Opinion sur rus’

Dossier  : Actualité et histoire – L’Ukraine
par  F. CHATEL
Publication : juin 2022
Mise en ligne : 16 octobre 2022

L’actualité de la guerre en Ukraine met en relief la difficulté de l’accès à l’information posée et raisonnée, de façon traditionnelle en situation de guerre, mais accentuée de nos jours par les concentrations de pouvoirs financier et politique.

Depuis les conflits incroyablement meurtriers du xxe siècle, le recours à la guerre paraît inconcevable. Et pourtant il n’y a pas eu une année paisible sur la planète. Ça et là, la parole est donnée aux armes, décision prise généralement par des dirigeants à la solde des possédants à l’insu des populations civiles qui pourtant en sont les principales victimes. Aujourd’hui nous, français, sommes témoins effarés du conflit armé opposant l’Ukraine à la Russie. De nouveau, après celle adoptée dans la pandémie de covid-19, une parole unique est déterminée et divulguée à l’unisson ou presque par l’ensemble des "influenceurs" que sont nos dirigeants, les médias, les experts occidentaux, etc. Suivez les guides et obéissez, sinon…

Même si chacun de nous n’est pas politologue ou historien, ou les deux, en temps que citoyen nous revendiquons le besoin de forger notre opinion personnelle sur les causes, la situation présente, les conséquences et les risques à propos de ce conflit regrettable, le tout libéré des passions, de l’émotion, des informations divulguées par les moyens d’informations d’opinion unilatérale et tendancieuse. La censure infligée à des chaînes d’information internationale comme RT France et Sputnik, montre à quel point la capacité de construire sa propre opinion est déniée à tout citoyen. Celui-ci est considéré depuis 2005 tel un enfant mentalement fragile et devant être protégé des risques de perversités traumatisantes, alors que la confiance est totalement accordée aux médias mainstream détenus par des milliardaires qui pourtant imposent une vision étroite et partisane des évènements et des orientations politico-économiques mondiales.

Le but poursuivi par la Grande Relève consiste à proposer sur le sujet une information parmi d’autres qui permette au lecteur de se forger son opinion libérée du parti-pris délivré à haute dose, en bouillie informationnelle indigeste et même injurieuse pour tout esprit qui se veut éclairé.

 QUE RACONTE L’HISTOIRE  ?

Si l’Ukraine et la Russie occidentale sont réunies à partir du ixe siècle au sein d’une principauté slave orientale appelée la Rus’ de Kiev fondée à l’origine par les Varègues, vikings originaires de Suède, leurs développements et leurs rayonnements ont suivi des routes bien différentes. Kiev, sur la route commerciale du fleuve Dniepr vers Constantinople, en est devenu rapidement la capitale. Le christianisme grec y est introduit et ensuite imposé par Vladimir 1er (980-1015), considéré comme le véritable fondateur de l’empire de Kiev qui a connu son apogée au xie siècle, à partir duquel des divisions successorales l’ont affaibli et morcellé, si bien qu’en 1240 il a subi l’invasion et la destruction par les mongols. Son influence s’est éteinte alors durant plusieurs siècles. C’est depuis cette période que les slaves orientaux sont divisés entre trois nations, qui correspondent à l’heure actuelle à la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine, et c’est grâce à la destruction totale du Rus’ que la principauté de Moscou a pu prendre son essor.

Fragment de la fresque de la cathédrale de Vladimir de Kiev,

Baptême du Saint Prince Vladimir,

Viktor Mikhailovich Vasnetsov (1848-1926).

(wikimedia common)

En effet, l’extension de la population slave vers le nord-est permet à de nombreuses villes et principautés nouvelles de naître, parmi lesquelles Moscou en 1147. La ville prospère et devient une principauté à son tour, la Moscovie, en 1276, car elle bénéficie, en tant que principale collaboratrice de la Horde d’or — cet immense empire créé par les Mongols — d’une protection contre les pillards qui ravagent périodiquement les autres principautés. Cette sécurité attire la noblesse qui s’installe sur les terres contrôlées par Moscou, qui devient même le siège de l’Église orthodoxe.

Au milieu du xiiie siècle, alors que les Chevaliers teutoniques menacent de conquérir la Russie avec l’intention manifeste de la convertir à l’Église latine, Alexandre Nevski, prince de Novgorod conclut une trêve avec la Horde d’or, et porte tous ses efforts sur le front occidental. Aujourd’hui encore, le peuple russe et l’Église russe honorent en lui sa clairvoyance politique et militaire.

Du xiiie au xvie siècle, la Moscovie, dirigée par des princes habiles, annexe progressivement toutes les autres principautés jusqu’au règne d’Ivan III, où Moscou devient la capitale du plus grand pays de l’Europe orientale, dont la superficie est passée de 430 000 à 2 millions de kilomètres carrés.

