ou des zoos.

En ces temps où un choix démocratique est nécessaire, la lucidité est l’élément essentiel qui va déterminer l’avenir de l’humanité. Sans une prise de conscience des conditions historiques qui ont forgé le présent et du conditionnement mental dont a été victime surtout l’homme occidental, l’humanité ne peut pas espérer se débarrasser de la violence, voire de sa propre extinction. À chacun de reconnaître combien il lui est nécessaire de se défaire des conditionnements religieux, politiques, philo­sophiques, accumulés depuis des milliers d’années en faveur de l’anthropocentrisme, de la concurrence et de l’individualisme. Tant que l’obsession de vouloir mettre la main, ou le pied, sur tout et partout, dominera l’inconscient collectif de la population occidentale (et mondiale par contamination), la nature ne sera pas à l’abri de pillages destructeurs.

Cette menace de sombrer dans l’addiction aux technologies, de se prendre pour des dieux, de s’évader dans un monde virtuel par une sorte de schizophrénie, de se déshumaniser par un égocentrisme exacerbé, devrait avertir de l’urgence à réagir et convaincre chacun d’entamer une cure de désintoxication. Comme l’a bien vu L. Mumford : « N’oublions pas que lorsqu’un seul désir devient irrésistible, sans égard pour l’expérience passée, les besoins du moment ou les conséquences futures, nous avons à faire à une inquiétante pathologie mentale » [7].

Il est temps que technologie et science retrouvent leur place, qu’elles n’auraient jamais dû quitter, celle de moyens au service du développement culturel et social. Cette thérapie apparaît comme la condition primordiale pour sceller un contrat durable avec la nature et prouver qu’est enfin venu pour nous le moment de sortir de l’adolescence.

 LES ANIMAUX FONT-ILS PARTIE DE LA NATURE ?

Réapprendre à coopérer avec la nature demande de protéger ce qui est essentiel pour que la relation homme-nature soit bénéfique aux deux parties. Donc protéger l’intégrité de la nature (qualités de l’air, de l’eau, évolution naturelle du climat, maintien de sa biodiversité, renouvellement de ses ressources et de l’espace qui lui revient). Et sa beauté devrait être pour l’humanité une source de culture.

L’équilibre à trouver sera d’autant plus simple que l’espace accaparé par l’humanité sera plus sobre. À nous de réguler nos besoins et de maîtriser notre nombre, afin que l’impact écologique soit soutenable. Il s’agit donc d’entreprendre un autre "développement durable", débarrassé du capitalisme et de tous ses abus néfastes, de construire une civili­sation conviviale, solidaire, compatible durablement avec l’équilibre biologique de cette étrange et magnifique planète. Cette voie a pour objet non pas la promesse d’un hypothétique bonheur futur, mais la préoccupation au présent d’assurer à chaque individu un passage sur Terre le plus heureux possible, sans compromettre celui des générations prochaines.

Dans mon article intitulé Avec la nature, pourquoi et comment  ? [8] j’ai rappelé combien la façon dont les animaux sont élevés et traités pour l’alimentation est productrice de carbone et de souffrances et montré que sa remise en cause est une étape essentielle de la désintoxication de "l’esprit occidental". Une simple réorientation plus végétarienne de notre mode d’alimentation suffirait pour que la Terre puisse nourrir la population mondiale de façon biologique, grâce aux espaces cultivables libérés. En suivant la maxime : « l’animal sera mieux dans son assiette que s’il est dans la mienne », il n’y a rien d’impossible à faire connaître à notre régime alimentaire une transformation profonde dans les années qui viennent, dans l’intérêt des humains, des animaux et de la préservation de la planète [9].

