Les joies de l’économie des ressources

par  F. BRADBURY
Publication : août 1989
Mise en ligne : 11 mai 2009

1.0 Introduction à l’Economie des Ressources

1.1 L’Economie des Ressources (la Réconomie) constitue une structure économique "naturelle" pour les sociétés humaines. On mesure en unité d’énergie la valeur physique de toutes les activités naturelles qui obéissent aux lois inviolables de la thermodynamique. Toutes les espèces animales et végétales utilisent de l’énergie dans l’économie naturelle de leur propre environnement pour atteindre un équilibre, un équilibre dynamique. Seul, l’homme perçoit un sentiment de "valeur" en dehors de ces contraintes naturelles et utilise de l’argent (de la monnaie) pour exprimer cette valeur lorsqu’il veut échanger des biens ou des services.

Avec les règles économiques actuelles, la valeur de la monnaie n’est liée a aucune valeur physique si bien que nous n’avons que peu de liens avec notre environnement naturel. Il n’y a, par suite, que peu de contraintes soit pour l’exploitation des réserves naturelles et des ressources ambiantes soit pour les déchets que l’on remet dans l’environnement. On sait maintenant que, sauf si l’on remet en cause l’idée que l’on se fait de la "qualité de la vie" sur cette planète ( c’est a dire de ce qui constitue la vraie "richesse"), ces tendances effrénées vont limiter le développement et le bienêtre futurs de l’humanité. L’Economie des Ressources lie la valeur de la monnaie a une valeur physique (l’énergie) de façon a atteindre un équilibre naturel dans une "Economie de la Dynamique" humaine.

1.2 Le Projet d’Economie des Ressources (PER) propose un moyen pour passer des systèmes économiques classiques actuels a l’Economie des Ressources, pour créer une économie dynamique. Le PER utilise les institutions, les procédures et les valeurs établies mais en choisit les éléments les plus agréables et les plus bénéfiques qui présentent le plus grand attrait et le plus grand consensus social. Concrètement, la machine est mise en marche en supprimant la TVA et toutes les autres taxes sur la création des richesses. On obtient un revenu équivalent en taxant la consommation des ressources a travers leur constituant commun, l’énergie. A l’évidence, cela encouragera a la fois l’économie et le soin dans l’exploitation des ressources. Il serait cependant catastrophique d’accroître simplement le prix des matériaux : les compensations suivantes sont une part essentielle de l’Economie des ressources.

1.2.1 La taxe sur les ressources remplace toutes les autres taxes. Parce que ces autres taxes ont eu pour effet de promouvoir un investissement en capital, grand consommateur de ressources, suppresseur d’emplois tendant a renchérir le coût du travail et s’accompagnant d’autres distorsions, leur suppression stimulera l’emploi constructif, aura des effets sociaux bénéfiques et protégera les ressources. Les recettes des gouvernements restent en gros les mêmes ainsi que les coûts de production.

1.2.2 Le territoire sur lequel s’applique l’Economie des Ressourcesest manifestement limité par les frontières douanières. L’augmentation ducoût des matériaux doit être répercutée sur toutes les importations etretranchée de toutes les exportations. Ce qui garantît le niveau desprix sur les marchés intérieurs et des prix compétitifs sur les marchés extérieurs. Elle constitue uneincitation tout aussi importante a économiser lesressources dans les autrespays s’ils veulent pouvoirvendre aux pays vivant enEconomie de Ressources.

1.2.3 La taxe sur les ressources doit être unifiée de façon a ce que son coût puisse facilement être mesuré par un étalon commun, quantifié, distingué aux frontières des pays en Economie de Ressources et considéré comme équitable. L’Economie des Ressources se différencie des systèmes de taxation sélective devenue floue... Cependant, si on ne distingue pas aux frontières les taxes "environnementales", la production indigène est placée en position de faiblesse dans les marchés mondiaux et le coût environnemental est simplement répercuté sur les autres.

1.2.4 Un "Revenu de Base" est attribué de manière non sélective a tous les citoyens aux stades ultérieurs (idéalement lorsque les taxes sur les revenus ont été supprimées). La taxe sur les Ressources est progressive ( le niveau de vie est lié a la consommation), mais le revenu de base compense l’accroissement du coût des matières premières tout en maintenant l’incitation a l’économie - contrairement aux subventions pour les combustibles. Le revenu de base doit inclure les allocations sociales jusqu’a un niveau civilisé.

1.3 La mesure fondamentale de toutes les ressources matérielles et de toutes les consommations économiques est l’énergie. La taxe sur les ressources (UNITAXE) est donc calculée non pas par rapport a une valeur de marché (en monnaie) mais par rapport a sa valeur calorique ... Une fois que ces mesures ont été appliquées a la source, on donne une "valeur sociale" a toutes les ressources matérielles, automatiquement, universellement et sans autre intervention bureaucratique.

1.4 Les propositions qui suivent concernent l’économie nationale et européenne avec quelques implications plus étendues. L’Economie des Ressources peut être appliquée localement mais il faut alors introduire d’autres considérations et d’autres options qui ont été traitées en détail lors de la proposition officielle qui a été faite au Royaume Uni de remplacement des taxes locales. Principalement l’échelle plus faible des opérations rétrécit la gamme des énergies définies et peut inclure l’électricité fabriquée et d’autres types d’énergies secondaires.

1.5. Bien qu’ on ne puisse nier la force de la taxation pour changer les choses, et que les taxes soient fréquemment et sélectivement mélangées avec la morale, la Taxe sur les Ressources l’UNITAXE, est égalitaire, universelle et a un taux de référence unifié a chaque instant. Bien que ça soit une taxe environnementale sympathique, elle n’est structurée ni sur les émotions ou la panique du moment mais en tant que partie d’un système économique amélioré et plus sensé. Il n’est pas suffisant de s’attaquer aux symptômes : il faut remonter jusqu’aux causes d’une consommation gaspilleuse et fournir de nouvelles, agréables et pratiques incitations a encourager une réforme de tout notre style de vie, réforme qui soit naturelle, évolutive, sinon radicale. Le nouveau style de vie qui finalement émerge doit être perçu comme une amélioration : pas comme une restriction, une coupe sombre, ou un retour en arrière.

1.6. En un sens, pour se placer dans un contexte politique courant, l’UNITAXE est une taxe faisant véritablement payer les pollueurs parce que toute pollution entraine un gaspillage de ressources. Toutefois, alors que, dans le processus de production, les taxes sélectives, comme toutes les autres taxes, sont simplement répercutées sur le consommateur (il n’y a personne d’autre a qui faire supporter les coûts), l’UNITAXE met tout le monde sur un pied d’égalité, de sorte que le traitement du coût inévitable et universel devient optimal grâce a une utilisation efficace des ressources dans un marché libre et compétitif et a des modèles plus économiques de la demande. A présent que l’on a, au moins, reconnu l’importance de l’environnement, il est bon de souligner que les sources d’énergie "renouvelable" bien qu’elles doivent subir I’UNITAXE au taux normal a la fourniture, (pour les raisons précisées dans cet article), peuvent - et peut-être doivent- recevoir une aide financière publique. Une telle aide, en particulier pendant les étapes de développement, pourrait clairement être considérée comme étant de la responsabilité des gouvernements dont le rôle est de définir les politiques énergétiques (en tant que partie d’une stratégie économique) nécessaires a une planification intelligente du futur.

(traduction Grande Relève, à suivre)

(Il existe un autre document de travail sur l’interprétation globale du Projet d’Economie des Ressources.)