En parallèle, au déclin des Khazars, qui occupaient un vaste territoire qui engloberait aujourd’hui le sud de la Russie, le Kazakhstan occidental, l’Ukraine orientale, la Crimée, l’est des Carpates, ainsi que plusieurs autres régions de Transcaucasie telles l’Azerbaïdjan et la Géorgie, les Cosaques prennent progressivement leur place. Plusieurs thèses défendent que les juifs de l’est de l’Europe seraient des descendants des Khazars, la plupart convertis au judaïsme. Le terme "cosaque" désigne davantage une fonction de guerrier plutôt qu’une ethnie ou un peuple. C’est un "homme libre", "sans attaches", nomade ou mercenaire, soldat ou garde indépendant.

À partir du milieu du xve siècle, les Cosaques slaves se multiplient entre Don et Volga, et autour du Dniepr, ainsi qu’en Ukraine actuelle. Ils sont réunis en bandes (starchines) louant leurs services aux nations limitrophes moscovite, lituanienne, polonaise ou moldave, tout en commerçant avec les génois de la mer Noire qui leur vendent des armes. Par la suite, ces bandes d’aventuriers accueillent les nombreux fugitifs des États voisins, dont certains arrivaient par familles entières pour échapper au servage, aux lourds impôts ou aux guerres. Ces Cosaques réunis désormais en communautés permettent aux empires de se prémunir des pillages des Tatars, peuple des rives de la Volga s’étant allié aux Mongols. Ils aident Ivan IV le terrible, premier prince à se faire désigner sous le titre de tsar (dérivé de César), à conquérir un vaste territoire jusqu’à l’Oural.

Faute d’héritiers, le Zemski Sobor (assemblée représentative), désigne finalement en 1613 Michel Ier Fiodorovitch Romanov comme successeur des tsars. Cette lignée perdurera jusqu’à la révolution de 1917.

De 1363 à 1667, Kiev fait partie de l’Union de Pologne-Lituanie, ou République des Deux Nations à partir de 1569. À la fin du xve siècle, Kiev adopte le droit de Magdebourg qui assure l’autonomie administrative de la ville. En 1648, le hetman — commandant en chef des armées — cosaque Bogdan Khmelnitski fait une entrée triomphale dans Kiev et cherche à créer un État ukrainien indépendant. Pendant cette période, de nombreux pogroms ont lieu en Ukraine. Ces massacres touchèrent les Polonais, les Uniates ainsi que les juifs (50 à 100 000 victimes) qui servaient d’intermédiaires économiques entre la classe dirigeante et les paysans. Mais par la suite Khmelnitski se retrouve en difficulté dans les combats qu’il mène contre la puissante armée polonaise et il conclut en 1654 une alliance avec le tsar Alexis 1er de Moscovie, qui place l’Ukraine sous sa protection. Finalement en 1667 la trêve d’Androussovo confirme la suzeraineté de Moscou sur la rive gauche du Dniepr tandis que la rive droite continue de faire partie de la Pologne. Kiev, bien que située sur la rive droite, est placée sous le protectorat de la Russie.

En 1793 le deuxième partage de la Pologne permet à la tsarine Catherine II d’annexer l’ensemble de l’Ukraine dans l’Empire russe.

En 1834 la première université créée à Kiev devient un des foyers du nationalisme ukrainien. L’arrivée de migrants russes, les actions de l’administration impériale et la modernisation contribuent à russifier la ville. Son économie connaît une croissance importante grâce aux exportations de céréales. À Kiev, des usines modernes sont construites, qui produisent du tabac, des tissus textiles, du cuir et de la bière. À la fin des années 1860, Kiev est relié par le chemin de fer à Moscou et à Odessa, port qui fournit un débouché sur la Mer Noire.

Au début du xxe siècle, le 11 février 1900, est fondé le Parti Révolutionnaire Ukrainien (RUP) dont le principal objectif est la révolution et l’indépendance de l’Ukraine.

À ce stade de l’histoire, l’Ukraine est en fait formée de trois régions en raison de leurs différentes influences culturelles suivant les fluctuations territoriales au cours de l’histoire. L’ouest et principalement la Galicie a été tout d’abord annexée par la Pologne et la Lituanie puis par l’Autriche, rattachées à l’Église catholique. L’influence autrichienne fut importante quant à la gestion administrative de la production et du commerce, qui permit l’enrichissement de certaines villes et notamment Lviv où résidait l’administration centrale, avec en plus le développement de l’industrie pétrolière en Galicie orientale. Le centre, autour de Kiev, multi ethnique, a reçu les influences successives de la Lituanie, de la Pologne, des Cosaques zaporogues et enfin de la Russie. L’essor industriel et commercial autour de Kiev contribuent encore à accroitre le rôle de Kiev en tant que centre industriel, commercial et administratif, ce qui par l’arrivée d’une importante population russe, impose la russification de cette région. Enfin, la partie sud et est a connu des influences différentes, d’abord des Tatars, puis des Cosaques du Don et enfin de l’empire russe. L’exploitation de la houille et du sel gemme dès le début du xxe siècle provoqua une forte arrivée de colons russes (près de 30 % de la population du Donbass) se mêlant aux Grecs, aux juifs, aux Allemands et aux Tatars (entre 20 et 30 % de la population) et au reste d’Ukrainiens.

