Méfaits divers

par  G. STEYDLÉ
Publication : octobre 1976
Mise en ligne : 11 mars 2008

Dans un petit village près de Troyes, huit personnes, dont cinq enfants, périssent dans l’incendie de leur maison. (Les journaux du 11-10-76).
« La maison était faite de matériaux très inflammables. Il s’agissait d’une construction plus que vétuste, aux murs de craie, réparée au fil des années et des besoins à l’aide de bois, de vieilles tôles de récupération, de fins grillages et dont le toit était recouvert de toiles goudronnées. (Le Parisien Libéré).
Cette description que l’on retrouve dans l’AURORE et dans LE FIGARO n’est suivie d’aucun commentaire dans ces journaux.

Mais à gauche, direz-vous ? Nous y arrivons. En effet, dans l’HUMANITE, on s’insurge. Lisez plutôt sous le titre :
« Drame de la misère près de Troyes. Huit morts, dont cinq enfants, dans l’incendie d’un logement-taudis ». Nous vous faisons grâce des détails de cet horrible drame. Voici les conclusions que l’on peut lire ensuite :
« Il est difficile, en présence de telles conditions de vie, d’évoquer la fatalité ou l’accident, tant le drame a des racines profondes dans l’injustice sociale ».
Nous félicitons l’HUMANITE pour sa position courageuse quant à ce malheureux événement. Mais nous aurions aimé trouver dans ses colonnes des solutions pour accéder à la justice sociale. Par exemple, par la suppression de l’Economie de Marché, en sortant du cadre du système Prix-Salaires- Profits (Capitalisme), l’abolition du Salariat et du Patronat. Bien sûr, il faut dénoncer les effets néfastes du Capitalisme, mais sans oublier d’en saper les fondements et d’informer les Français sur les cause réelles des désordres, drames et misères découlant du régime économique actuel. Autrement dit, nous pensons qu’il est inutile de parler d’injustice sociale, si l’on n’est pas décidé à supprimer la misère et non, seulement, à la soulager.
La justice sociale ne peut s’accommoder de l’économie capitaliste ou échangiste dispensatrice de la rareté et de l’insécurité. Par contre, son règne verrait rapidement le jour dans une économie des besoins, distributive de l’abondance, permettant à chacun d’entre nous de s’épanouir pleinement dans la SECURITE DE TOUS LES JOURS.
Mais de cela l’HUMANITE ne parle jamais !
Pour en revenir à cet affreux drame, il est à présumer que c’est par insuffisance de pouvoir d’achat que cette famille fut contrainte de construire petit à petit sa maison et qu’elle ne put se payer le luxe, pour ce faire, d’utiliser des matériaux par trop onéreux pour ses maigres ressources.
Jacques Duboin aimait à répéter, avec preuves à l’appui, que « Les prix montent par l’ascenseur et les salaires par l’escalier ». Il en sera toujours ainsi si nous ne nous décidons pas à nous séparer d’un système économique, financier et monétaire, périmé, lequel n’est pas adapté aux progrès fulgurants de la science et des techniques et qui ne peut qu’engendrer désordres, drames et misères


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