Les trois formes de la monnaie

par  M.-L. DUBOIN
Mise en ligne : 30 juin 2007

Un lecteur de Belgique, L. G. estime que dans le premier chapitre de ce livre, la description des trois formes de la monnaie et de leur évolution historique, n’est pas utile parce que, les gens lisant de moins en moins, il faut aller à l’essentiel.

La première raison pour laquelle j’ai rappelé, mais brièvement, l’évolution des trois formes de la monnaie, c’est d’abord pour souligner que la monnaie doit son origine au fait qu’elle était une monnaie-marchandise, choisie parce qu’elle avait une valeur réelle, ou qu’elle était attachée à une valeur réelle, un métal précieux par exemple. Et que si notre subconscient a pris l’habitude de considérer et de manipuler la monnaie comme une vraie richesse, c’est parce qu’elle a gardé cette propriété pendant des dizaines et des dizaines de siècles, tout au long de son histoire. Véritable révolution, la rupture totale avec cette pratique s’est produite il y a moins d’un siècle, ce qui explique sans doute encore bien des comportements actuels, dont le fétichisme qui reste liè à “l’argent”. Et c’est ainsi, par exemple, que les économistes prétendent qu’un pays s’enrichit quand il exporte plus de marchandises, donc de valeurs réelles, qu’il n’en importe.

La deuxième raison est que je tenais à évoquer la naissance du billet de banque, parce qu’elle est édifiante. D’abord, elle montre comment les souverains, les uns après les autres, ont accepté, parce qu’ils avaient besoin d’argent pour satisfaire leurs ambitions, de vendre un droit régalien… et du même coup, celui de leurs successeurs. Elle évoque en même temps comment un groupe astucieux est capable d’agir pour accaparer un tel privilège. Et enfin elle oblige à constater que ce glissement de pouvoir, lourd de conséquences, est pourtant passé inaperçu de l’opinion.

Ces rappels historiques aident aussi à comprendre les croyances qui subsistent encore au sujet de l’autorité d’une Banque centrale. On s’étonne donc moins que le public admette ou ignore que la politique monétaire échappe aux responsables de la politique tout court. Et même que des candidats à la Présidence, s’ils évoquent le rôle des Banques centrales comme la BCE ou la Fed, ignorent encore, ou semblent ignorer que celles-ci ont même perdu, au profit de quelques grandes banques internationales, infiniment plus puissantes qu’elles aujourd’hui, ce qui était censé leur rester de pouvoir, par exemple leur influence sur les taux directeurs.

Un autre point important de ce chapitre est de montrer que l’essentiel (85 % environ) de la monnaie que nous utilisons tous n’est pas de la monnaie légale, garantie par l’État. C’est une monnaie privée qui n’a pas cette garantie et qu’un Prix Nobel d’économie assimile à de la fausse monnaie. Il est essentiel de comprendre le pouvoir que confère cette monnaie à ceux qui ont le droit de la créer pour qui ils veulent, et pour en tirer un intèrêt qui pèse très lourd sur toute l’économie.

Au moins aussi important est de comprendre ce qu’est la Dette des États. À l’heure où on l’évoque surtout pour préparer ceux qui se lèvent tôt à plus d’austérité, voire même à les persuader qu’ils sont coupables de vivre aux dépens de leurs enfants, il serait bon de remettre cette question à sa place, à savoir : pourquoi l’État s’interdit-il un puissant moyen financier alors qu’il l’autorise aux banques commerciales ?

Enfin je signale que ce chapitre évoque une pratique qui se développe à tout allure, celle dite des LBO, l’achat à crédit d’entreprises qui marchent bien par des fonds de placement. Il y en a eu 260 en France en 2006, dont les emplyés découvrent les conséquences. Il est donc bon de comprendre sur quoi est fondé ce procédé, et ce qu’il promet.

Ainsi, le premier chapitre prépare les autres, qui devraient inciter le citoyen du XXIème siècle à se poser, et à poser à aux candidats qui veulent décider de son avenir, bien des questions essentielles.

Qu’il y ait aujourd’hui de moins en moins de gens qui lisent des livres, est une autre question. Celui-ci a été écrit, dans le style le plus simple possible, à l’intention de tous ceux qui veulent savoir, sans gros efforts intellectuels, comment fonctionne le monde dans lequel ils vivent, et où il les mène.


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