Les coulisses de la domination

par  B. BLAVETTE
Publication : août 2013
Mise en ligne : 13 novembre 2013

Depuis une vingtaine d’années, un couple de sociologues attachés au CNRS, Monique Pinçon–Charlot et Michel Pinçon, mènent une enquête au cœur de la grande bourgeoisie française et internationale. Avec une précision d’entomologistes, ils dévoilent les modes de vie, l’intrication des réseaux de pouvoir d’une classe aujourd’hui dominante. Cette démarche est salutaire car on ne peut prétendre s’attaquer, dépasser un capitalisme aujourd’hui universel sans connaître parfaitement les arcanes du pouvoir qu’il met en œuvre.

Dans le texte ci-dessous, Bernard Blavette fait une brève synthèse de ces travaux parce qu’il pense qu’ils devraient guider les mobilisations sociales [1].

La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, constitue un évènement à la fois symbolique et fondateur au niveau français et mondial. Il signe l’effondrement de l’Ancien Régime et de la noblesse de sang et marque l’avènement d’une nouvelle forme de domination internationale imposée par la bourgeoisie d’affaires et d’argent. Pourtant, malgré de nombreuses pertes humaines pendant la révolution française et la confiscation de ses biens, une fraction non négligeable de l’ancienne noblesse a su se reconvertir, a réussi le passage d’une société agricole à une société industrielle et bancaire. En France, elle a été fortement aidée en cela par les multiples restaurations que constituent, tout au long du XIXe siècle, les Premier et Second Empires, les règnes de Charles X et Louis XVIII.

De plus, dès leur arrivée au pouvoir, les grands bourgeois n’ont eu de cesse d’imiter le style, les modes de vie, les comportements dynastiques de la noblesse traditionnelle. Le financier François Pinault, d’origine relativement modeste mais devenu l’une des premières fortunes de France (la FNAC, Le Point, la société de vente aux enchères Christie’s, le Stade Rennais de football….) [2], est particulièrement représentatif de cette volonté de constituer une forme de dynastie. En 1993, il fait l’acquisition du château de la Mormaire dans les Yvelines qu’il fait soigneusement restauré dans le style Louis XIII. Depuis 2001, il transmet progressivement les rênes de son empire à l’un de ses quatre fils, François-Henri, pour se consacrer presque exclusivement à sa collection d’art contemporain, considérée comme l’une des plus riches de France… La confrontation entre la noblesse et la bourgeoisie, qui a émaillée tout le XIXe siècle, a donc vécu, les deux classes autrefois antagonistes se fondant l’une dans l’autre pour donner naissance à l’oligarchie dominante.

Cette nouvelle classe sociale, que nous nommerons par convention “haute bourgeoisie”, cumule tous les points forts : capital financier au sens classique du terme, capital symbolique, capital culturel et capital social…

Le capital financier est celui auquel on pense en premier lieu. Pour cela, nous prendrons un seul exemple, mais particulièrement représentatif : la famille Mulliez, dont le nom est avant tout associé au groupe Auchan. Mais les Mulliez c’est aussi Décathlon, Leroy-Merlin, Saint-Maclou, Kiloutou, Phildar, Flunch… Cela représente, suivant les sources, 3.400 à 4.600 points de vente en France, et 2.200 à 2.400 à l’étranger, soit plus de 4 millions de mètres carrés de surface commerciale. La Cimovam, le holding qui regroupe les affaires de la famille, contrôle près de 300.000 emplois à travers le monde… Mais à ce capital financier, qui est en quelque sorte “l’outil de travail”, il faut ajouter le patrimoine accumulé par la famille au fil du temps et des générations, et qui est moins facile à cerner : multiples propriétés et résidences réparties à travers le monde, œuvres d’art (qui échappent à l’ISF)… En fait, plus encore que “l’outil de travail”, c’est ce patrimoine, son enrichissement, sa transmission aux générations montantes, qui signent la puissance d’une lignée, la véritable appartenance à la haute bourgeoisie…

 

Mais, en fait, la richesse économique ne saurait, à elle seule, assurer le pouvoir d’une classe sociale. Elle a besoin d’être, en quelque sorte, sublimée par d’autres formes de “capitaux”. Il s’agit de passer de la domination économique à la domination symbolique et culturelle, et de justifier ainsi, aux yeux des dominés, la supériorité des nouveaux maîtres en faisant simultanément naître au sein de la multitude tous les mécanismes de la soumission volontaire.

