La science en péril

Publication : janvier 1999
Mise en ligne : 2 avril 2006

Et le problème est mondial, comme le montre l’UNESCO (octobre 1998) :

Tous les deux ans, un Rapport mondial sur la Science est publié. Or justement le dernier [1] manifeste l’inquiétude suscitée par « l’impact sur la recherche du retrait de l’État que l’on observe presque partout ».

Dans les pays industrialisés, où l’innovation technique est devenue la clé de la compétitivité mondiale, ce retrait s’accompagne d’une participation croissante du secteur privé... les instituts publics de recherche sont soumis à des critères d’évaluation plus stricts pour l’octroi de fonds, ...

Les “alliances” qu’ils nouent avec le privé sont ainsi devenues, note le rapport, un outil-clé de l’activité scientifique, les entreprises y voyant un moyen peu coûteux de sous-traiter leur effort d’innovation...

Ainsi, l’investigation scientifique se recentre sur les programmes qui intéressent le secteur privé, ce qui est préjudiciable au progrès du savoir, et est en train, souligne le rapport, de transformer radicalement l’institution sociale de la science... la rétention d’information n’est plus un tabou, les scientifiques ne dévoilent leurs découvertes qu’après avoir passé au crible les éléments pouvant avoir une valeur commerciale. « Cette évolution est indirectement confortée par l’opinion publique qui manifeste de plus en plus d’impatience pour que la science apporte des réponses à des problèmes concrets et sous-estime l’importance de la recherche fondamentale ».

Et le rédacteur en chef du rapport, Howard Moore, s’inquiète : « Qui va s’occuper de recherche climatologique qui nécessite des dizaines d’années ? »

Or la recherche fondamentale est la condition du progrès technique et de nombreuses études, citées dans le rapport établissent qu’il existe « un lien entre formation à la recherche fondamentale et capacité à inventer ». Le Rapport constate que le retrait de l’État est « surtout dommageable dans les pays en développement où la recherche fondamentale est désormais tenue pour un luxe ». Le rapport dénonce, entre autres, la fermeture d’instituts publics de recherche au Brésil et au Mexique, comme la suppression des laboratoires de recherche dans les entreprises privatisées en Europe de l’Est. C’est ainsi, alerte l’UNESCO, que le fossé scientifique se creuse entre pays riches et pauvres.


[1sources : Unesco, octobre 1998.


Brèves

12 avril 2019 - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.