Malgré les différences ethniques et historiques, l’idée commune aux trois régions reste l’indépendance ou l’autodétermination. À l’ouest, il s’agit d’un fort sentiment national érigé par les intellectuels. Au sud et à l’est, l’esprit cosaque est imprégné et il y souffle un vent de liberté propre à ce "peuple". Le reste du pays reste indépendantiste mais partagé quant à une alliance de soutien.

 GUERRES MONDIALES ET STALINISME

 Première guerre mondiale et révolution russe

Suite à la révolution russe qui voit la chute du tsar, et profitant de la crise politique et militaire en Russie, les Ukrainiens déclarent leur autonomie dès le 17 mars 1917, et le 20 novembre la Rada centrale (parlement) proclame la République Populaire Ukrainienne avec pour capitale Kiev, en déclarant son indépendance le 22 janvier 1918.

Cependant, les troupes bolchéviques s’emparent de Kiev le 9 février 1918 et mènent une répression brutale contre les habitants. Réfugiée à Jitomir, la Rada se tourne alors vers l’armée allemande, qui par l’opération Faustchlag (en allemand  : «  Coup de poing  ») occupe Kiev et la plus grande partie de l’Ukraine du 18 février au 3 mars 1918.

Le traité de Brest-Litovsk signé par Lénine le 3 mars 1918, met fin au conflit entre l’Allemagne et la Russie qui doit reconnaître l’indépendance de l’Ukraine. Rentrée à Kiev, la Rada ratifie le traité, mais un coup d’État, mené par le monarchiste Pavlo Skoropadsky, avec le soutien des Allemands ayant besoin de blé et de matières premières, met un terme à la République populaire ukrainienne au profit d’un «  État ukrainien  ». Suite à la défaite de l’Allemagne vaincue par les Alliés en novembre 1918, un soulèvement mené par Symon Petlioura restaure la République populaire ukrainienne.

Or, à la conférence de la paix de 1919, l’Ukraine se retrouve partagée entre la Pologne renaissante (un sixième du territoire actuel), la nouvelle Tchécoslovaquie (4 % du territoire actuel), la Roumanie (5 %) et la Russie soviétique(74 %). L’Ukraine est alors située au centre de conflits qui opposent l’Armée de la République Ukrainienne menée par Symon Petlioura, l’Armée Rouge des bolcheviks conduite par Trotski, l’armée blanche de P. Wrangel et A. Dénikine, la Pologne et l’armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne de l’anarchiste Nestor Makhno, à l’origine de la Makhnovtchina [1], mouvement populaire libertaire du sud-est de l’Ukraine composé en grande partie de Cosaques zaporogues. Ce mouvement montre déjà les oppositions d’intérêts au sein de l’Ukraine, oppositions qui s’affirmeront à l’avenir.

Après la guerre soviéto-polonaise de 1920 et à la suite du traité de Riga signé en mars 1921, la Galicie avec Lviv pour ville principale et une grande partie de la Volhynie reviennent à la Deuxième République de Pologne. Le reste du territoire ukrainien se retrouve incorporé à l’Union soviétique, victorieuse sur les autres belligérants, en tant que République socialiste soviétique d’Ukraine avec Kiev pour capitale. On notera pendant cette période les assassinats de 40 000 juifs dans des pogroms déclenchés par les troupes de Symon Petlioura, qui préfigurent ceux qui suivirent au cours du régime nazi.

 Famines de 1931-1933

En 1928, avec le premier plan quinquennal, le pouvoir soviétique remet en chantier la collectivisation de l’agriculture qui avait été suspendue entre 1921 et 1927. Cette collectivisation (kolkhoze) implique l’expropriation des "riches" paysans, les koulaks. L’exode rural produit une chute brutale de la démographie paysanne, et en conséquence, la production agricole de type féodal déjà faible s’effondre. Par ailleurs, la réquisition et l’exportation de produits agricoles par l’Union soviétique pour financer le développement industriel raréfie les approvisionnements disponibles pour nourrir la population. En Ukraine, à partir de 1932, en raison des limitations aux déplacements imposées, les familles paysannes connaissent la famine. Les paysans insurgés, parfois réunis en conseils élus, exigent l’arrêt de la collectivisation et de la dékoulakisation, et revendiquent même une «  Ukraine indépendante  ». Plusieurs milliers de cadres communistes, accusés de favoriser les sentiments nationalistes, sont exécutés ou déportés. Pendant l’année 1933, à la faim s’ajoutent le typhus et le cannibalisme. À la fin de cette année-là, au terme de la famine, l’Ukraine apparaît comme une des régions les plus touchées par le désastre qui fit environ 2,8 millions de morts. Ces chiffres paraissent très sous estimés par plusieurs historiens alors que d’autres sont plus réservés compte tenu des archives soviétiques ouvertes récemment.

