N° 984 - janvier 1999

Ce numéro est consacré aux transformations radicales que la pression « libérale » (déréglementations, directives européennes, Organisation Mondiale du Commerce,...) exerce sur le service public « à la française » (qui a si fortement contribué à façonner notre pays et notre style de vie), sur le sport, la culture,... L’abondance des exemples et les nombreux témoignages reçus nous ont conduits à résumer, couper, condenser, regrouper pour aboutir finalement à une énumération très incomplète, mais très révélatrice d’une véritable mise sous tutelle de l’avenir.
Articles publiés dans cette rubrique
Mise en ligne : 2 avril 2006
Service (public)... non compris !
En décidant de consacrer ce numéro aux transformations radicales que la pression libérale (dérèglementations, directives européennes, organisations de commerce) exerce sur le service public en France, nous voulions, en quelque sorte, faire l’état des lieux. Mais nous ne pensions pas être à ce point débordés par... l’abondance des exemples et l’unanimité des témoignages ! Il nous a fallu résumer, condenser, couper, regrouper, pour aboutir finalement à une énumération très incomplète ... mais combien révélatrice d’une véritable mise sous tutelle de l’avenir ! Le concept et la pratique du service public ont fortement contribué à façonner notre pays et notre style de vie. De quoi s’agit-il ?
Mise en ligne : 2 avril 2006
Prise de conscience
L’association internationale des Techniciens, Experts et Chercheurs (AITEC), en liaison avec Initiative Citoyenne Active en Réseau, a créé en avril 1995 un groupe de réflexion sur le service public, au sein duquel universitaires, chercheurs, syndicalistes, cadres, associatifs, etc. ont débattu des divers aspects de la crise du service public et rédigé [1] des propositions pour le refonder (malheureusement en économie REdistributive, ce qui maintient bien des problèmes...). Voici un résumé très succinct de leurs travaux :
Mise en ligne : 2 avril 2006
Allo ! New York
Voyons maintenant quelques cas exemplaires de cette “emprise du marché” : comment évoluent les services publics quand les mutations technologiques servent de prétexte à de nouvelles législations ? Commençons par la communication. Passons sur la comparaison des radios et des télévisions publiques avec les chaînes privées. Il y aurait aussi beaucoup à dire sur la Poste qui, depuis peu, par souci de rentabilité, privilégie le marketing et la publicité : elle a vendu beaucoup de gadgets pour le Mondial de foot... mais la distribution des journaux est de plus en plus lente et, c’est prévu, va coûter de plus en plus cher... Mais laissons la parole à un ingénieur civil des télécommunications qui sait bien de quoi il parle :
Mise en ligne : 2 avril 2006
Soyez au courant !
N’oubliant pas la production de l’énergie, nous nous associons à la campagne contre le chauffage électrique, qui est ruineux, surtout pour les plus démunis. Nous ne revenons pas sur les risques qui ont été pris en choisissant le nucléaire avant que soit résolu le problème des déchets radioactifs, dangereux pour très longtemps.
Sur la distribution de l’énergie électrique, c’est un homme de grande expérience qui fait ici le point :
Mise en ligne : 2 avril 2006
Finance et gros mollets
Et le sport ? Existe-t-il encore un seul sport pratiqué pour lui-même et non pour de l’argent ? Au moment où, paraît-il, on découvre la vénalité du Comité International Olympique, revenons plutôt au drame du dopage des sportifs :
Mise en ligne : 2 avril 2006
“L’exception culturelle”
Nous abordons maintenant le domaine où le bouleversement est le plus lourd de conséquences, et à long terme : la culture, l’enseignement et la recherche scientifique. Voici pour commencer le témoignage d’un directeur de Centre culturel :
Mise en ligne : 2 avril 2006
Les pierres du paléolithique ne barreront pas la route à Toyota.
La sauvegarde du patrimoine est-elle un service public ? A priori, oui. Quand des intérêts privés entrent en conflit avec cette sauvegarde, qui doit l’emporter ? La culture, d’intérêt public, ou le profit financier de sociétés privées ?
L’actualité récente nous offre l’exemple des sites historiques dont l’étude aurait pu retarder l’implantation de l’usine japonaise Toyota dans le Nord. Le quotidien Le Monde apportait l’information suivante, le 29 août dernier :
Mise en ligne : 2 avril 2006
Les archéologues en colère veulent défendre le service public.
Plus généralement, c’est la science archéologique qui est remise en question, pour des raisons financières. Le Monde titrait sa page scientifique du 11 novembre :
Mise en ligne : 2 avril 2006
La science en péril
Et le problème est mondial, comme le montre l’UNESCO (octobre 1998) :
Mise en ligne : 2 avril 2006
Un fabuleux marché
Connaissez-vous l’ERT ? C’est, en français, la Table ronde européenne des industriels. Fondée en 1983, elle regroupe quarante sept des plus importants dirigeants de l’industrie européenne [1]. C’est lorsque le “socialiste” Jacques Delors présidait la Commission de Bruxelles que son influence sur la politique européenne est devenue déterminante : monnaie, transports routiers, emploi,... elle exerce son action dans tous les domaines [2]. « L’éducation et la formation, considérés comme des investissements stratégiques vitaux pour la réussite future de l’entreprise » [3] ne pouvaient lui échapper.
Mise en ligne : 2 avril 2006
La Mutualité menacée
Il y a cent ans, le 1er avril 1898, une loi permettait au mouvement mutualiste d’organiser une protection de haut niveau pour tous et d’étendre ses activités à la prévoyance et à la gestion d’œuvres sanitaires et sociales.
Distribuer l’eau n’est pas de l’économie distributive.
Curieusement, et de manière choquante, la gestion de l’eau n’a jamais été considérée comme un service public. Elle offre ici un exemple de ce que devient un service public ... lorsqu’il est service au public sous un statut privé... Est-ce le modèle à suivre ?

