Le RSA ou la grande illusion…

par  S. BAGU
Mise en ligne : 31 octobre 2008

Parmi les réformes annoncées, figure la création d’un revenu social d’activité, le RSA, qui est présenté comme une mesure sociale, inspirée de la gauche et destinée à apporter une aide aux “working poors”…

Qu’en est-il exactement ?

À Vaulx-en-Velin, on a vite compris, Serge Bagu a réagi et l’explique :

Martin Hirsch en rêvait, Sarko 1er l’a fait. Le revenu social d’activité (RSA) va être mis en place dans quelques mois. Je ne doute pas un instant de la sincérité de l’ancien responsable d’Emmaüs de vouloir aider les plus démunis, mais son principal souci est d’occuper un chômeur. Point final. La gauche, et notamment les socialistes, proclament que cette mesure va dans le bon sens. Forcément puisque Sarko 1er a puisé dans leurs idées.

Quasiment toute “l’élite” de la politique, de l’économie orthodoxe, de la philosophie, des médias, se gargarisent de joie : enfin le chômeur, ou plutôt le feignasse, va retrouver un emploi et qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ! Car l’horreur et l’hypocrisie se dissimulent bien dans cette mesure : le chômeur miséreux sera promu précaire et continuera à végéter, ce maigre surplus d’argent lui permettra d’acheter quelques billets de La Française des Jeux et c’est à peu près tout.

Dans les médias, les journalistes inféodés à l’économie de marché relaient la pensée de la doxa dominante : le chômeur, grâce au RSA, va retrouver sa dignité d’être humain. Tu parles, Charles ! Les boulots comme ramasser des mégots et des papiers par terre, répéter des milliers de fois le même geste dans une usine, distribuer de la pub dans les boîtes à lettres, faire des ménages chez autrui, bref se prostituer dans tous les sens du terme, n’est digne que pour ceux qui ne feront jamais ce genre de boulot. On revient à l’époque des Ateliers Nationaux du XIXème siècle, quand on employait les inactifs à reboucher l’après-midi les trous qu’ils avaient creusés le matin !

Tous les jours, on s’aperçoit que les entreprises, de la plus grosse à la plus petite, continuent de licencier à tour de bras. Ces nouveaux chômeurs n’auront plus, sous peine de sanctions, qu’à dire Amen ! à tout ce qu’on va leur proposer. Puis viendra le temps du RSA. C’est donc bien à la mise en place d’une généralisation massive d’un salariat précaire qu’on assiste et par conséquence au retour de l’esclavage humain pour que le patronat puisse avoir à sa disposition une main d’œuvre sous-payée, corvéable et malléable à souhait. Dans quelques années le RSA aura expédié le SMIC au cimetière.

Ce qu’il y a de plus intolérable, c’est qu’à travers les médias, c’est toujours le chômeur qui est stigmatisé. Les têtes bien pensantes du système oublient volontairement de rappeler que c’est la production qui a mis un travailleur sur le bord de la route, alors que ce dernier n’aspirait qu’à travailler en attendant sa retraite.

Pour une fois je suis d’accord avec la gauche boboïsée qui trouve vraiment injuste que les riches, ceux qui bénéficient du bouclier fiscal, ne soient pas concernés par le financement du RSA. Mais dans notre beau pays, la solidarité existe … entre les riches !