Dès leur plus jeune âge, les enfants des grandes familles bénéficient de conditions de vie exceptionnelles qui les persuaderont très vite qu’ils sont appelés à un destin hors du commun.

Il y a d’abord l’espace, l’espace d’évolution et de jeux : le vaste appartement, la grande demeure ou le château, et le parc qui les entoure. Il y a là de quoi développer leur imagination, leur capacité à rêver.

Et puis il y a le cadre de vie en lui-même, la fréquentation quotidienne de beaux objets, la familiarité avec les œuvres d’art, l’accès à la vaste bibliothèque… Tout au long de leur scolarité, les meilleurs établissements, publics ou privées, leur seront réservés, et c’est tout naturellement qu’ils se retrouveront à Polytechnique, Sciences Po, HEC ou l’ENA, prêts à rejoindre cette “noblesse d’État” décrite par Pierre Bourdieu [3]. Alors, arrivés à l’âge adulte, on dira d’eux, avec admiration, « Il (ou elle) a de l’allure… », « Quelle classe, quelle aisance… ! » en prenant pour des qualités innées ce qui n’est que le produit d’une éducation soignée.

 Un mythe bien exploité

Et cette aisance relationnelle, cette assurance qui deviendra parfois de l’arrogance, exerceront une profonde violence symbolique face à l’homme ou la femme ordinaire, face au représentant syndical, au personnel de l’entreprise, voire au journaliste…

Il est une vulgate largement répandue, particulièrement dans le monde anglo-saxon, celle du « self made man », du « cow-boy solitaire », de celui qui a « réussi tout seul ». Et pourtant, cette croyance ne s’adresse qu’aux imbéciles qui lui accordent quelque crédit ! Car rien n’est plus faux. Tout être humain n’évolue que collectivement : le scientifique s’appuie sur les travaux de ses prédécesseurs et confrères, l’artiste est profondément influencé par les œuvres qui l’entourent… Einstein n’a pas sorti la théorie de la Relativité de son chapeau, il s’est appuyé notamment sur les recherches du mathématicien Poincaré (1854 – 1912), qui était parfaitement en mesure d’aboutir aux mêmes conclusions, il lui a simplement manqué un peu d’audace… De même Picasso, il revendiquait Cézanne comme son maître, il déclarait avoir été influencé par lui de façon décisive… Cela n’enlève rien au génie créateur personnel des artistes, chercheurs et penseurs, simplement chacun apporte sa contribution à l’histoire humaine.

Cette évidence, la haute bourgeoisie l’a assimilée depuis longtemps, et le mythe de l’individualisme, qui ravage les classes dominées, n’a pas cours dans l’oligarchie dominante. Ici l’on sait que la défense des privilèges ne peut être que collective, ce qui explique l’importance donnée au capital social. La haute bourgeoisie évolue au sein d’une sociabilité intense, dont le premier pivot est la famille, mais une famille élargie qui peut comporter plusieurs centaines de personnes. Dans la famille Mulliez, seuls les membres de la famille peuvent être actionnaires des différentes sociétés. Les parts ne peuvent être vendues en dehors de l’Association Familiale Mulliez (AFM) qui regroupe la descendance élargie. Cette association déploie en outre une activité considérable pour l’éducation des enfants, elle propose chaque année pas moins de trente modules différents : formation aux fonctions d’administrateur de sociétés, analyse de bilans, audit des comptes d’exploitation, mais aussi un club équestre et des stages de voile en Bretagne.

On notera au passage la grande place donnée au sport dans la formation des jeunes… car les représentants de l’élite doivent être capables de contrôler leur corps, et d’acquérir ainsi cette prestance qui permet d’être aussi à l’aise sur un terrain de tennis ou de polo que sur une piste de danse ou au sein d’un Conseil d’Administration.

