Les ingénieurs E.D.F. en plein vent

par  H. de JOYEUSE
Publication : juin 1981
Mise en ligne : 7 novembre 2008

La télé a présenté, il y a quelque temps, la réalisation intéressante de gamins d’un lycée technique danois qui, aidés de leurs profs, ont réalisé la plus grande éolienne du monde dans une île de la Baltique, aux vents particulièrement féroces. (Axe horizontal, hélice géante tripale en fibre de verre de 54 m d’envergure, tour en béton de 53 m de haut. Puissance : 2 000 kws, qui assure l’autonomie énergétique du collè
e : 707 galopins et leurs enseignants.)
Un peu vexés (on les comprend). les ingénieurs d’E.d.F. ont décidé de réaliser, à leur tour, une grande éolienne à Ouessant. Plus modeste. Pour ce faire, les ingénieurs ont planché sec. Pour l’édification on n’a pas utilisé des éphèbes, mais la compétence et les services des meilleurs fournisseurs de l’Etat (ceux de la parentèle de Giscard, peut-être ?).
Certes, l’engin ne cherchait à battre aucun record. Il en a cependant battu un ! Celui de descente. Au premier coup de zéphir, le grand machin édéesque décédait en trois tronçons inesthétiques. (Photos publiées dans toute la presse bretonne. Une honte ! Alors que la presse, la radio, la télé française, si prompte à nous (dés)informer n’en a pas soufflé un mot ni une image. L’honneur est sauf, quand on ignore le coup de Trafalgar !)
L’ennui pour les futurs électeurs et abstensionnistes, c’est que ces messieurs les ingénieurs d’E.d.F. sont précisément les mêmes qui tripatouillent les Centrales nucléaires, le Centre de retraitement de La Hague, Marcoules, Super- Phénix, etc. Ils feraient passer des sueurs froides à Hitchkock ces mecs-là  ! Qu’on les plombe dans une nacelle de ballon-libre et qu’on les laisse voter au gré des vents.