Le fédéralisme

"Actuellement, les pauvres font vivre les riches mais ils ne le savent pas"
Publication : novembre 1987
Mise en ligne : 10 juillet 2009

Ce texte extrait de l’article « Athéisme et Politique » publié dans le bulletin n ° 11 de « l’Union des Athées du Vaucluse et des environs », qui propose, en outre, de constituer une grande fédération de groupes de même sensibilité ».

« Actuellement, les pauvres font vivre les riches, mais ils ne le savent pas ».
Jusqu’à ce jour, tout a été essayé pour gouverner les peuples. La société est complexe et évolutive, c’est vrai, mais aucun système, à notre avis, n’a complétement réussi. Tous les pouvoirs religieux, nationaux, royalistes, impérialistes, colonialistes, fascistes, nazis, capitalistes, communistes, socialistes, libéraux, républicains de toutes tendances, etc... ont échoué, malgré le soutien sans limite de toutes les églises.
Le droit laissé aux superstitions est, avant tout, la cause des échecs de toutes les républiques. Dans toutes les parties du monde, l’émancipation sociale et le désir d’amélioration se heurtent aux croyances.
Beaucoup de personnes, surtout à gauche, ne votent plus, depuis la déception de 1981-1986, et même avant. Nous pensons que les 20% à 30% qui préfèrent aller pêcher à la ligne plutôt que d’aller voter, ne sont pas des gens de droite, mais des déçus de la politique, des dégoutés des combines, et beaucoup d’entre eux pensent que Barre ou Fabius, c’est blanc bonnet et bonnet blanc.

Nous pensons que si les femmes et les hommes d’avant-garde voulaient s’en donner la peine, nous pourrions changer cela.
La solution nous semble simple. Nous l’empruntons à Proudhon, c’est le fédéralisme. En 1992, nous serons une province de l’Europe.
Avant cette date, devant les attaques de la droite contre les acquis de ce dernier siècle et devant l’inertie de la gauche, il n’y a qu’une solution, le Fédéralisme.
Proudhon a dit : « Le XXe siècle ouvrira l’ère des fédérations, ou l’humanité recommencera un purgatoire de mille ans ! »
« A l’aube du 3ème millénaire de notre ère vulgaire, allons-nous enfin comprendre que le fédéralisme n’est point une doctrine, mais une possibilité d’association non étatique, révisable, et évolutive, comme le sont les constitutions des sociétés en état de perpétuelle évolution. »
Les hommes et les femmes de notre pays doivent pouvoir s’organiser comme ils le veulent.
L’Etat actuel, c’est inévitablement la « nomenclatura », cette forteresse de privilèges qui dresse une barrière d’incompréhension entre les hommes et qu’il faudra modifier.
L’administration des choses, c’est la structure économique du Fédéralisme, cela nous conduira à l’économie distributive défendue depuis 1934 par Jacques Duboin.
Le Fédéralisme n’a pour but que de distribuer équitablement la production, en laissant à chacun sa liberté de choisir. Ainsi chacun aurait l’assurance de recevoir sa part de production, même si une machine automatisée l’a réalisée pour lui  ; cela permettrait aux hommes d’aujourd’hui d’hériter des générations passées et des techniques qu’elles ont su mettre au point, pour accéder à une véritable libération : c’est la grande relève de l’homme par la machine qui cesse d’être sa concurrente, pour devenir sa servante.
La théorie fédéraliste s’avère plus humaine, plus équitable, que le désordre actuel.
Par ses organes coordinateurs (et non directeurs) le Fédéralisme laisse aux individus comme aux peuples leur responsabilité. Le système politique actuel est remplacé par un système administratif puisqu’il ne s’agit non plus de gouverner les hommes, mais d’administrer les choses, en mettant l’homme ou la femme qu’il faut, à la place qu’il faut, c’est-à-dire, en désignant partout où s’exerce l’activité humaine, les plus dignes et les plus capables.
La psychologie fédéraliste, c’est de rendre autrui capable de penser et d’agir pour soi, d’avoir l’entière faculté de se conduire pour et par soi-même, d’évoluer, de se développer, selon son déterminisme personnel, sans avoir à rendre compte qu’à soi-même de ses faits et gestes.
Le Fédéralisme incarne l’esprit de résistance et d’objection de conscience à l’état permanent, par son mépris de la domination de l’homme et des collectivités sur l’individu. Dans l’environnement pollué de la société actuelle le Fédéralisme représente pour l’individu un moyen de vivre une vie plus large en multipliant ses jouissances et en diminuant ses peines. Le Fédéralisme est une grande richesse pour chacun de nous.
C’est une association de défense des libertés essentielles de conscience, d’expression, liberté de faire ce qu’il nous plaît sans vouloir empiéter sur la liberté des autres.
La solidarité économique et sociale pour chacun, et la liberté de tous, sont incompatibles avec la hiérarchie actuelle.
Il faut que les républicains comprennent que cette transformation de la société doit entraîner la fin des privilèges, des monopoles, et des pouvoirs constitutionnels actuels.