Un trop Grand Secret

Publication : novembre 2004
Mise en ligne : 11 novembre 2006

  Sommaire  

C’ est un double intérêt que présente le livre de Philippe Pignarre intitulé Le Grand Secret de l’industrie pharmaceutique qui vient de sortir [1].

 

Il y a d’abord le témoignage de quelqu’un qui a passé 17 ans dans différents laboratoires pharmaceutiques. Ce qui lui permet de décrire certaines pratiques, comme le fait que des patients servent parfois de cobayes sans le savoir. Puis l’auteur se demande pourquoi ces entreprises, qui sont censées avoir pour objectif de mettre au point des médicaments efficaces, ont perdu leur capital de confiance par des pratiques scandaleuses, comme cette plainte en justice contre des gouvernements du Tiers monde qui, pour porter secours à des millions de malades du sida, voulaient développer des génériques. La recherche de profit pour les actionnaires de ces sociétés n’explique pas toutes ces pratiques, avance Ph. Pignarre, qui y voit plutôt une tentative de masquer l’incapacité de l’industrie pharmaceutique, qui, depuis plusieurs années, n’a guère trouvé que la trithérapie. Il lui paraît que la recherche y serait paralysée par la bureaucratie qui s’est installée et se développe dans ces entreprises internationales privées et gigantesques. Alors, pour cacher cette impuissance, tous les moyens sont utilisés : ici c’est un laboratoire qui refuse de fournir un pays sous prétexte que les prix qui s’y pratiquent ne lui conviennent pas, là, des résultats sont faussés pour favoriser un autre laboratoire, et Pignarre évoque même l’invention de maladies2, telles que la ménopause masculine !

 

Et puis l’auteur avance des propositions, il ne se contente pas de critiquer.

L’une serait fort utile dans le système actuel, car il s’agit de rembourser les “molécules” et non pas les médicaments, ce qui paralyserait les manœuvres de “marketing”.

Mais l’autre va beaucoup plus loin et se situe parfaitement dans le sens de ce que nous défendons, puisqu’elle consiste à donner, en matière de santé, l’initiative aux citoyens plutôt qu’au marché. Ph. Pignarre propose en effet que dans chaque pays, “un Parlement de la santé”, auquel participeraient des associations de patients, élabore des priorités et des choix, aboutissant à des appels d’offres que lanceraient les États aux laboratoires pharmaceutiques.

C’est vouloir renverser les priorités pour les remettre dans le bon sens. On a affaire à un utopiste furieusement révolutionnaire !


[1aux éditions La Découverte, 180 pages 14,5 euros.


Brèves

12 avril - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.