Les ravages du modèle américain

par  G. W.
Mise en ligne : 31 octobre 2008

Lorsque qu’on fouille la réalité statistique et humaine des États-Unis on découvre un univers inattendu, embusqué à mille lieues des chimères médiatiques sans cesse réaffirmées. Le mythique “modèle américain” dissimule une brutalité dont peu d’Européens semblent avoir conscience :

En Amérique, le libéralisme est source de prospérité pour le plus grand nombre ? Faux.

En Amérique, « tout est possible » pour ceux qui travaillent dur ? Faux.

En Amérique, le taux de chômage est dérisoire ? Faux.

En Amérique, l’indigence est relative et les pauvres vivent « comme des Européens modestes » ? Faux.

En Amérique, les exclus du système de santé reçoivent des soins gratuits lorsqu’ils en ont vraiment besoin ? Faux et archi-faux : en Amérique, des centaines de personnes meurent chaque jour parce qu’elles n’ont pu payer les soins dont elles avaient besoin.

Combien de temps encore devrons-nous subir une telle fable ?

De tous les pays développés, l’Amérique présente les niveaux de pauvreté, de mortalité infantile et d’inégalité les plus élevés. Des millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté et se voient refuser jusqu’au droit à une éducation décente, et imposer de la publicité pendant les cours. Des millions d’individus travaillent à plein-temps (ou plus) pour des salaires inférieurs au seuil de pauvreté, certains occupent deux, voire trois emplois simultanément, sans pouvoir s’extraire de la misère. Des millions de salariés, révocables sans préavis, sont dépourvus de congés payés, d’assurance santé, de plans de retraite et de couverture chômage. Des femmes accouchent et retournent au travail dès le lendemain, faute d’avoir accès à des congés maternité indemnisés. Des retraités sont contraints de revendre, pour subsister, des canettes de Coca-Cola vides, ramassées dans les poubelles. Le taux d’incarcération des plus défavorisés est tel qu’il biaise jusqu’aux chiffres du chômage...

De tous les pays industrialisés, l’Amérique est celui qui possède la plus grande richesse, mais aussi le plus grand pourcentage d’indigents, le plus grand nombre de travailleurs pauvres, le système social le moins généreux, le droit du travail le plus restrictif, le plus faible taux de mobilité sociale, le plus fort taux de mortalité infantile et le degré de répartition des richesses le plus iniquement inégalitaire.

Est-ce là vraiment le modèle que nous voulons importer en Europe, nombre d’hommes politiques européens continuant d’ériger le “modèle américain” en référence salvatrice ?

Si tel doit être notre choix, alors il convient que la décision soit prise, non pas en référence à une trompeuse chimère, mais sur la base d’éléments objectifs et loyaux. C’est la vocation de cet ouvrage [1] incroyablement documenté que de fournir ces éléments au lecteur. Précisons que Michel Desmurget est neurophysiologiste et docteur en neuropsychologie. Chercheur à l’INSERM, il travaille actuellement dans une équipe du CNRS au sein du Centre de Neuroscience Cognitive de Lyon. Et il a vécu huit ans aux Etats-Unis…


[1auteur : Michel Desmurget édition : Max Milo 275 pages 19,90 euros.