… leurs applications offrent “des débouchés”


par  M.-L. DUBOIN
Publication : novembre 2003
Mise en ligne : 11 novembre 2006

Hélas, nous sommes dans un système économique qui ne survit qu’en poussant à la consommation, sans le moindre souci éthique. L’application de ces technologies de pointe qu’en fait ce système illustre parfaitement ce lamentable état d’esprit : « une nouvelle discipline émerge aux États-Unis : le neuromarketing », comme l’exposait un chercheur en neurosciences d’un laboratoire de Floride, O. Oullier, dans Le Monde du 25 octobre. Il s’agit d’utiliser ces puissantes et côuteuses technologies pour mesurer l’impact de la publicité sur le public : on définit un échantillon représentatif de consommateurs volontaires, et on mesure l’effet de certaines publicités-tests sur leurs réflexes, sur les réactions inconscientes qui se manifestent dans les différentes parties de leur cerveau. C’est probablement, suppose ce chercheur, le spectre de “Big brother” qui a, au début, incité les promoteurs de pareilles applications à les garder secrètes. Mais voilà plus d’un an que la première entreprise américaine de neuromarketing a été installée près du siège de Coca-Cola, elle propose ouvertement maintenant à de grandes entreprises de faire des études sur mesure destinées à mieux connaître le fonctionnement du cerveau de leurs éventuels clients et donc à pouvoir mieux les conditionner par des publicités scientifiquement ciblées…

En se développant, le neuromarketing offrira des emplois brillants aux chercheurs pour qui la recherche scientifique publique n’a plus de crédits !