Régions historiques de l’Ukraine. (@Pline, wikimedia common)

Depuis la fin des années 1980, cette famine est généralement désignée par le terme d’Holodomor. Parmi les nombreux historiens ukrainiens, les uns souscrivent à la thèse d’un génocide visant le peuple ukrainien, d’autres (rejoignant alors des historiens russes et occidentaux) parlent plutôt d’une stratégie visant à briser la résistance à la collectivisation des terres dans des régions aussi bien majoritairement ukrainiennes à l’ouest, que majoritairement russe à l’est.

De même, les historiens sont partagés quant à l’intention de Staline de créer une famine génocidaire pour supprimer le nationalisme ukrainien.

Le 28 novembre 2006, le Parlement ukrainien vote la qualification de génocide pour la grande famine, en rendant sa contestation passible de poursuites légales. Le Parlement européen a reconnu en 2008 le Holodomor comme un crime contre l’humanité, mais non un génocide. Jusqu’à 2011, 24 pays avec l’Ukraine ont reconnu le Holodomor comme un génocide, dont le Canada, les États-Unis, l’Espagne, la Pologne.

 Les grandes purges

L’Ukraine fut concernée par les Grandes Purges. Au tournant des années 1937-1938, plus de 800 000 citoyens ordinaires sont arrêtés par le NKVD, la police politique du régime soviétique. La violence de cette campagne répressive dépasse toutes les violences précédentes par sa soudaineté, son caractère planifié et la diversité des populations touchées. Une fois jugés, les condamnés sont répartis en deux classes. La catégorie 1 regroupe les individus les plus hostiles destinés à être fusillés. La catégorie 2 concerne les éléments moins menaçants qui doivent être envoyés dans des camps de travail pour une durée de huit à dix ans.

Selon les données officielles, 15 717 personnes sont condamnées en Ukraine en 1936, 159 573 en 1937, et 108 006 en 1938.

 La seconde guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’Ukraine est la première des républiques socialistes soviétiques à être envahie par l’Axe en 1941, mais aussi la plus durement touchée. Kiev est occupée par l’Allemagne nazie à partir du 19 septembre. Bien que les Ukrainiens de l’Ouest approuvent l’arrivée des Allemands, puisqu’un certain nombre s’engagent alors dans les forces de police, la légion ukrainienne, le 201ème bataillon Schutzmannschaft, l’armée de libération de l’Ukraine, l’armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), lesHiwis, et la 14ème division de la Waffen SS. Les dirigeants nazis choisissent en Ukraine une ligne dure par la déportation des populations locales vers l’Allemagne comme main-d’œuvre forcée, et engagent la solution finale de la question juive  : Les 29 et 30 septembre 1941 a lieu le massacre de Babi Yar où des membres de l’Einsatzgruppe C, une unité mobile d’extermination, assistés par deux régiments de police et des nationalistes ukrainiens, ouvrent le feu  : 33 371 hommes, femmes et enfants juifs y sont assassinés par balles. Entre 1941 et 1944, près d’un million et demi de juifs d’Ukraine seront assassinés de la sorte. Dans ces conditions, les Ukrainiens des régions orientales résistent à l’occupation nazie et forment les premiers détachements de partisans soviétiques en Ukraine. Bien que leur objectif soit de libérer l’Ukraine, les troupes de l’UPA dirigées par Stepan Bandera les combattent aux côtés des nazis.

Le principal objectif de l’UPA est de mettre en place un état ukrainien indépendant de l’URSS. C’est pourquoi il joue la carte de la collaboration avec les Allemands, avec zèle, en s’engageant dans des actions hostiles aux autres groupes ethniques dans la région (Polonais, juifs, Tchèques).

On estime que ces opérations ont fait près de 70 000 victimes, principalement des femmes et des enfants ainsi que des hommes non armés, au cours de la campagne du printemps et de l’été 1943.

Les Allemands proposent en 1943 la création d’une division de Waffen-SS, composée de volontaires ukrainiens et destinée au combat régulier sur le front est. Ainsi, la création de la Division SS Galicie est annoncée le 28 avril 1943 et elle compte jusqu’à 26 000 soldats, 82 000 hommes ayant postulé.

À la fin de la guerre, les Ukrainiens prisonniers sont envoyés dans un camp en Italie, où, suite à l’intervention du Vatican qui estime que les soldats de ces divisions sont de «  bons catholiques et de tradition anticommuniste  », ils passent de "prisonniers de guerre" à "personnel ennemi qui s’est rendu".

Lors de la période de reconstruction du Donbass, après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux ouvriers russes sont venus repeupler la région pour travailler dans les mines, bouleversant une fois de plus sa composition culturelle  : en 1926 en effet, il n’y a encore que 639 000 russes, alors qu’en 1959, cette population passe à 2,55 millions.

Les troupes spéciales du NKVD mettent dix ans à venir à bout de la résistance de l’armée ukrainienne en Galicie. En 1954, pour marquer le 300ème anniversaire du traité de Pereïaslav [2], Khrouchtchev transfère la Crimée à la RSS d’Ukraine. Ce transfert territorial a pour conséquence de renforcer le nombre de russophones dans la population.

