La Chine et le pétrole

Publication : janvier 2004
Mise en ligne : 10 novembre 2006

Nous avons montré dans le dossier de notre N° 1036, le rôle que joue le pétrole dans les économies des pays “développés”, en particulier dans la politique des États-Unis. Le problème est d’autant plus crucial que les pays qui se ralient à la culture de ce type de “développement” voient bondir leurs besoins en pétrole et quand il s’agit de la Chine les consèquences sont à l’échelle planétaire. L’AIE vient de le comprendre :

L’envolée de l’économie en Chine se traduit par un appétit quasi-illimité pour les ressources en énergie, celles de pétrole en particulier, et provoque des tensions à la fois sur les marchés internationaux et sur les infrastructures chinoises, selon des experts [1].

Durant les dix premiers mois de 2003, la Chine a importé 74,15 millions de tonne de pétrole brut, en hausse de 30% sur un an, selon des statistiques chinoises officielles, alors que le cours international du baril frise les 30 dollars depuis plusieurs mois, un niveau historiquement très élevé.

L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), qui représente à Paris 26 pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et observe à ce titre en permanence le marché mondial de l’énergie, s’est inquiétée dans un rapport récent de la situation chinoise.

« Si l’on regarde vers l’avenir, il paraît clair que la croissance économique chinoise alimentée par des programmes gouvernementaux agressifs, une consommation intérieure accrue et une forte croissance des exportations, va continuer à soutenir une nette augmentation de la demande de pétrole en 2004 », constate-t-elle, et elle poursuit : « Ce qui est moins clair, c’est la capacité de la Chine à faire face à ce rythme rapide de croissance de la demande de brut ».

Ces observations font écho à celles émises à Shanghai par Zhang Xuewu, un responsable du centre de contrôle des prix au sein de la commission d’État chargée du développement de la réforme. Il met en garde sur le fait que les approvisionnements en fioul reculent dangereusement et que le prix des produits pétroliers raffinés va rester élevé jusqu’au début 2004, si bien que la Chine risque une crise d’approvisionnement en pétrole. Selon lui, l’offre de produits pétroliers va augmenter àcourt terme, et les prix ne baisseront pas substantiellement ensuite, en raison de l’importance de la demande dans les secteurs des transports et de l’énergie.

Selon l’AIE, la situation induit des risques à plusieurs niveaux, non seulement pour la Chine, mais aussi pour ses voisins asiatiques. Dans les grandes agglomérations comme Shanghai, la demande en produits raffinés n’a pu être satisfaite qu’après que les principaux raffineurs du pays, Sinopec et PetroChina, eurent accepté, sous la pression du gouvernement local, de rediriger une partie de leur production, originellement destinées à d’autres marchés.

« De manière générale, poursuit l’Agence, la Chine fait face à une pénurie croissante d’électricité au fur et à mesure que son économie croît. Cette pénurie perturbe les relations commerciales établies pour l’énergie et la fixation des prix ».

Le cas de la Chine, dont le nombre d’habitants dépasse de beaucoup le millard, est l’illustration frappante de ce qui, à terme, attend le monde en matière d’énergie non renouvelable.

(Transmis par Yves Pitchen)

[1Agence France Presse, 10 décembre 2003.


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