Mes paysages d’antan

par  Tiber
Mise en ligne : 31 janvier 2009

Souvenir d’Algérie : une évasion par les mots pour retrouver le réel et le sens de la vie.

Retour dans mes paysages d’antan
Où le soleil est né du hasard.
Un atome de lumière a subjugué mon regard
Dans l’infini où le fini n’a plus de réel.
J’ai déambulé sur les terres sablonneuses
Dans l’ivresse de l’ocre et l’azur.
Je suis né de cette écume qui parcourt les mers,
De ce liquide intime qui irrigue mes veines,
De cet océan profond qui a enfoui son mystère.

Avec cette sève qui sourd sur mes lèvres,
Fruit mûri par la tendresse des temps,
J’ai calligraphié des caresses évanescentes
sur ce corps impur.
J’ai parcouru les hautes plaines
Où les herbes folles m’ont accueilli,
enlacé, embrassé
Avec folie.
Un nirvana de senteurs a fait tressaillir tout mon être.
J’ai voyagé dans un arc-en-ciel de désirs et de sens.

Au sommet de cette montagne,
Majestueuse en étendard de paix,
Rempart rebelle à toutes les invasions,
Je me suis senti protégé
Par sa cuirasse de pierres et ses forteresses acérées.

J’ai contemplé la baie cuivrée dans toutes ses lueurs
Et ses vallées océanes dans toute leur splendeur.

Dans ce désert, beau, silencieux et vaste,
Sans repères ni horizon,
Les sables mouvants de cet univers émouvant
Ont léché mon corps
Dans un mouvement de fureur et de vent.

Une chaleur vorace a envahi ma pensée.
De la ville sanctuaire, en sentinelle dressée,
J’ai épousé sa vertu et son courage.
Je suis né de ses valeurs ancestrales
D’honneur et de parole donnée.

Ma ville, envoûtée et envoûtante,
avec sa blancheur et son âme blafarde,
A embelli ma vie, conquis mon espoir,
et m’a rendu heureux,
Avec ses clameurs, ses couleurs et ses charmeurs.

Je suis né homme libre en ce monde,
Gouailleur et rêveur,
Libre de tabous et de phantasmes honteux.
Ivre de la frénésie du corps,
De la poésie des mots.