 La fin de l’URSS

En 1986, dans la ville de Tchernobyl, une catastrophe nucléaire a lieu dans sa centrale, qui contamine non seulement l’Ukraine, la Biélorussie et la Russie, mais aussi les autres pays d’Europe.

À la chute du régime soviétique, l’indépendance complète de l’Ukraine est proclamée le 24 août 1991 et confirmée par le référendum sur l’indépendance organisé le 1er décembre 1991  : 90,5 % d’électeurs votent pour l’indépendance.

Elle hérite des territoires que l’URSS avait attribué à la République socialiste soviétique d’Ukraine et des populations présentes sur ces territoires  :

  •  les Ukrainiens constituent 78 % de la population  ; _*- les russes environ 17 %  ; _*- les autres minorités sont les biélorusses de Polésie, les Roumains moldaves, les Bulgares du Boudjak, les Hongrois de Ruthénie subcarpatique, les Polonais de Galicie, les Arméniens tcherkessogaïs, les Grecs pontiques, les Allemands de la Mer Noire, les Tatars de Crimée, les juifs ashkénazes et les Roms.

Des communautés dites cosaques se sont à nouveau reformées, et bénéficient d’une reconnaissance officielle en tant que Cosaques enregistrés de la Fédération de Russie. Dans la crise ukrainienne de 2014, les volontaires cosaques forment une importante force armée pro-russe, parfois aidée de milices orthodoxes originaires des Balkans, notamment serbes.

 Dissidences au sein de l’Ukraine.

Les provocations.

Le second tour de l’élection présidentielle de 2004 oppose Viktor Ianoukovytch à Viktor Iouchtchenko. C’est la victoire du premier qui est annoncée, mais le second dénonce des fraudes, donnant lieu à un mouvement populaire, la Révolution orange. Après de nouvelles élections, le 23 janvier 2005, Viktor Iouchtchenko devient le troisième président de l’Ukraine post-soviétique. La révolution bénéficie du soutien de nombreux gouvernements occidentaux, dont celui des États-Unis et de financements d’organisations américaines. Elle mobilise plus d’un demi-million de manifestants à Kiev et à travers le pays pendant une quinzaine de jours. D’un point de vue géopolitique, la révolution orange marque un rapprochement de l’Ukraine avec l’OTAN et avec l’Union européenne.

La logistique de cette manifestation semble avoir été largement prévue par les organisations Pora et Znayu, ayant des liens avérés avec le mouvement Otpor qui avait réussi à faire chuter l’ex-président serbe Slobodan Milosévic en juillet 2000, et s’était déjà impliqué dans la révolution des Roses géorgienne de décembre 2002, ainsi que dans les tentatives de renversement du régime biélorusse de 2001 et 2004. Ces organisations sont alimentées par des sociétés occidentales.

Viktor Iouchtchenko a entériné en 2010 un décret pour reconnaitre à titre posthume le statut de « Héros de l’Ukraine » à Stepan Bandera ainsi qu’aux principaux membres de l’UPA, provoquant des manifestations de protestation dans les régions de l’Est de l’Ukraine, en Pologne, en Israël, et dans la Fédération de Russie, ainsi que la désapprobation et des mises en garde du Parlement européen et d’associations d’anciens combattants en Europe. Les collaborateurs, en particulier Stepan Bandera, incarnent des figures ambivalentes dans la culture de l’Ukraine contemporaine  : d’un côté, ils sont responsables d’atrocités au nom de l’idéologie nazie, de l’autre, ils ont mené l’Ukraine à son indépendance face à l’Union soviétique.

Le parlement de Kiev a voté en 2015 une loi qui déclare héros de la libération les deux organisations paramilitaires OUN (Organisation des nationalistes ukrainiens) et UPA, et institue des sanctions légales pour quiconque remettrait en cause ces statuts.

Ainsi, Iouchtchenko est à l’origine des premières politiques mémorielles nationales visant à marginaliser les identités des pro-russes à l’est et au sud de l’Ukraine, en privilégiant l’interprétation historique et la mémoire nationaliste, plus en phase avec les aspirations de l’Ukraine occidentale.

En Mai 2021, un sondage estimait que 70 % des ukrainiens occidentaux et 11 % des ukrainiens orientaux avaient une opinion favorable concernant la reconnaissance de Bandera comme figure historique.

Entre la Russie et l’Ukraine les rancunes foisonnent. La Russie reproche la «  Shoah par balles  » et la collaboration avec l’Allemagne nazie, et l’Ukraine met en avant les crimes soviétiques du xxe siècle comme la terreur rouge, les grandes purges et les famines. Dans ce contexte délétère, une partie des Ukrainiens voient leurs nationalistes, y compris les collaborateurs, comme des héros qui ont osé s’opposer à Staline, en occultant "pudiquement" les massacres auxquels ils ont pu participer, réduits au statut de «  dégâts collatéraux  ».