En même temps qu’elle a conscience de la nécessité de sauvegarder l’intégrité de la nature, si l’espèce humaine tient à sa singularité, la différence, comme dit E. de Fontenay : « n’est pas un privilège mais une charge… Il ne s’agit pas tant de défendre nos droits que de reconnaître nos devoirs » [10]. Il est grand temps de signer un traité de paix avec l’ensemble des êtres vivants, humains et non-humains…

 DÉCROITRE POUR SE DÉVELOPPER

N. Georgescu-Roegen a dénoncé la croissance économique comme la cause principale de ce qui a mis en péril la nature : son inadaptation au modèle thermodynamique de notre planète, son incompati­bilité avec les règles biologiques de l’environnement, alors qu’elle est réclamée, implorée par les économistes libéraux et les gouvernants inconscients. « Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer pour toujours dans un monde fini est un fou ou un économiste. » [11]

Pour les pays qui vivent au-dessus des moyens de la planète, la priorité est donc de renoncer à la croissance productiviste et consumériste. Pour les pays pauvres, il s’agit de trouver un niveau de prospérité compatible avec leurs besoins réels. L’objectif de l’ensemble est d’atteindre un niveau économique satisfaisant pour tous, assurant l’équilibre des écosystèmes et du climat, et la créativité naturelle de la biodiversité. Ce double objectif permettrait de restaurer la justice sociale dans le monde, ce qui est aussi une condition de survie, car « tout surcroît de croissance du PIB correspond aujourd’hui à une décroissance des potentialités de vie sur Terre » [12] comme le constate H. Kempf. « Notre humanité n’émerge que lorsque nous sommes capables de nous fixer des limites »5 estime P. Ariès, ce que confirme M. Dias en ces termes : « La décroissance libère les hommes des mécanismes historiques et leur propose de prendre en charge le monde et l’humain, jusque là soumis à l’empire des lois économiques et géostratégiques » [13]. En effet, cette décroissance souhaitable pour les pays riches permet une libération vis-à-vis des impératifs imposés par l’idéologie capitaliste et invite chaque peuple à reprendre en main sa culture et son destin, soulagé de ne plus avoir à subir cette course en avant et la peur d’être anéanti faute de pouvoir suivre.

Soulagé de la compétition et du consumérisme, libéré de l’économie de l’offre remplacée par une économie de la demande en accord avec les limites de la nature, l’être humain pourra donner la prio­rité à son développement intellectuel et social. Car, il faut le souligner, cette décroissance souhaitable doit aussi être soutenable, elle ne doit pas remettre en cause la démocratie et elle ne signifie nullement un retour en arrière, ni un arrêt de tout progrès scientifique. Vouloir préserver l’écosystème global ne saurait se traduire par un effondrement humain.

 OUI, JE FAIS DE LA POLITIQUE !

Dans un article intitulé L’homme contre la nature [14], J.-P. Tertrais exprime clairement le choix à faire : « Si l’humanité veut assurer son avenir, elle devra réinstaurer la primauté du politique sur l’économique, cesser la course à la productivité et la compétition, pour le contrôle des ressources… »

Il s’agit bien d’abolir cette soumission capitaliste à l’économie, et de s’engager dans une prise de pouvoir par la politique, mais une politique menée par les citoyens dans une véritable démocratie. Non plus dans le simulacre de démocratie que nous connaissons aujourd’hui, qui est une imposture au profit des grandes entreprises et des banques. Mais dans une démocratie la plus directe possible, plaçant le législatif aux mains des peuples, faisant appel au tirage au sort pour l’exécutif soumis à un strict contrôle [15].

Est-il possible de s’orienter vers l’autonomie de petites entités, villages, quartiers, englobés dans des entités plus grandes à la manière des poupées rus­ses, afin d’envisager de réintégrer concrètement un véritable pouvoir au peuple ? « La politique, c’est le goût de l’avenir » [16], disait M.Weber. Pierre Clastres et Marshall Sahlins nous rappellent que les sociétés primitives connaissaient l’abondance et avaient instauré la suprématie de la politique sur l’éco­nomie. Elles limitaient leur production, non par impossibilité, mais par choix, pour protéger leur unité, pour empêcher le risque de la division entre riches et pauvres, du pouvoir de certains sur les autres. Elles pratiquaient l’égalité des revenus, la démocratie directe reprise par l’Athènes antique, le système d’échange don/contre-don, et interdisaient par leur organisation l’existence d’un pouvoir individuel ou oligarchique, et favorisaient l’autonomie individuelle.