En fait, chacun sait qu’il est, en permanence, le représentant de sa lignée et de sa classe, qu’il doit œuvrer, à travers sa spécificité personnelle, à la conservation et à la fructification du patrimoine collectif.

Les femmes peuvent participer aux affaires, mais leur rôle, primordial entre tous, consiste surtout à maintenir la vie sociale, à entretenir les relations avec les familles amies ou alliées, à organiser des rencontres entre pairs dans les châteaux et les différentes demeures familiales, à mettre sur pied les rallyes. Un rallye, fondé par plusieurs familles, regroupe, au sein d’une liste fermée, des adolescents du même monde pour un projet éducatif alternatif qui vient doubler et compléter l’éducation familiale et la formation scolaire. Les jeunes vont à la fois apprendre à connaître le monde dans lequel ils auront à vivre, à comprendre le rang qu’ils auront à occuper, mais aussi à identifier des partenaires pour des relations amicales ou amoureuses. Plus de mariages forcés ou arrangés dans la haute bourgeoisie aujourd’hui, mais de libres inclinations entre semblables.

 Le rôle des cercles et des clubs

Le cœur des réseaux de pouvoir de l’oligarchie est constitué par les cercles et les clubs.

Le Bottin Mondain en recense un peu plus d’une centaine en France, d’importance et de prestige variables.

Fondé en 1834 autour de l’activité équestre, le Jockey Club est le plus ancien, le plus fermé (environ un millier de membres) et probablement le plus prestigieux. On citera aussi le Polo Club de Paris, le Cercle du Bois de Boulogne, le Cercle Interallié, qui fut fondé durant la première guerre mondiale pour permettre aux officiers des différentes armées alliées de se rencontrer. Parmi les membres de l’Interallié on peut citer Pierre-Christian Taittinger qui en fut le Président, Olivier Giscard d’Estaing , Nadine de Rothschild, le Prince de Monaco Albert II, Edouard Balladur, et… oh surprise !, Jérôme Cahuzac.

On notera en passant que l’ancien ministre du budget est loin d’être le seul “socialiste” à goûter « au charme discret de la bourgeoisie » : Martine Aubry, Lionel Jospin, Manuel Valls, Aurélie Filipetti, Elisabeth Guigou, Jack Lang, Laurent Fabius,… la liste est loin d’être close, comptent parmi les membres d’un club dénommé Le Siècle qui, pour n’être pas aussi huppé que Le Jockey, n’en est pas pour autant connu pour véhiculer des idées particulièrement progressistes. Ils ont ainsi l’honneur de côtoyer, au dîner mensuel à l’Hôtel Crillon, des personnalités qui font la fierté de la France : Serge Dassault, Rachida Dati, Jean-Pierre Raffarin, Jacques Toubon, Nicolas Sarkozy, Luc Ferry, Laurence Parisot, le baron Ernest-Antoine Seillière…

On entre dans un club par filiation ou par cooptation. La sélection par cooptation est particulièrement stricte et la richesse ne suffit pas, il faut avoir fait la preuve d’une capacité à acquérir un patrimoine, à le conserver, à le développer et à le transmettre. C’est ainsi qu’une famille ne peut espérer avoir ses entrées au Jockey ou à l’Interallié qu’à la deuxième ou troisième génération.

Les clubs sont tout d’abord un lieu d’intense socialisation où l’on se rencontre entre personnes d’un même monde, où l’on se sent à l’aise dans un décor raffiné, dans le calme, à l’abri de la fureur du monde ordinaire.

Le club abrite en général un restaurant, un bar, des salons, une bibliothèque, des salles de conférences, des installations sportives.

Ici pas de jeans ni de T-shirts, ni de téléphones portables. Ici, dans la discrétion, se nouent des affinités, des amitiés, des convergences d’intérêts qui pourront ensuite déboucher sur des alliances, des accords dans le monde des affaires, des influences discrètes mais efficaces en politique.

À côté du bien-être dans un lieu raffiné, ce qui domine dans les clubs c’est la discrétion. Ainsi le Bois de Boulogne abrite incognito le Cercle du Bois de Boulogne (8,1 ha), le Polo de Paris (8,67 ha), le Cercle de l’Étrier (1,64 ha), la Croix-Catelan (6,65 ha) ce qui représente en tout 25 hectares soustraits à la collectivité.

