Le Plan Climat de l’Union Européenne

par  J. HAMON
Mise en ligne : 31 décembre 2008

Depuis longtemps, Jacques HAMON explique, en particulier à nos lecteurs, le problème climatique.

Il vient d’en résumer ainsi l’essentiel à l’intention des instances dirigeantes de l’UE :

La Terre peut recycler annuellement environ 3 milliards de tonnes équivalent carbone (soit 11 milliards de tonnes équivalent C02) de gaz à effet de serre ce qui, à l’horizon 2050, représente à peu près 1,2 tonne par terrien et par an. Pour compenser les émissions excessives antérieures, il serait souhaitable de ne pas excéder 1 tonne par terrien et par an, les vieux pays industrialisés, tels ceux de l’UE, faisant un effort supplémentaire, soit 900 kg seulement, pour inciter sérieusement les pays émergents à apporter leur contribution à la survie de l’espèce humaine.

Bien que les données disponibles soient hétérogènes, il semble qu’en France les émissions discrètes de gaz à effet de serre (comme le méthane des flatulences bovines, le N20 des sols cultivés et des combustions organiques en tous genres, le C02 et diverses productions de méthane des zones hurnides) apportent 1 tonne équivalent C02 de gaz à effet de serre par résident français et par an. Notre pays devrait alors, à l’horizon 2050, ne consommer aucune énergie fossile carbonée, sauf à capturer et séquestrer durablement les gaz à effet de serre émis, ce qui ne parait possible, avec un coût notable, que pour la sidérurgie, les cimenteries, et les centrales à charbon, fuel et gaz.

Le Plan Climat de l’UE vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici 2020. D’après la note publiée par Libération du 17/10/2008, l’UE à 27 émet environ 10,4 tonnes de C02 par résident et par an, avec un objectif de 8,3 tonnes en 2020, soit 8 à 9 fois plus de ce que devrait être l’objectif 2050. Bien que l’objectif 2020 soit trop modeste pour permettre d’atteindre ensuite l’objectif 2050, des pays de l’UE hésitent à s’engager et deux d’entre eux, (la Pologne et l’Italie) paraissent même opposés à un tel effort, et devraient l’être encore plus à l’indispensable objectif 2050.

Sauf action vigoureuse de votre part, nous allons donc aller dans le mur. Allez-vous proposer de fermer toutes les centrales thermiques à charbon, mazout et gaz, hors capture et séquestration du C02, assurer la disparition relativement rapide des véhicules terrestres, des navires et des aéronefs utilisant des énergies fossiles carbonées, le passage domestique et tertiaire généralisé au solaire thermique et photovoltaïque adossé à des centrales d’appoint à piles à hydrogène et à air comprimé (ces gaz provenant des périodes de production excédentaire des énergies renouvelables) et, si indispensable, de centrales nucléaires ?