Un soit disant “débat” est d’abord lancé par des universitaires et des chercheurs, afin de publier leur façon de voir. Après quoi tous les moyens sont utilisés pour que l’ensemble des médias la répandent,en la présentant comme le résultat d’une étude scientifique.
Qui finance cette énorme entreprise d’intoxication ? -Des intellectuels achetés. S. George donne les noms et les sommes investies. De grandes et anciennes fortunes industrielles américaines dont surtout Olin (produits chimiques) dotent des fondations qui financent des chaires dans les universités les plus prestigieuses avec pour objectif avoué de “renforcer les institutions économiques, politiques et culturelles sur lesquelles est basée l’entreprise privée”. La Fondation Olin consacrait déjà, en 1988, 55 millions de dollars à cette fin. Avec de telles sommes, le donateur a le droit de nommer des professeurs qui vont occuper des chaires et diriger des études “orientées” (l’historien français F.Furet en a bénéficié : 470.000 dollars précise S.George). Ceci permet d’organiser la notoriété et “le champ” dans lequel se dérouleront des “débats” créés de toute pièce, et d’empêcher du même coup toute recherche qu’on ne veut pas, par exemple toute réflexion sur les dangers du système capitaliste. Un fonctionnaire du département d’état est invité à prononcer une conférence, bien “préparée”. Il s’exécute. Puis le texte est publié par The National Interest, revue subventionnée (un million de dollars) par Olin, et dont le directeur, néo-libéral très connu, est financé (326.000 dollars) par Olin en tant que Professeur. Celui-ci invite un autre intellectuel de droite renommé, directeur d’un institut d’études financé par Olin (14 millions de dollars) à commenter l’article, de sorte que le pseudo-débat, bien préparé, se retrouve dans les colonnes du New York Times, du Washington Post, de Time, etc. Et c’est ainsi que tout le monde connaît La Fin de l’Histoire, le best-seller de Fukuyama.
La boucle est bouclée quand Alain Minc écrit que « le capitalisme est l’état naturel de la société ».

