Le billet de Paul

par  L. THÉVENARD
Publication : octobre 1998
Mise en ligne : 20 juin 2008

Les médias nous incitent à penser que, si la Bourse baisse, c’est la Crise ! Il n’en est
rien. Que la Bourse baisse ou monte, les spéculateurs peuvent gagner autant : si elle
est orientée à la baisse, il leur suffit de vendre au cours du jour (donc au prix fort, avant
la baisse), ce qu’ils achètent à terme au prix de la prochaine liquidation mensuelle (le
prix fort, après la baisse). Comment prévoient-ils cette baisse ? Il leur suffit de téléphoner
à certains pantins déguisés en gourous, à quelques responsables de presse, pour
que, tout d’un coup, on annonce un scoop, par exemple l’économie russe est malade…
C’est ainsi que le tandem “Murdoch-Soros” gagna en un jour plus d’un milliard de dollars
 : le premier, en répandant des nouvelles alarmantes pour faire chuter le cours de la
Livre, et le lendemain, de bonnes nouvelles pour en faire remonter le cours. Le deuxième
larron n’eut qu’à acheter puis vendre en mobilisant les énormes capitaux dont plusieurs
milliardaires lui confient la gestion. La presse a révélé cet épisode pour nous faire
croire à une manoeuvre exceptionnelle, alors que les gains par spéculation sont le fondement
perpétuel de l’Economie Capitaliste !

Prenons un exemple simple : je ne possède aucune monnaie en espèces, mais la valeur
de mes immeubles est un million de dollars. J’emprunte un jour à ma banque un million
de dollars en espèces en mettant mes immeubles en gage. Le lendemain, en le
payant avec ce million, j’achète un autre immeuble, que je pourrai offrir en garantie à
une banque qui me prêtera encore un million de dollars, avec lequel je pourrai, le surlendemain,
acheter un autre immeuble, etc. Pas besoin de “planche à billets” pour me
créer du “pouvoir d’achat”. Ainsi les banques sont la planche à billets des spéculateurs.
Et si les banques créent trop de pouvoir d’achat, au risque de déclencher une poussée
inflationniste, on corrigera en réduisant le pouvoir d’achat des exclus, voire des classes
moyennes si besoin.

L’alternative est claire : créer du pouvoir d’achat par les banques ou par la planche à
billets. Devinez quelle solution préfère le FMI ?