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photo : Guy Evrard

L’un des “ghettos du gotha” : la villa Montmorency.

Sise dans le XVIe arrondissement de Paris, la villa Montmorency se présente comme un village dans la ville. Cet espace, totalement privé, évoque les stations balnéaires du début du siècle : Deauville, Dinard, Arcachon… L’entrée en est discrète, comme il se doit, mais sévèrement règlementée, surveillée par trois gardiens et un veilleur de nuit. Tout l’entretien des rues et des jardins, jusqu’au ramassage des ordures par de petits véhicules électriques est à la charge des propriétaires. La villa abrite une intense vie mondaine dans un cadre idyllique, préservée de toute promiscuité indésirable. La discrétion est de règle quant à l’identité des habitants. On sait cependant que Vincent Bolloré et Corinne Bouygues demeurent dans la villa.

Deux exemples, pour fixer les idées : le club de la Croix-Catelan regroupe notamment une piscine olympique couverte de 50 mètres, une autre de 33 mètres, 50 courts de tennis, une piste en herbe pour le jogging, 4 terrains de volley-ball… Le Polo de Paris comprend un terrain de polo de 4 ha, une écurie qui héberge 200 chevaux et emploie 30 palefreniers, un manège de dimensions olympiques, une piscine, et 30 courts de tennis… Tout cela pratiquement au cœur de Paris et dans une quasi-clandestinité. Le guide des sentiers dans le bois de Boulogne, pourtant fort détaillé par ailleurs, ne fait aucune mention de ces espaces réservés.

Mais les clubs possèdent aussi une dimension internationale très importante par les accords et relations qu’ils entretiennent avec leurs homologues à l’étranger. L’Interallié propose une liste de 136 clubs affiliés à travers 29 pays. On peut ainsi voyager fort agréablement et descendre au Cercle du Park de Bruxelles, à la Quascia de Rome (où l’on croisera quelques cardinaux qui ne dédaignent pas les douceurs de ce monde), ou encore au Knickerbocker de New-York sur la 5ème avenue. On peut aussi séjourner quelques temps dans les Antilles, sur l’île de Saint Barthélémy (on dit Saint Barth…) qui, lancée dans les années 60 par David Rockefeller, regroupe aujourd’hui des résidences de grand luxe qui peuvent se louer jusqu’à 40.000 Euros la semaine [4].

En fait, la haute bourgeoisie n’a pas attendu que la mondialisation soit à la mode pour placer l’international au centre de ses préoccupations. Par le maillage des cercles et clubs, les élites du monde entier sont en contact régulier dans le cadre de voyages d’affaires ou d’agrément : « Le monde est mon jardin » déclare ainsi Dominique-Henri Freiche issu d’une famille enrichie depuis le XIXe siècle dans le transport maritime. Chargé du développement à l’international du groupe Pinault, il estime passer 1.200 heures par an dans un avion.

En réalité, la haute bourgeoisie a réalisé une véritable “internationale” informelle mais extrêmement efficace, alors même que l’internationale socialiste a lamentablement échoué.

 Une capacité essentielle : faire front commun

Il ne faudrait cependant pas déduire de ce qui précède que la haute bourgeoisie constitue un bloc monolithique parfaitement soudé. Les niveaux de fortune et d’influences sont variés, les conflits d’intérêts fréquents ; mais elle possède une capacité essentielle qui fait cruellement défaut aux autres couches sociales : le réflexe de se rassembler et de faire front commun lorsque les intérêts vitaux sont menacés.

On peut bien se quereller sur les détails, mais on s’entend sur l’essentiel. La référence à la compétition, à la concurrence est récurrente dans les discours des dominants, mais dans la pratique les comportements sont bien loin de cet individualisme affiché. On peut même avancer l’idée d’une forme de collectivisme.

Ceci explique, pour une large part, un fait aujourd’hui incontestable : l’oligarchie dominante a gagné la lutte des classes. En témoigne l’audace croissante avec laquelle elle s’attaque aux “avantages acquis” (auxquels ne sauraient bien sûr être assimilés les privilèges conférés par la naissance !) des dominés : les systèmes de retraites, la sécurité sociale, le droit du travail… En témoigne le démembrement des principes élémentaires de la démocratie lorsque l’on confie les pouvoirs de décision à des instances non élues (FMI, Commission Européenne…), ou lorsque l’on balaie d’un revers de main le rejet d’un référendum sur la Constitution Européenne.