 PRINCIPAL OUTIL DE LA RECONSTRUCTION : LE BALAI

Dans La nouvelle grille [17], H.Laborit écrivait : « Nous entrons dans une ère où toutes les "valeurs" ancien­nes établies pour favoriser la dominance hiérarchique doivent s’effondrer. Les règles morales, les lois, le travail, la propriété, tous ces règlements qui sentent la caserne ou le camp de concentration ne résultent que de l’inconscience de l’homme ayant abouti à des structures socio-économiques imparfaites ». La perspective d’un avenir adulte préconise ce projet de vie, qui implique de se débarrasser de principes, issus du patriarcat, basés sur la puissance et le pouvoir, avec tout un cortège de notions aliénantes comme les hiérarchies de valeurs, l’anthropocentrisme, l’idéologie de la croissance infinie, l’éco­nomie capitaliste, le salariat, la propriété privée, etc…

Or, dans ce cortège, le système monétaire et le prêt par intérêt marchent en tête.

« Cette reconstruction passe inévitablement par la remise en cause de la monnaie. Pour qu’elle n’oblige plus la croissance à tout prix, …il faut remettre la monnaie à sa place de moyen et non de fin… Aujourd’hui,… la société est au service de la finance, qui dicte sa politique aux gouvernements. Remettre aux pouvoirs publics la responsabilité de toute création monétaire, c’est renverser les rôles : les choix économiques deviennent alors des choix politiques et la finance leur est subordonnée… Lorsqu’un produit parvient à son consommateur, la monnaie qui lui sert à l’acheter… n’a plus ensuite de raison d’existence, elle est donc annulée au moment de la vente » [18]. L’actualité rend évidente la nécessité de cette révolution monétaire proposée par l’économie distributive, dont les propositions "de démocratie en économie" s’incèrent totalement dans la construction de cette troisième voie.

 LA FIN DE L’EXPLOITATION DE L’HOMME PAR L’HOMME

La notion de propriété privée du capital et des moyens de production, c’est-à-dire la possibi­lité d’exploitation individuelle d’un capital public, ou d’êtres humains en vue de profits marchands, n’a évidemment plus sa place dans cette société.

Quel soulagement de supprimer ces hiérarchies de valeurs qui sont propres au monde du travail productiviste et qui entretiennent les inégalités au sein de la société ! Henri Laborit dénonçait déjà cette aberration, à laquelle il voulait substituer les hiérarchies de fonctions, la priorité étant alors donnée aux rôles et aux responsabilités, dans une organisation au service d’un objectif commun. Autre exploitation de l’individu à réformer, le salariat. Obliger un individu à vendre son temps de vie comme des objets, le condamner à n’accéder à la consommation qu’en contrepartie d’un travail souvent non choisi, représente une forme grave d’oppression et d’indignité manifeste. Le travail ne peut pas faire l’objet d’un chantage et ne doit plus être cette exploitation de l’homme par l’homme.

Mais il demeure indispensable, en tant que participation de chacun aux activités utiles à la société, en tant qu’équilibre individuel en raison de l’attachement social qu’il représente, et en tant que fabuleux moyen de reconnaissance et d’évolution personnelle. Le remplacement du salaire par un revenu universel au moyen d’une monnaie distributive, apparaît comme la solution aux maux relatifs à l’emploi, tels que chômage dégradant, précarité, misère dans l’abondance, vente de sa personne et de son temps de vie, hiérarchisation des valeurs, rivalité entre individus, course aux résultats et aux profits financiers, etc…

 DES DROITS ÉGAUX ?

Pourquoi ce revenu doit-il être égalitaire ? Cornélius Castoriadis donne son explication : « Pour moi, la démocratie, c’est la participation active de toute la communauté aux affaires politiques ; et non pas la délégation ou la représentation… l’égalité économique se justifie car… dès qu’il y a des inégalités économiques,… l’égalité de participation au pouvoir politique est un leurre » [19]. Et Richard Lee insiste  : « C’est le long vécu de partage égalitaire qui a modelé notre passé. Malgré notre apparente adaptation à des société hiérarchisées, … des indices manifestes montrent que l’espèce humaine conserve un fort sentiment égalitariste, un engagement profond envers la norme de réciprocité, et un sens communautaire… fortement enra­ciné. » [20]

Le primat de l’être sur l’avoir suscite nécessairement l’association du "principe de responsabilité" d’Hans Jonas, étendu à tous les êtres vivant, indissociables de leurs écosystèmes, et du "principe de précaution", énoncé en 1992 dans la Déclaration de Rio (le principe 15). Ainsi, plus aucune nouveauté technoscientifique (que rien n’empêcherait d’inventer) n’échapperait à des contrôles stricts et prolongés sur leur compatibilité avec la santé de l’homme et de la nature. Ces principes permet­tent de refuser une technique non maîtrisée, ou génératrice de déchets ou de dangers incontrôlables.

