Sur les Systèmes d’échanges locaux (SEL)

par  L. L.
Publication : juillet 2000
Mise en ligne : 30 mars 2009

Voici quelques remarques prises dans la vie courante. Les initiatives tendant à “sortir” quelques personnes dans la misère où les maintient le système économique sont comme des rustines qu’un cycliste stupide s’obstine à coller sur une chambre à air poreuse. Bien sûr, quelques individus vont profiter de l’opération et c’est très bien pour eux. Bien sûr il y a des gens, peut-être un peu moins scrupuleux que leur semblables, qui réussissent à “gagner”de l’argent (ceux-ci sont montrés en exemple… !). Mais la solution n’est pas là.

J’ai eu connaissance d’un SEL qui utilise une unité d’échange à laquelle il a été donné un nom charmant : le Pastel. Ce SEL a bien fonctionné pendant quelque temps, puis il s’est produit un blocage. Pourquoi ? Les initiateurs de ce groupe n’ont pas su inventer une structure économique nouvelle, difficile, il est vrai, à mettre en œuvre sur un petit nombre d’acteurs économiques : ils ont omis de faire l’inventaire des biens et services disponibles avant de créer “leur” unité monétaire. Ils ont commis l’erreur… de ne changer que le nom de la monnaie. La leur était créée sans contre-valeur véritable, équitablement répartie entre tous les membres de l’association, non thésaurisable, certes, mais indéfiniment réutilisable. Le système s’est bloqué de lui-même quand toutes les unités se sont trouvées entre les mains de deux ou trois personnes… qui ne trouvaient plus rien en échange de leurs services… et ils n’ont pas compris ce qui se passait !!!

Malgré deux expériences identiques (ils ont tout remis à plat et créé une nouvelle mouture de leur Pastel…), il est très difficile de faire comprendre la nécessité absolue d’une monnaie de consommation, contre-valeur des biens et services disponibles, une monnaie nominative, disparaissant au premier usage, comme les biens et services qu’elle permet de consommer.

Tout ceci pour dire que je n’arrive absolument pas à comprendre le mode de pensée, de réflexion de nos hommes et femmes politiques. Sont-ils bornés à ce point pour nous sortir les “grossièretés” qu’ils nous sortent : les apories, les apophtegmes se succèdent dans tous leurs discours. à croire qu’ils sont tous atteints d’ataraxie !!… Est-ce que cela se soigne ?

L.L., Châtenoy.