Le pétrole, c’est pas du bidon

par  H. de JOYEUSE
Publication : mai 1980
Mise en ligne : 30 septembre 2008

ON pleure dans les chaumières sur les misères qui sont
faites aux Compagnies pétrolières, par des Ayatollahs
diaboliques, des étudiants fanatiques et autres machins en iques.
De ci de là, par ci par là, on apprend d’atroces détails.
Le rapport, en 1974, d’un dépité U.D.R., qui se nomme
SCHWARTZ en plein jour, est dur, dur. Son brouillon disait méchamment,
sans preuves bien sûr, que les Compagnies, grâce à
de nombreuses subventions publiques ou occultes obtenaient la connivence
des principaux partis politiques (encore la Bande des 4), de la presse
et même, stupeur, de certains organes gouvernementaux. C’est ainsi
que ELF et CFP, avec la bénédiction du ministère
de l’Industrie et, notamment, de la Direction des carburants, ne payaient
pas d’impôts. Ils fournissent des informations barils (je veux
dire bidons) sur leurs prix et, dans les coulisses de l’exploit, vont
au fade pour s’attribuer les marchés.
C’est le Philippe SIMMONOT qui le premier a révélé
le pot (d’échappement) aux roses, dans Le Monde du 7 novembre
1974. Comme son papier était passé inaperçu, le
petit SIMMONOT a bêtement récidivé dans Le Monde
du 9 mars 1976. Ça a fait déborder le jerrican et 45 jours
après on lui coupait l’oléoduc et il allait voir au bureau
du chômage si j’y étais. Ouf ! Ne s’était-il pas
imaginé de produire des extraits (pas de naphte) du Rapport confidentiel
de Gaston RAMEL ? Ce document anodin plaisantait. Selon lui, toujours
sans preuve, que l’Homme-à-la-brosse dit Jean FOURCADE et le
naïf agrégé Michel d’ORNANO, transféraient
en douce, sans délibération du Parlement, l’Entreprise
de recherches et d’activités pétrolières (ERAP)
une société d’Etat, à la Société
privée des Pétroles d’Aquitaine (S.N.P.A.) contrôlée
par la Banque de Paris et des Pays-Bas. La Société Générale
et la Chase Manhattan Bank ayant eu la bonté d’apporter leur
concours à cette oeuvre philantropique.
Un autre petit pousse-cailloux, du nom de CECCALDI, juge d’instruction,
inamovible de par la Constitution, a cherché, lui aussi, à
ruiner l’esprit de libre entreprise des Compagnies pétroleuses
Ne s’est-il pas avisé, sous le fallacieux prétexte que
son Parquet lui avait confié une plainte (celle d’un pompiste
arménien de Marseille), de l’instruire à charge et à
décharge selon la mode du Code de Procédure Pénale
 ? Alors qu’on lui soufflait, d’en haut, dans sa trompe d’Eustache personnelle,
de signer le non-lieu traditionnel. Il refusait, le sourdingue. Heureusement.
Dieu existe et le R.P. LECANUET, soi-même, garde des sots, a muté
l’inamovible de Marseille-sud à Hazebrouck-nord. Ce qui est une
promotion, est venu expliquer Dents- Blanches à la Télé,
puisque, entre temps, je l’ai fait coulisser de la magistrature assise
à la magistrature debout, le bombardant Procureur. Comme ce petit
juge ne voulait pas se coucher, il a préféré être
debout.
Depuis lors, il envoie des cartes postales du soleil de Tourcoing et
du clair de lune à Maubeuge aux pescadoux de la Marsialle et
des Sanguinaires.
Bref, Contracepcion, la dona qui fait le ménage au Palais de
Justice de la rue Grignan à Marseille, ne touche plus le dossier
pétrolique. Elle aime trop les toiles arachnéennes qui
le protègent de la main de la Justicia des caballerros franceses.