Reflexions sur la politique

par  R. CARPENTIER
Publication : mai 1988
Mise en ligne : 16 juillet 2009

"POLITIQUE" : du mot grec "POLITIKOS"  : Art (?) de gouverner un État, qui a rapport au gouvernement des États (Dictionnaires).

En société marchande : La politique est un subterfuge employé comme somnifère à des fins de profits ! (1).
La politique !! La politique de droite à l’extrême-droite  ; de gauche à l’extrême gauche ; y compris les alternatifs... la politique est le moteur des systèmes parlementaires dits démocratiques (ou anti-parlementaires dits totalitarisme). C’est le poumon de la société marchande, du profit. Tout ce qui est politique assure la continuité de l’esprit de rentabilité, du capitalisme, du salariat... en un mot de l’inégalité économique. Cette calamité existe depuis l’ère de la rareté et continue dans notre ère d’Abondence pourtant incompatible ! Pourquoi le peuple qui en souffre parce que toujours trahi, les chômeurs qui ont tout perdu, les consommateurs dont le pouvoir d’achat s’évanouit, s’y accrochent-ils comme si leur situation économique pour "un mieux-être" dépendait de la politique ? Comme si la

politique était indispensable à la condition de la vie  ? Pourquoi à chaque convocation électorale se précipitent-ils dans le piège ?...
N’ont-ils pas encore compris, les électeurs, que la politique est la négation, le contraire de l’accès au bienêtre, à la consommation urgente des biens utiles, possible aujourd’hui ; que la politique est la manne des riches, des patrons, des assoiffés de pouvoir ? que la politique est le tombeau des espoirs de libération  ?
Seule l’ÉCONOMIE - non de profit, non politique - mais sociale, de la satisfaction des besoins de tout être vivant, seule l’ÉCONOMIE, réalité antagoniste à la politique est le VRAI problème qui a trait à l’épanouissement des Êtres Humains et à la VIE.
N’est-ce pas l’impérieuse nécessité de manger qui conditionne l’existence de l’Etre vivant ? Ne devrait-on pas tous les jours satisfaire nos besoins impératifs : alimentaires, vestimentaires, de logement, d’hygiène, de santé, de repos et loisirs, d’instruction ?... Est-ce que les politiciens parlent, discourent sur celà ? Proposent comme étant primordial la satisfaction dans la consommation et l’usage ? Inscrivent dans leurs programmes la gratuité des transports en commun et de tous les services publics  ? 11 est tout de même abérrant que des particuliers fassent un profit sur le bien public ! Est-ce que les partis politiques dénoncent celà ? Le moment n’est-il pas venu, avec l’abondance du blé, donc du pain, des pommes de terre, des fruits et légumes, du beurre, du sucre, du lait, de la viande, etc... de les distribuer - au moyen du Revenu Social alloué à Tous en une monnaie de consommation qui s’annule à l’achat- au lieu de les stocker ou les détruire, et imposer le ralentissement de la production et la friche des terres ? à seule fin d’en maintenir les prix, les profits ? Aucun parti politique n’élève la voix et ne s’engage sur de tels programmes ! Bien au contraire ! Ils nous persuadent de nous serrer la ceinture et d’accepter l’austérité - devant des montagnes de produits !!
Salariés, chômeurs, consommateurs, usagers, ne vous laissez plus attraper par ces fous politiques ! Désintéressez-vous de tous les partis politiques. Vous n’avez rien à y gagner, à y espérer sinon à y croupir d’impuissance ! Voilà deux cents ans que l’expérience se fait : ces maîtres de la politique, acrobates et serviteurs de la finance vous prennent pour des demeurés et vous manipulent afin que vous ne touchiez pas aux prébendes de ceux que de tous temps, la Droite par tradition, et aujourd’hui la Gauche, défendent et protègent contre le peuple qu’ils savent endormir par le leurre politique ! ! Aucun parti politique ne vous dévoile celà !
Luttons, forts de notre responsabilité, de notre volonté, dans des associations exclusivement économiques, de défense des consommateurs et des producteurs-salariés. Exigeons avant tout de consommer à notre faim ; agissons pour un mieux-être immédiat : par des luttes en rupture avec la société marchande, par des actions positives telles les grèves de gratuité dans les services publics... Ce sera plus "payant" que d’adhérer à une politique, même alternative, ou de voter !
En résumé soyons réalistes et imposons notre programme en exigeant dès maintenant la garantie du salaire perdu pour tous les chômeurs et futurs licenciés ; prélude au REVENU SOCIAL MAXIMUM pour tous du berceau à la tombe, pour "acheter" l’ABONDANCE, invendue et invendable, qui regorge des magasins, entrepôts, frigos... C’est le seul programme réaliste et positif - qu’aucun parti politique ou syndicat officiel ne revendique- qui permettra à tous de satisfaire les besoins fondamentaux : Les techniques de production, incroyablement perfectionnées - héritage de l’humanité entière - remplaçant le labeur humain et créant l’ABONDANCE permettent enfin aujourd’hui la seule organisation économique et sociale pour accéder au DROIT A LA VIE, réalisable dans la Justice, la Liberté, l’Egalité, la Fraternité : c’est L’ÉCONOMIE DISTRIBUTIVE et son corollaire LE FÉDÉRALISME, dont aucun parti politique ne veut et ne vous parle, et pour cause !!

(1) Paul VALERY a dit à propos de la nocivité de la politique : "La politique est l’art d’empêcher les gens de s’occuper de ce qui les regarde". Quelle vérité  ! En paraphrasant on peut dire que "La politique est l’art d’empêcher les gens de manger à leur faim en pleine abondance !"