Libérons-nous de cette monnaie... !

Mise en ligne : 31 mai 2008

Nos amis nantais nous font part de leurs efforts pour promouvoir un “collectif de Nantes et du Pellerin”, qu’ils ont intitulé “Libérons La Monnaie”. Ils ont entrepris la rédaction d’un plaidoyer pour un « appel du 10 mai 2008 contre la servitude du salariat »et pour « une authentique déclaration Universelle des Droits de l’Homme ». Ils ont mis ces textes en chantier sur internet à l’adresse vidal.mothes (@) wanadoo.fr. et sont en train de consituer un “wiki-forum d’échange”, Liberonslamonnaie.blogspot.com, sur lequel on peut apporter sa contribution.

Voici nos suggestions à propos de ces deux textes en cours d’élaboration :

L’esclave est vendu par un marchand. Le salarié n’est pas vendu, mais il se vend lui-même. Malgré des différences de conditions d’existence, il y a toujours, dans le salariat comme dans l’esclavage, achat d’une force humaine de travail. L’abolition de l’esclavage en 1848 n’a donc pas aboli la servitude.

Quelle est cette liberté qui consiste, non plus à être vendu par un tiers, mais à se vendre soi-même ? C’est ne plus s’appartenir, c’est abandonner son libre arbitre. La vraie liberté c’est au contraire de rester maître de soi-même sans être contraint de se placer sous la dépendance d’un autre. Ne pas devoir consentir à la servitude par nécessité.

Or l’accaparement des moyens de production ne laisse place qu’à un travail dépendant. Le Code du travail définit le salariat comme un rapport de subordination, et subordination est servitude. Le salariat, c’est la non-démocratie dans l’entreprise. Et quand, en outre, des quotas ou des destructions massives de richesses sont décidés au nom du profit, le salariat nous amène à faire obstacle à la satisfaction des besoins fondamentaux des êtres humains et à produire des biens et des services qui ne relèvent pas de l’intérêt général. Un seul exemple : au Nord, contre un salaire, nous sommes amenés à fabriquer des armes qui sont utilisées au Sud pour réprimer des émeutes de la faim, provoquées parce que des stocks de nourriture ont été détournés ou détruits, dans le seul but de maintenir les prix, au profit monétaire d’une minorité de privilégiés.

Or cela se fait dans le silence. Silence, parce que l’ignorance de ce qu’est la monnaie permet d’affirmer : « Vous comprenez, si les profits baissent, où allons-nous trouver l’argent pour payer vos salaires ? », à quoi nous répondons docilement :« Ah bon, c’est comme ça, c’est malheureux, mais comment faire autrement ? »

Et ce consentement volontaire donne le sentiment d’un contrat librement établi entre le vendeur et l’acheteur. Tant qu’elles ne sont pas abolies, les servitudes semblent toujours obéir à des lois naturelles. Comme le dit un descendant de négrier : « L’éducation et l’habitude avaient forgé en leur âme une sorte d’irresponsabilité par impuissance de conscience ».

Tout changement suppose des connaissances nouvelles, sans lesquelles les consciences ne peuvent pas évoluer. Par exemple la remise en question de la centralité de la Terre dans l’univers provoqua celle de certains dogmes et la désacralisation du pouvoir royal. De même, la remise en question de la centralité apparente de la monnaie, affirmée par la science économique orthodoxe, provoquera la désacralisation de la monnaie et la remise en question du pouvoir des banquiers. Personne ne pourra plus alors croire que les profits monétaires viennent des marchandises produites dans les entreprises. On comprendra que l’argent des salaires et des profits ne provient que des banques qui ont le pouvoir de création monétaire ; que l’argent qui constitue le profit monétaire est matériellement extérieur au produit vendu ; que la monnaie exprime la valeur marchande d’un produit, mais n’est pas le produit, de même que les kilomètres expriment la mesure d’une route, mais que cette mesure n’est pas la route. De même que la photo d’un objet ne peut être confondue avec l’objet proprement dit.

La double face de la monnaie doit être révélée : derrière sa face visible, celle du lien social, se cache sa face invisible, qui est une arme de domination massive qui réduit en servitude les êtres humains. Alors conservons la monnaie pour faire pacifiquement circuler les richesses, mais que seul un service public fabrique cette monnaie, et celà sans intérêt.