Le frein

par  G. STEYDLÉ
Publication : avril 1981
Mise en ligne : 24 octobre 2008

« Ce qui est techniquement possible doit l’être financièrement. »
Jacques DUBOIN

Un grand hebdomadaire (1) se livre à quelques réflexions sur différents sujets cueillis à diverses sources concernant les questions agricoles, les possibilités énergétiques, les inégalités économiques.

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LA TERRE EST ASSEZ GRANDE

Roger Revelle, de l’Université Harvard, a calculé que la superficie totale des terres arables dans le monde (les surfaces des terres donnant plusieurs récoltes par an étant affectées d’un coefficient) était environ de 4,1 milliards d’hectares. Or, actuellement, moins de la moitié de cette superficie est utilisée chaque année. Les terres disponibles pour l’agriculture sont donc abondantes, sous réserve de disposer des capitaux nécessaires à leur mise en valeur (2).
Donc, sans capitaux, les terres susceptibles d’être exploitées pour le bien de l’humanité, resteront en friche. Dans le système économique actuel, tout doit être rentable. Il est illusoire et même honteusement hypocrite de vouloir supprimer la faim dans le monde alors que la nécessité de rentabilité ne le permet point et c’est bien là, le frein ! Il faut donc sortir de ce système qui transforme les possibilités d’abondance en ce que nous appelons la rareté, laquelle maintient la misère et non la satisfaction des besoins élémentaires, pour beaucoup d’humains dans le monde entier.

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ENERGIES RENOUVELABLES

La conférence des Nations Unies sur les sources nouvelles et renouvelables de l’énergie aura lieu à Nairobi en août 1981. Parmi les énergies étudiées : l’énergie solaire, géothermique, éolienne ; l’énergie des marées, du bois, du charbon, de l’eau...
Mais une fois encore, la question de rentabilité limitera les ardeurs des différents groupes d’experts chargés de confronter leurs conclusions.

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LA POLITIQUE DES FAIBLES

Le dialogue Nord-Sud et la réduction des inégalités (3) est un ensemble d’études et de recherches entreprises par le Council on Foreign Relations. Cet ouvrage se compose de deux essais complémentaires portant l’un et l’autre sur le problème posé par l’accroissement de l’extrême pauvreté dans les pays en développement.
La première étude de Howard Wrigging, plus politique, analyse les stratégies que les pays en voie de développement utilisent généralement pour retirer des avantages politiques et économiques de leurs négociations avec les pays développés. C’est la politique des faibles... Toutes les approches nouvelles que propose Howard Wrigging donnent une priorité absolue à la satisfaction des besoins élémentaires.
La deuxième étude, plus économique, est de Gunnar Adler Karlson... L’auteur souligne avec force qu’accroître les dimensions du « gâteau » économique sans éliminer les inégalités politiques et socio-économiques est un leurre.

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Nous n’avons jamais dit le contraire !

(1) « Le Monde Dimanche » 14-12-80.
(2) C’est nous qui soulignons.
(3) Nous pensons : suppression des inégalités.