Le coup d’État milliardaire

Petit traité de résistance au néolibéralisme
par  M.-L. DUBOIN
Publication : février 2018
Mise en ligne : 24 juin 2018

Comme la plupart des publications des éditions utopia (61 Bd Mortier, 75020 Paris), voici un petit livre à ne pas manquer. Peut-être parce qu’il est juriste de formation, son auteur, Jean-Jacques Gury, a un style particulièrement précis, clair, facile à lire. En quelques pages, il brosse le tableau de la révolution libérale lancée par Regan et Thatcher pour les milliardaires, ce qu’il désigne par cette formule bien trouvée de coup d’État… à l’échelle mondiale, et il dresse le bilan de ses conséquences : « depuis plus de trente ans, on s’efforce d’adapter les êtres humains à une organisation posée comme une fin en soi ». Le constat est clair : « La tromperie est totale. Le grand problème aujourd’hui serait les dettes des États alors que tout le système financier et monétaire n’est construit que sur elles ». Et lui au moins n’hésite pas à écrire : « la monnaie devrait être un bien commun…et ne pas servir à constituer des fortunes colossales en créant de l’argent… sans aucune création de biens ou de services ». Son livre est en plus une mine d’arguments chiffrés, précieux quand on tente de faire comprendre autour de soi la réalité de notre époque.

Il conclut par des propositions de bon sens, mais sans oser franchir le cadre de la logique capitaliste. C’est dommage qu’il n’aille pas jusqu’à constater que le coup d’État en question est l’aboutissement de cette logique, peut-être à son paroxysme.

Il cite pourtant fort à propos La Boétie  : « les hommes défendent parfois leurs servitudes comme si c’étaient des libertés ».