Tendances linguistiques par région en Ukraine.
« Seule une part relativement faible des Ukrainiens maîtrise réellement l’ukrainien standard. Mais tous parlent soit l’ukrainien urbain, soit une variété dialectale de l’ukrainien, soit le sourjyk. Le sourjyk consiste non seulement en un mélange des langues, mais aussi à l’usage de l’ukrainien et du russe en alternance, y compris au cours d’une même conversation, souvent avec le même interlocuteur. »
Source : https://www.axl.cefan.ulaval.ca/europe/ukraine-1demo.htm
Reproduit avec autorisation de l’auteur

Après la révolution ukrainienne de 2014, des milices ukrainiennes à tendance néo-nazie sont apparues ou se sont révélées, et ont pour certaines intégré l’armée régulière comme le régiment Azov ou le bataillon Centuria. Le régiment Azov a ensuite créé son propre parti politique en 2016, dirigé par son commandant, le néo-nazi Andri Biletsky. Les membres de Centuria, comme le reste des cadets et officiers de l’académie, bénéficient d’un entraînement supervisé par des militaires américains, et participent à des exercices conjoints avec la France, le Royaume-Uni, le Canada, l’Allemagne, la Pologne et les États-Unis.

En 2010, Ianoukovytch, chef de l’opposition, pro-russe remporte l’élection présidentielle et prend ses fonctions le 25 février de la même année. En novembre 2013, l’Ukraine décide finalement, en raison de pressions russes, de refuser l’accord avec l’Union européenne et de relancer un dialogue actif avec Moscou. Ce revirement entraîne d’importantes manifestations pro-européennes à Kiev entre le 18 et le 23 février 2014, appelées révolution de Maïdan, ou révolution de la Dignité, qui rassemblent au moins 100 000 personnes sur les places Maïdan et de la mairie, et avec comme mot d’ordre la démission du président Viktor Ianoukovytch.

Dans la semaine du 17 février 2014, les manifestations sont durement réprimées causant la mort de 82 personnes et faisant 622 blessés. Le 22 février, le Parlement vote la destitution du président Ianoukovitch.

S’ensuit une crise diplomatico-militaire concernant la Crimée, où des troupes pro-russes, sans uniformes identifiables, prennent le contrôle de cette région ukrainienne. Un référendum d’auto-détermination est organisé et le 18 mars 2014 la Crimée est rattachée à la Russie, même si la légitimité internationale de cette action n’est pas reconnue. Le gouvernement ukrainien accuse la Russie «  d’invasion  » et d’«  occupation armée  », tandis que la Russie nie la présence de soldats russes en Crimée et affirme que ces soldats sont des «  forces locales d’auto-défense  ».

Le soulèvement pro-russe dans l’est du pays, le long de la frontière russe, où les russophones et les partisans de l’ancien président Viktor Ianoukovytch sont les plus nombreux, se déroule contre le nouveau pouvoir ukrainien. Il se manifeste notamment par l’apparition en avril 2014 de deux républiques sécessionnistes proclamées par la «  Milice populaire du Donbass  »  : la République populaire du Donetsk et la République populaire de Lougansk, qui s’unissent le 22 mai 2014 en une Union des républiques populaires.

Le 27 juin 2014, le nouveau président Petro Porochenko, signe un accord de libre échange avec l’Union Européenne à Bruxelles.

Le protocole de Minsk (Biélorussie) est un accord signé le 5 septembre 2014 par les représentants de l’Ukraine, de la Russie, de la république populaire de Donetsk (DNR) et de la république populaire de Lougansk (LNR) pour mettre fin à la guerre en Ukraine orientale, sous l’assistance de l’OSCE, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

Lors du second sommet à Minsk tenu sous l’égide de l’OSCE, le 11 février 2015, les dirigeants de l’Ukraine, de la Russie, de la France et de l’Allemagne se sont mis d’accord sur des mesures concernant la guerre du Donbass, suite à l’échec du précédent protocole.

L’accord Minsk II non appliqué durant la présidence ukrainienne de Petro Porochenko car il impliquait de reconnaître une légitimité et un statut spécial aux séparatistes, a été relancée en décembre 2019, lors d’une rencontre entre Volodymyr Zelensky, élu président de l’Ukraine en avril 2019, et les chefs d’États et de gouvernement allemand, français et russe. Depuis 2014, environ 14 000 personnes sont mortes dans ce conflit.

Puis V. Zelensky a demandé au début de l’année 2021 le soutien de l’OTAN et de l’Union européenne et une accélération du processus d’intégration de l’Ukraine, à rebours de sa politique depuis le début de son mandat. Washington a annoncé un soutien supplémentaire de 150 millions de dollars à Kiev, et a réitéré son soutien à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN malgré l’opposition ferme de l’Allemagne.

