Un père livre ses repères

par  M.-L. DUBOIN
Publication : mai 2017
Mise en ligne : 30 septembre 2017

Antidote est le titre du livre qu’un de nos plus fidèles lecteurs vient de publier pour, explique-t-il, livrer ses repères  :« à notre précieuse descendance lancée imprudemment dans un monde que je commence seulement à décoder, aux compagnons de route idéalistes, mêlés aux autres, avec lesquels j’ai cheminé un demi-siècle à la poursuite d’un monde meilleur ».

À la lecture, très agréable, de ces 125 pages on comprend que ce qui est à l’origine des réflexions, puis des convictions, du presque centenaire Michel Leclere, c’est la question suivante  : comment se fait-il que les gouvernements, pas seulement ceux de notre pays, trouvent facilement, et quasi instantanément, d’énormes moyens financiers quand ils décident de mener “la” guerre, alors qu’ils sont absolument incapables de trouver les sommes beaucoup moins importantes qui leur permettraient d’éradiquer la pauvreté ? Ils savent distribuer des engins de mort, mais pas distribuer des moyens pour vivre !

À l’appui de cette réflexion, il s’est livré à des recherches qu’il résume en chiffres :

La première guerre mondiale a mobilisé 73 millions d’hommes, tué 10 millions de militaires et 8,7 millions de civils. Son coût financier a été évalué par la SDN en 1919 à 10.000 milliards de l’époque, ce qui correspond à 13.000 milliards d’euros 2016. Avec cette somme, « on aurait pu fournir une villa meublée, avec jardin et dépendances, d’une valeur de 100.000 francs à TOUTES les familles » des 7 grands pays en conflit …et construire « dans toutes les villes de plus de 200.000 habitants de ces mêmes pays : un hôpital de 125 millions, une bibliothèque de même valeur, une université de 250 millions ». Le reste aurait pu constituer un fonds de réserve pour verser un traitement de 25.000 francs en moyenne à 125.000 enseignants et 125.000 médecins et infirmiers.

Dans la seconde guerre mondiale, « 100 millions d’hommes ont été mobilisés… la violence a pris des proportions inédites, jusqu’à l’usage de deux bombes atomiques… et elle a fait 55 millions de morts dont 39 millions d’européens. »

Dans un courrier récent, il complète avec les chiffres qui lui manquaient : « le coût de cette guerre a été estimé à 450.000 milliards de 1946, ce qui se traduit pour nous par un montant approchant le million de milliards de dollars » et il pose la question  : « Combien une telle somme aurait-elle pu générer de bienfaits au service de l’humain ? », il commente : « C’est pourquoi je réclame la même technique financière pour distribuer des biens, réconfortants cette fois. Cela accroîtrait notre richesse commune, évaluée par l’INSEE, en 2012, à 10.000 milliards en ce qui concerne le patrimoine des Français et à 1.750 milliards celui des administrations publiques. Voila ce que l’on peut appeler un capital ! ».

Et il conclut : « à une société du chiffre il faut lutter avec les mêmes armes ! »

Antidote contient beaucoup d’autres données, des références utiles et des schémas éloquents pour amener le lecteur à comprendre la nécessité et la possibilité de l’économie distributive. Il présente aussi un très grand nombre de citations, dont certaines sont très surprenantes de la part de leurs auteurs. Qu’on en juge en trouvant de qui sont les suivantes [si vous ne trouvez pas… les réponses sont données …ci-dessous] :

1. « L’économie, la chose la plus aléatoire, hissée au rang de science, se substitue à la politique. Elle accroît les inégalités et la domination de la classe technocratique qui reste au pouvoir à travers tous les gouvernements. »

2. « Je doute que l’économie puisse devenir une véritable science, tant sa matière première est liée à des intérêts et à des idéologies. »

3. « L’économie n’est ni objective ni technique. Elle résulte d’une volonté et des actions humaines, donc politiques. La théorie économique ne sert pas à comprendre un système, mais distrait de faits gênants et assure une vie tranquille aux économistes alliés du régime qui les fait vivre. »

4. « L’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes. »

5.« On a tout avec de l’argent, sauf des mœurs et des citoyens. »

6. « Si l’homme ne peut être nourri par son travail, il faut qu’il le soit par le travail de la machine. »

C’est beaucoup de finesse, de pertinence et de solides arguments que nos lecteurs peuvent trouver dans ce livre, que son auteur est prêt à leur expédier contre 12 euros en paiement. Son adresse mel est michel - leclere @ yahoo . fr et son téléphone 03 26 85 52 14.


Les auteurs des citations relevées par M. Leclere (p. 13) sont  :
1. Claude Allègre  ; 2. Maurice Allais (dit “prix Nobel d’économie”) ; 3. Friedrich von Hayek (le “pape“ de l’utralibéralisme !)  ; 4. François Mitterrand  ; 5. Jean-Jacques Rousseau et 6. Le cardinal Saliege (archevêque de Toulouse).