 PAS DEMAIN, TOUT DE SUITE.

Virginie Maris a raison de nous mettre en garde en soulignant que « Les totalitarismes se sont toujours construits sur les situations de peur et il faut absolument éviter que l’environnementalisme devienne une nouvelle forme d’oppression » [21]. La réconciliation avec la nature ne peut se faire sereinement dans une situation de péril écologique alors que des décisions unilatérales doivent être prises dans l’urgence. Ce n’est donc pas demain, mais tout de suite qu’il faut promouvoir un projet de société qui réunisse les valeurs de solidarité, d’échange réciproque, d’égali­té et de coopération, capable d’assurer l’usage des ressources en réconciliation avec la nature.

Quel modèle politique est-il le mieux adapté pour entretenir ces valeurs qu’une véritable démocratie directe nourrie de l’engagement citoyen  ? Quel modèle économique est-il le mieux approprié pour accompagner cette troisième voie, que cette économie de partage qu’est l’économie distributive  ? C’est pourquoi La Grande Relève revient sur le sujet, et y reviendra inlassablement pour mon­trer à ses lecteurs l’actualité d’un tel projet et pour les inciter à faire ce petit pas vers l’autre… mais un grand pas pour l’humanité.


[1F. Chatel, L’heure du choix a sonné, I L’homme et la nature, une sombre histoire de famille GR 1155, juillet 2014.

[2F. Chatel, L’heure du choix a sonné, III Que penser du développement durable ? GR 1158, novembre 2014.

[3F. Chatel, L’heure du choix a sonné, IV Quel avenir avec le transhumanisme ? GR 1159, décembre 2014.

[4Théodore Monod, Et si l’aventure humaine devait échouer, éd. Grasset, novembre 2000.

[5Paul Ariès, La décroissance : un mot obtus, La décroissance, numéro 26. http://www.decroissance.org/textes­/Un_mot-obus.pdf

[6Elisabeth de Fontenay, Le Silence des bêtes. La philosophie à l’épreuve de l’animalité, éd. Fayard, 1998.

[7Lewis Mumford, L’héritage de l’homme, 1972 http://sniadecki.wordpress.com/2012/04/11/mumford-heritage-fr/

[8F. Chatel, L’heure du choix a sonné, II Avec la nature, pourquoi et comment, GR 115,9 décembre 2014.

[9À ce propos voir la vidéo de Gary Yourofsky http://w­ww.youtube.com/watch?v=UMBIroMv6lk

[10Elisabeth de Fontenay, Sans offenser le genre humain, éd. Albin Michel, 2008.

[11Kenneth Boulding, cité dans Jump the Curve, Jack Uldrich, éd. Platinum Press 2008

[12Hervé Kempf, Pour sauver la planète, sortez du capita­lisme, éd. du Seuil 2009.

[13Michel Dias, Pour une décroissance idéaliste, avril 2005. http://www.decroissance.org/textes/dias.pdf

[14Jean-Pierre Tertrais, L’homme contre la nature, Écologie n°1663.

[15François Chatel, L’État est-il indispensable ?, GR1136.

[16Max Wéber, cité dans Le goût de l’avenir, Jean-Claude Guillebaud, éd. du Seuil 2003.

[17Henri Laborit, La nouvelle grille, éd. R.Laffont ,1974.

[18Marie-Louise Duboin, Mais où va l’argent ?, éd. du Sextant, 2007.

[19C. Castoriadis, Fenêtre sur le chaos, éd. Seuil 2007.

[20Richard Lee, Reflections on Primitive Communism, éd. T. Ingold, D. Riches and J. Woodburn, New York 1988.

[21Virginie Maris, Quelle place pour l’homme dans la nature ?, Terre Sauvage n°275.