Bouchons au tertiaire

par  P. CÉVENOL
Publication : novembre 1978
Mise en ligne : 8 septembre 2008

AU Canada, au manque d’enseignants des deux décennies
passées, succède brutalement leur surplus sur le « 
marché du travail ».
Même les permanents des Collèges d’Enseignement Général
et Professionnel Supérieur (C.E.. E.P.S.) sont sous le coup de
résiliation de contrat.
Différentes initiatives sont émises dans le journal syndical
« Nouveau pouvoir », de la Fédération Nationale
de l’Enseignement du Québec, tendant à occuper les loisirs
des enseignants futurs chômeurs :
« - Expansion de l’éducation permanente, commission pédagogique
nationale, amélioration générale de la tâche,
un programme de recyclage plus étendu, un système de congé
sabbatique, le développement de la recherche, augmentation des
effectifs et amélioration des programmes, acceptation de plus
d’étudiants marginaux », etc.
Une marée de suggestions et de vocations déferle sur les
côtes Est Atlantique. La chasse au plein emploi y est ouverte.
Nos syndicats français n’en ont pas l’exclusivité. Ils
n’ont pas non plus celle de l’inefficacité.
Ces propositions d’amélioration de l’emploi s’avèrant
problématiques, les enseignants canadiens exigèrent des
garanties plus positives. Tel, pratiquement, le salaire garanti inscrit
dans leur Convention collective, au titre de la sécurité
d’emploi pour le professeur permanent.
Nous en donnons quelques clauses :
- « Un an de préavis avant la mise en disponibilité.
- « Durée de la disponibilité : En principe elle
peut se prolonger jusqu’à la retraite, car il n’y a aucune limite
de temps.
- « Recyclage : le professeur qui a choisi le, recyclage, conserve
son plein salaire et tous ses droits, jusqu’à la fin du recyclage
et, par la suite, jusqu’à ce qu’il obtienne un poste convenant
à ses compétences.
- « Maintien des droits : Ni le préavis, ni la mise en
disponibilité n’affectant les droits du professeur, tant qu’il
n’est pas replacé, ancienneté, salaire, etc., sont intégralement
maintenus.
- « Prime de séparation : A la suite de démission
du professeur, ce dernier a droit à une prime équivalente
à un mois de traitement par année de service (plafond
6 mois de salaire).
- « Pré-retraite : Durant cette année le professeur
conserve tous ses droits, y compris son salaire comme s’il était
encore à l’emploi du collège. En outre cette année
est reconnue comme année de service aux fins du régime
de retraite. »
Cette garantie du revenu imposée par l’ampleur du problème
de la disparition de l’emploi, par « la force des choses »,
traduit l’O.C.D.E., n’effleure pas encore notre F.E.N. qui se cantonne
aux revendications salariales, aux conditions de travail, aux « 
droits des syndiqués », à quelques mesures catégorielles
anodines et à la teneur pédagogique.
Nous sommes au pays de Descartes, nous avons vécu 1789-1830-48-71-1906-36-68
et notre revendication au stade où disparaît l’emploi reste...
le bon salariat !