En dehors des dirigeants russes qui ont prévenu que l’absorption de l’Ukraine par l’OTAN serait inacceptable pour la Russie, après l’extension des implantations de bases militaires de l’OTAN dans les pays de la CEI [3], certaines personnalités occidentales ont alerté sur la provocation que constitue ce projet  : Jack F. Matlock Jr., ancien ambassadeur des États-Unis en Union soviétique, George Kennan, célèbre stratège de la Guerre froide, Bill Burns, ex-directeur de la CIA, Henry Kissinger, ex-secrétaire d’État de Richard Nixon, Malcolm Fraser, ex-Premier ministre australien, John Mearsheimer, universitaire de renom, Robert Gates, ex-secrétaire américain à la Défense, William Perry, secrétaire à la Défense de Bill Clinton, Noam Chomsky, professeur américain, Vladimir Pozner, journaliste russo-américain, Jeffrey Sachs, économiste libéral, Sir Roderic Lyne, ex-ambassadeur britannique en Russie.

 COMMENTAIRES

Pendant le xxe siècle, le besoin d’indépendance ukrainien a tendu les rapports avec la Russie. Et l’Union soviétique du dictateur Staline n’a pas arrangé la situation, en faisant payer très cher cette velléité. Répressions, famines, déportations, exécutions, ont accentué cette tension, si bien que l’Ukraine a profité de l’invasion de la Russie par les Allemands en 1941 pour tenter d’obtenir de ce fait leur indépendance. La défaite de l’Axe a entrainé une épuration sévère en Ukraine contre l’armée insurrectionnelle de Stephan Bandera jusqu’à la mort de Staline, où une loi d’amnistie est proclamée par Nikita Khrouchtchev.

La chute de l’URSS en 1991 et la volonté des États-Unis de la disqualifier politiquement et économiquement va permettre les déclarations d’indépendance de nombreuses républiques limitrophes de la Russie, dont l’Ukraine. C’est alors que les différences culturelles historiques ressurgissent attisées par l’occident. Les tensions politiques internes aboutissent à des troubles populaires entrainant, d’un côté un rapprochement commercial avec l’UE et une demande d’intégration, de l’autre le rattachement par référendum de la république de Crimée à la Russie et la proclamation d’autonomie des régions pro-russes de l’Est, ce qui déclenchera la guerre du Donbass.

Le non-respect effectif des deux accords de Minsk, l’avancée de l’OTAN sur les territoires limitrophes à la Russie, avec les promesses et le projet d’y intégrer l’Ukraine mettent la Russie sous pression.

La guerre est aujourd’hui présente sur le territoire ukrainien. Les victimes ne sont assurément pas les oligarques et les dirigeants politiques responsables de ce conflit armé inacceptable. En réalité, que constatons-nous après l’étude de l’histoire de l’Ukraine et de la Russie  ? Constatation qui concerne aussi les pays occidentaux et même ailleurs dans le monde. Il s’agit de conflits liés au besoin insatiable de pouvoir de certains, soit pour le faire valoir, soit pour se l’approprier, soit pour le protéger. Et de tout temps les peuples en sont les principales victimes. L’individu contaminé par le pouvoir s’octroie et a recours aux moyens de s’imposer par la force et la soumission. En temps normal, que recherche le peuple quotidiennement, sinon la paix, de quoi manger, s’abriter et élever sa famille correctement. Qu’est ce qui détermine ces prises d’opinions responsables de conflits, de soulèvements, de révolutions, de pogroms, etc.  ? Le besoin de pouvoir de certains, et les intérêts d’autres. Anatole France avait tout compris  : "On croit mourir pour la patrie  ; on meurt pour des industriels". Quand l’accession au pouvoir est compliquée ou que les intérêts commerciaux sont bloqués, la propagande et les mensonges pleuvent sur la population afin de l’amener à réagir dans le sens voulu. Comment  ? Nous l’avons vu lors de la pandémie de Covid-19  : en répandant la peur, en diabolisant la menace. En réponse, que fait l’ennemi  ? Menacé dans son hégémonie, il renchérit et applique une propagande angoissante sur sa population pour la conditionner dans son sens. La peur ne facilite pas la raison et la réflexion, mais plutôt l’instinct de protection et la réponse passionnelle. Dans ce cas, la nuance n’existe plus, l’affect l’emporte et conduit au manichéisme le plus primaire. Le troupeau est alors formé et entouré par les chiens, il se voit obéir docilement aux injonctions des bergers.

Il n’existe aucune démocratie réelle dans le monde. L’humanité est aux mains de dictateurs et d’oligarchies en tout genre. L’existence d’un territoire, si d’abord il sert le besoin d’appartenance des peuples, représente malheureusement aussi le domaine d’exercice du pouvoir de profiteurs sur une population. Or, quelle est l’origine du besoin de pouvoir sinon un problème psychologique  ? [4] Faut-il confier notre destin à des individus perturbés  ? Et pourquoi oublie-t-on le syndrome d’Hubris  ? Seuls des malades mentaux ont recours à la guerre en sachant manipuler les populations, en les exhortant contre les soi-disant menaces d’ennemis quitte à avoir recours à des chocs émotionnels comme par exemple l’assassinat du prince héritier, le Lusitania, Pearl Harbor, des pseudo-armes chimiques, etc. Rien ne les arrête et les peuples naïfs tombent dans les panneaux, prêts à se sacrifier pour des psychopathes ivres de pouvoir et d’égotisme.

