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N° 961 - décembre 1996

La Troisième Voie



par  J.-P. MON, M.-L. DUBOIN
Publication : décembre 1996
Mise en ligne : 3 décembre 2005

La troisième voie

Entre la dictature des marchés financiers et celle, disparue, du pseudo-communisme qui régna à l’Est, une troisième voie est possible, celle de l’économie distributive.
Faisons le point : notre époque est celle de la grande relève des hommes par la science.
Regardons les conséquences économiques, sociales, humaines qui découlent de cette relève lorsque la logique capitaliste Capitaliste Le capitalisme est un concept à la fois économique, sociologique et politique. Caractérisant un système s’appuyant la propriété privée des moyens de production, sa définition donne lieu à des variations et dans le temps, et en fonction des sensibilités politiques des personnes qui emploient le terme.

Toutefois, l’une de ses composantes de base est, via la recherche du profit, l’accumulation du capital, qu’elle s’accompagne de l’exploitation de l’homme par l’homme selon Karl Marx, ou qu’elle résulte de l’éthique des premiers entrepreneurs refusant le luxe et la consommation selon Max Weber.
pilote l’économie, puis quelles perspectives seraient ouvertes, dans les mêmes conditions, par la logique distributive.
L’organisation distributive est, par essence, un système évolutif et que nous voulons démocratique. Donc pas question de le présenter comme un paquet-cadeau, tout ficelé, mais seulement comme un sujet de débat alimenté en permanence dans les colonnes de La Grande Relève

Publication : décembre 1996
Mise en ligne : 3 décembre 2005

Qu’est ce donc que cette Grande Relève ?

L’économie distributive n’est que la conséquence logique du progrès scientifique. C’est la Grande Relève de l’Homme par la machine.
En effet, l’homme a toujours cherché à réduire sa peine pour fabriquer ce dont il a besoin pour subsister. Il a commencé à inventer des outils, qu’il n’a cessé de perfectionner. Lents d’abord, les progrès se sont accélérés et le caractère exponentiel de leur développement au cours des dernières décennies a été tel qu’au moins dans les pays industrialisés, l’homme dispose aujourd’hui d’innombrables esclaves mécaniques, électriques ou électroniques, d’appareils automatiques, programmables ou asservis.
Nous savons même, dans une large mesure, changer la nature, la commander pour lui faire produire ce que nous voulons, comme nous voulons, quand nous voulons.
C’est ainsi que la relève des hommes par la science et la technologie a transformé, en quelques dizaines d’années, les processus de production dans pratiquement tous les domaines et à tous les stades. Elle conduit ainsi l’humanité à un changement de civilisation, certainement le plus profond et le plus rapide de toute l’histoire. Pour résumer en 3 phrases, les conclusions (aujourd’hui très largement partagées) de Jacques Duboin :

Nous vivons une mutation si rapide que la plupart des gens n’ont pas encore pris la mesure de ses conséquences.
Les problèmes de la production sont maîtrisés.
Ceux de sa distribution deviennent essentiels.
Le système capitaliste Capitaliste Le capitalisme est un concept à la fois économique, sociologique et politique. Caractérisant un système s’appuyant la propriété privée des moyens de production, sa définition donne lieu à des variations et dans le temps, et en fonction des sensibilités politiques des personnes qui emploient le terme.

Toutefois, l’une de ses composantes de base est, via la recherche du profit, l’accumulation du capital, qu’elle s’accompagne de l’exploitation de l’homme par l’homme selon Karl Marx, ou qu’elle résulte de l’éthique des premiers entrepreneurs refusant le luxe et la consommation selon Max Weber.
ne peut pas mener à la justice sociale.

Cf. Quelques articles de la Grande Relève

Publication : décembre 1996
Mise en ligne : 3 décembre 2005

Quelle évolution ?

Puisqu’on sait produire plus avec de moins en moins de travail humain, l’évolution peut mener non pas vers l’exclusion, mais vers la libération du travail tel qu’il est conçu actuellement, l’abolition du salariat venant après celle de l’esclavage.

Puisqu’on ne peut pas corriger les effets pervers du système actuel, il faut imaginer d’autres règles du jeu. Pour que la mutation que vit l’humanité dans tous les domaines soit orientée vers d’autres fins que celles, catastrophiques, où nous mène la quête de rentabilité, le système économique et financier à inventer doit tendre à l’épanouissement de l’homme.

Ceci n’est possible que si on remet en question de fond en comble la logique capitaliste Capitaliste Le capitalisme est un concept à la fois économique, sociologique et politique. Caractérisant un système s’appuyant la propriété privée des moyens de production, sa définition donne lieu à des variations et dans le temps, et en fonction des sensibilités politiques des personnes qui emploient le terme.

Toutefois, l’une de ses composantes de base est, via la recherche du profit, l’accumulation du capital, qu’elle s’accompagne de l’exploitation de l’homme par l’homme selon Karl Marx, ou qu’elle résulte de l’éthique des premiers entrepreneurs refusant le luxe et la consommation selon Max Weber.
et les postulats faux sur lesquels elle s’appuie. Il est notamment indispensable de redéfinir les fonctions de la monnaie, d’en changer les mécanismes de création et d’empêcher son accumulation.

