Le vent souffle de R.F.A.

par  A. PRIME
Publication : juin 1987
Mise en ligne : 20 juillet 2009

Dans la G.R. de juillet 1986, un encart "les 35 heures viendrontelles d’Allemagne ? signalait que l’I.G. Metall - 2,5 millions d’adhérents pour 4 millions de salariés - menait depuis 4 mois 1/2 une grève afin d’obtenir la semaine de 35 heures sans diminution de salaire.
Finalement, l’accord se fit sur 38 h 1/2 sans baisse de salaire.

Nouveau bond en avant : après seulement une discussion de 13 heures - donc sans grève - un nouvel accord a été signé entre la Fédération des Employeurs et l’I.G. Metall : 37 heures de travail hebdomadaire à dater de 1989, avec augmentation des salaires de 8,3 % sur 3 ans (assortie d’une trêve sociale). Le premier accord avait permis de créer 100 000 emplois ; du nouvel accord, on espère également la création de plusieurs milliers d’emplois.
Cette victoire -, en fait les patrons ne concèdent qu’une part de ce qu’ils ont déjà gagné ou vont gagner en productivité par les investissements - s’ajoute à celle de la fonction publique pour 4 200 000 employés (1).
Les accords de l’I.G. Metall, pense-t-on logiquement, auront valeur d’entraînement : d’autres branches suivront.
Ce qui est important, c’est que ces avancées décisives sont le fait de syndicats non politisés, défendant, face aux patrons, mais avec des arguments solides (% de gains de productivité) leurs seuls intérêts. En France, nous connaissons la mentalité archaïque de certains syndicats, la "timidité" des autres.
Quant aux positions du P.S. face à la diminution du temps de travail, nous avons* à plusieurs reprises souligné deux points essentiels
- le P.S. et ses militants n’arrivent pas à concevoir une diminution significative du temps de travail sans diminution correspondante du salaire : en insistant, on passe pour un rêveur, un irréaliste.
- le P.S. n’envisage pas la réduction du temps de travail - et Rocard ne fait pas exception - qu’au cas par cas, entreprise par entreprise, et seulement si l’utilisation accrue des machines peut compenser la "perte" patronale ; donc il faut recourir au travail posté.

Il est grand temps que le P.S. et les syndicats respirent l’air "social" qui vient du pays d’Europe le plus souvent cité par tous pour son dynamisme écono-mique : c’est la preuve qu’on peut, en attendant le socialisme distributif, réaliser des avancées positives par certains côtés, où le chômage, s’il n’est pas résorbé, n’est pas aggravé et même légèrement diminué.

(1) Voir notre article page 4 Grande Relève n ° 855).