Diplomatie pour le cardinal

par  M. POUY
Publication : mars 1977
Mise en ligne : 27 février 2012

Je n’oublie pas un seul instant ce que je dois à Jacques Duboin. Je lui ai écrit un jour une lettre dans laquelle figuraient ces mots : « Mon père m’a donné le jour ; Jacques Duboin m’a donné la lumière »...

Je vais vous rappeler un fait amusant - que certains d’entre vous n’ont sans doute pas oublié.

Jacques Duboin m’a raconté un jour (vers 1955 ou 1956) qu’il avait obtenu une audience auprès du Cardinal Feltin. C’était à Paris. Il avait à ses côtés l’excellent et dévoué Henri Cèdre. A la fin d’un exposé - fait sans doute à la fois par J. Duboin et H. Cèdre - le Cardinal avait observé :

« Tout cela est très intéressant, Messieurs. Mais dans cette hypothèse, que deviennent les gens d’Eglise ?... »

Henri Cèdre a répondu le premier (et je vois encore la mine de Jacques Duboin quand il me narrait la chose !)

« Eminence, vous serez assimilés aux gens de lettres, aux gens de théâtre, aux comédiens... »

Il paraît que cela avait jeté un froid... Mais Duboin est intervenu aussitôt :

Non, non ! Eminence... Rien ne sera changé pour vous... sauf la quête ! Vous n’en aurez plus besoin ! »

Soulagement du Cardinal qui déclara aussitôt :

« Ça, c’est intéressant ».

Et Duboin ajouta ces derniers mots, en terminant son histoire :

« C’est la preuve que la quête ne doit pas toujours être florissante. »


Brèves

22 décembre 2014 - Archives de la Grande Relève

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