Il faut de plus reconnaître que l’oligarchie ne trouve en face d’elle aucun adversaire à sa mesure. La multitude des dominés, privés de tout repère, dont les représentants (personnel politique élu, dirigeants syndicalistes) ne sont rien de plus que des marionnettes évoluant dans un théâtre d’ombres, oscille entre l’hébétude générée par la misère pour les plus défavorisés et, pour les plus chanceux, l’avachissement, conséquence d’une consommation effrénée… qui évoque le bouquet final précédant la fin d’un feu d’artifice !

 Un aveuglement de classe lourd de dangers

Pourtant, nos oligarques auraient bien tort de se réjouir d’une victoire qui pourrait s’apparenter à une danse macabre sur un volcan. Car l’entre soi permanent, la ghettoïsation de la classe dominante sont de très mauvais augure.

Cet isolement masque les périls que nous devons affronter : la destruction accélérée de la biosphère et le naufrage éthique de l’espèce, ouvert par les massacres et génocides qui ont émaillé le XXe siècle. Et dans cette course à l’abîme, tous sont concernés, il n’y a pas, comme sur le Titanic, des canots de sauvetage réservés aux passagers de 1ère classe. De la révolution française aux révolutions russe ou chinoise, le passé nous enseigne que l’aveuglement des classes dominantes est une constante de l’histoire.

Cette irresponsabilité résulte du refus catégorique de renoncer au moindre privilège, à l’incapacité quasi-anthropologique de concevoir l’existence en dehors d’une petite confrérie favorisée. Il n’y a donc rien à attendre des oligarques, les efforts pour convaincre sont inutiles, car on peut même supposer qu’une catastrophe collective serait pour eux préférable à la perte de leurs certitudes et de leur pouvoir [5]. Certains placent leurs espoirs dans un sursaut, dans une révolution. Mais, la domination étant mondialisée, il faudrait alors une insurrection au niveau de la planète entière, une révolution à une échelle telle que l’Histoire n’en a jamais connue, avec fort probablement pour corollaire un niveau de violence que bien peu d’entre nous seraient capables d’assumer.

Est-ce souhaitable ? Est-ce possible ? Les indignés sont-ils le chant du cygne ou bien des précurseurs ?

« Écoute mon ami, écoute, le vent se lève, écoute mon ami, la réponse est dans le vent… » chantait Dylan [6] en 1968…


[1Sauf mention contraire les informations contenues dans ce texte proviennent des ouvrages suivants de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon :
- Sociologie de la bourgeoisie – la Découverte (2007).
- Les ghettos du gothas : Enquête au cœur de la grande bourgeoisie- Ed. du Seuil/Point (2007)
- À lire en priorité si l’on souhaite approfondir cette question.
- Grandes fortunes : Dynasties familiales et formes de richesses en France – Petite bibliothèque Payot (2006).
- L’argent sans foi ni loi – Ed. textuel (2012).
- Châteaux et Châtelains : les siècles passent, le symbole demeure – Ed. Anne Carrière (2005).
- Le président des riches : Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy – Ed. La Découverte (2011).

[2Le Printemps a été vendu le 13 juin de cette année à un fonds d’investissement du Qatar dans des conditions particulièrement opaques (voir Médiapart du 1/7/2013).

[3Pierre Bourdieu – La noblesse d’État. Grandes écoles et esprit de corps – Ed. de Minuit (1989).

[4En plus, la bonne aubaine, c’est un paradis fiscal.

[5À bout d’arguments visant à réfuter la responsabilité du capitalisme dans la crise écologique, le chroniqueur Henri-Gérard Slama ne s’écriait-il pas, il y a quelques mois, sur France-Culture « Eh bien si l’homme doit disparaître, qu’il disparaisse ! », avouant ainsi son refus de toute remise en question du système dominant.

[6Bob Dylan Blowin’in the wind.