Publication : décembre 1996
Mise en ligne : 3 décembre 2005

La logique capitaliste

 
Publication : décembre 1996
Mise en ligne : 3 décembre 2005

Un postulat faux !

C'est faux There Is No Alternative ! (TINA)

(en français : « Il n’y a pas d’alternative » ) est un slogan politique attribué à Margaret Thatcher lorsqu’elle était Premier ministre du Royaume-Uni.
Elle exprimait ainsi sa conviction que la mondialisation capitaliste Capitaliste Le capitalisme est un concept à la fois économique, sociologique et politique. Caractérisant un système s’appuyant la propriété privée des moyens de production, sa définition donne lieu à des variations et dans le temps, et en fonction des sensibilités politiques des personnes qui emploient le terme.

Toutefois, l’une de ses composantes de base est, via la recherche du profit, l’accumulation du capital, qu’elle s’accompagne de l’exploitation de l’homme par l’homme selon Karl Marx, ou qu’elle résulte de l’éthique des premiers entrepreneurs refusant le luxe et la consommation selon Max Weber.
dirigée par le marché (financier) était inévitable, que tout autre organisation de l’économie était donc absolument impossible, inimaginable.
Cette conviction, largement et savamment répandue, est le fondement-même du libéralisme économique : il ne faut surtout pas chercher à orienter l’économie vers l’intérêt général, il faut au contraire laisser faire les marchés.

Or cette affirmation repose sur un postulat : l’intérêt général est la somme des intérêts particuliers, donc si chacun ne poursuit que son intérêt personnel, le marché qui en résulte va conduire “forcément” à la meilleure solution pour tous. Ce postulat d’une “main invisible ” du marché, qui trouverait miraculeusement la meilleure organisation possible, a évidemment, pour “les décideurs”, le mérite de les dégager de toute responsabilité économique …

Mais les faits sont là : depuis que cette idéologie mène le monde, c’est-à-dire depuis le début des années 1980, elle a contribué à l’enrichissement des plus riches et déshérité une part croissante de la population mondiale. Le postulat sur lequel elle repose est visiblement FAUX

Publication : décembre 1996
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Où est le défaut du mécanisme ?

Pourquoi la monnaie, dont l’invention et l’utilité apparaissent pourtant évidentes, est-elle devenue l’instrument de l’injustice ? La réponse saute aux yeux dès qu’on y réfléchit. La réponse, détaillée de quelques chiffres dans cet article.

L’essentiel (85%) de la masse monétaire n’est pas créé par l’état, dont c’est, pourtant, le droit régalien.
Ce privilège a été arbitrairement abandonné aux banques de crédit.
Contrairement à une idée fort répandue, ces banques “de second rang” ne se contentent pas de prêter aux uns ce que d’autres ont déposé chez elles.
Elles créent l’argent ex nihilo, sous forme de dettes et en retirent un intérêt quand leurs clients remboursent leur dette.

C’est ainsi que le choix des investissements est basé exclusivement sur la rentabilité.
Publication : décembre 1996
Mise en ligne : 3 décembre 2005

La logique distributive

L’économie distributive est rendue possible par les progrès des sciences et des techniques. Ce n’est pas pour autant une économie de gaspillage, car, faisant passer les intérêts humains avant les impératifs financiers, elle se développe dans le respect de l’environnement en gérant écologiquement les ressources naturelles et humaines.

Quand les équipements fonctionnent avec de moins en moins de travail humain, faire dépendre de ce travail les revenus des ménages, c’est les faire inexorablement diminuer.

L’économie distributive s’adapte au fait que la production peut croître avec les progrès des techniques qui font diminuer l’emploi nécessaire. Un siècle environ après la fin de l’esclavage, elle permet de mettre fin au salariat, ce qui correspond aux possibilités de notre époque.

Pour partager d’une part les richesses, et d’autre part les tâches nécessaires pour les produire,
3 propositions essentielles :

- Le remplacement de la monnaie capitaliste Capitaliste Le capitalisme est un concept à la fois économique, sociologique et politique. Caractérisant un système s’appuyant la propriété privée des moyens de production, sa définition donne lieu à des variations et dans le temps, et en fonction des sensibilités politiques des personnes qui emploient le terme.

Toutefois, l’une de ses composantes de base est, via la recherche du profit, l’accumulation du capital, qu’elle s’accompagne de l’exploitation de l’homme par l’homme selon Karl Marx, ou qu’elle résulte de l’éthique des premiers entrepreneurs refusant le luxe et la consommation selon Max Weber.
par une monnaie gagée sur la production, ne permettant pas la spéculation ;
- La garantie d’un revenu suffisant pour vivre libre ;
- le service civil, pour assurer les tâches essentielles ;

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Vers la percolation

 
par  M.-L. DUBOIN
Publication : décembre 1996
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Le contrat civique