Le pouvoir est donc affaire d’équilibre, de répartition des forces et des tensions, de contrôles et de contre-pouvoirs. C’est une dynamique constante, que l’on retrouve dans tous les groupes, qu’ils s’appellent sociétés, partis, associations, cellules familiales, entreprises… Le pouvoir est trop dangereux pour le confier à une personne ou à quelques-unes. Il ne doit pas quitter les mains des peuples. L’histoire des peuples n’est faite, comme nous venons de le lire, que d’invasions, de massacres, de rebellions, de révolutions, de famines provoquées, de terreurs, de répressions, etc. Toutes les victimes le sont à cause des manipulations exercées par les gens de pouvoir.

Tous ces prétextes fallacieux ne sont que des croyances néfastes. Les seules vérités humaines ne sont que la paix, la coopération, l’entraide, l’amitié, la famille et le bonheur des générations futures. La vie individuelle est naturellement courte. Des accidents, des maladies la menacent suffisamment pour ne pas la risquer en acceptant les mensonges proférés par les manipulateurs.

N’y a-t-il pas suffisamment de menaces qui se profilent à l’horizon et qui concernent toute l’humanité,  ? Changement climatique, crise énergétique, épuisement des ressources, pollutions, pandémies, pauvreté, capitalisme, auxquelles il va falloir se consacrer tous ensemble, pour trouver des solutions globales, la plupart désormais dans l’urgence  ? Au regard de ces menaces générales, une guerre entre deux nations, quelles que soient l’importance des causes, apparaît comme une futilité grossière, une imbécilité grandiose, qui ne fait que discréditer la valeur de l’humain.

Arrêtons les échanges et les manigances commerciaux, mais partageons  ! Arrêtons les gâchis de production dus au marché mondial, mais planifions et distribuons  ! Arrêtons cette concurrence infantile et traumatisante, mais organisons nous pour optimiser les productions en les répartissant judicieusement. Aujourd’hui, au lieu de se battre comme de sales gamins inconscients, il est urgent, si l’humanité veut poursuivre son chemin dans les meilleures conditions, de faire table rase de l’Histoire, produit d’une enfance à analyser et à dépasser, de détruire toutes les armes, de réformer la conception des frontières, de planifier et de distribuer les productions suivant les besoins, d’homogénéiser la richesse en fonction de la demande, etc. Soyons des adultes… Bordel  ! Ne laissons pas notre responsabilité, notre liberté, aux mains d’individus infantiles et manipulateurs  !

L’on peut aussi s’interroger sur l’origine de cette compassion soudaine pour les Ukrainiens, qui ne s’est curieusement pas manifestée ou si discrètement pour les kosovars, les irakiens, les yéménites, les libyens, les syriens, etc., ou pour défendre certains professionnels de la santé privés de revenus, considérés quelques mois auparavant comme des héros. La propagande manipulatrice est donc si efficace  ! Les préoccupations en faveur de l’Ukraine ont miraculeusement effacé celles envers la pandémie de Covid-19 et de sa gestion désastreuse, à quelques semaines de nos élections présidentielles.

L’implication des peuples en politique devient absolument nécessaire. Ils doivent prendre en mains leur destin afin d’éviter qu’ils deviennent les moutons de ceux qui ambitionnent des carrières de bergers assoiffés de pouvoir, mégalomanes, et privilégiant ceux par qui ils ont obtenu leurs sceptres, les oligarques. C’est aux peuples d’écrire des constitutions de façon à les protéger des chefs et de toute hiérarchie. Le maintien de la paix en dépend. Certains peuples ancestraux y étaient parvenus. Etaient-ils plus intelligents, plus matures  ?

Si au moins cette guerre fomentée par des débiles, au profit de non moins débiles, pouvait ouvrir les yeux des peuples sur la dangerosité de ceux qui se prétendent nos représentants, et prendre conscience de leurs influences néfastes et toxiques pour s’approprier le pouvoir.


Note  : L’ensemble des informations historiques qui figurent dans cet article sont issues de Wikipédia.


[1François Chatel, la Makhnovtchina, La Grande Relève, N°1204, janvier 2019.

[2NDLR  : En 1654, le soulèvement de Khmelnytsky consomme la rupture entre la Pologne et les Cosaques zaporogues. C’est dans ce contexte que la Russie propose son appui via le traité de Pereïaslav, et sa protection aux Cosaques, ouvrant la voie à la guerre russo-polonaise (1654-1667).

[3La Communauté des États Indépendants est une organisation intergouvernementale composée en 2020 de neuf des quinze anciennes républiques soviétiques.

[4NDLR : Voir par exemple à ce sujet le livre La ponérologie politique : Etude de la genèse du mal, d’Andrew M. Lobaczewski, aux Éditions Pilule rouge, 2006.


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