Le quidam : — Sa monnaie ne serait sûrement pas reconnue par les autres pays !
Jopetro : — Mais ça ne ruinerait que des spéculateurs, pas les habitants du pays !
Le quidam : — Ça ferait de l’inflation dans le pays !
Jopetro : — La création sans intérêts de la part du gouvernement ne peut pas être plus inflationniste que la création avec intérêts de la part des banques privées !
Le quidam : — Oui, mais pendant la guerre on a fait marcher la planche à billets et on dit bien qu’il fallait une brouette de billets pour acheter un bout de pain !
Jopetro : —Peut-être, mais dans ce cas la cause de l’inflation était la pénurie, et non la planche à billets. Rien à voir avec la situation actuelle de surproduction !
Le quidam : — En tout cas, il y aurait des sanctions économiques de la part des autres pays…
Jopetro : — Actuellement, en l’absence de ces sanctions, il y a, d’une part, plus de 3 millions de chômeurs, un millions de RMIstes et de plus en plus de SDF. Et d’autre part, il y a surproduction. Tandis qu’avec l’argent créé par le gouvernement, les 5 à 6 millions de pauvres pourraient acheter la surproduction … ce qui du même coup résorberait le chômage. Donc, et ce malgré un blocus économique, la situation pour le pays ne pourrait être que meilleure ! On n’a rien à y perdre et tout à y gagner !
Le quidam : — Mais maintenant tout est mondial, on ne peut plus vivre en autarcie !
Jopetro : — Imagine un peu ce qu’on produirait si l’on supprimait jachères et quotas, et si tous les chômeurs travaillaient à plein temps dans l’industrie… il y a déjà surproduction ! Quant à ton truc mondial, les entreprises des autres pays peuvent très bien continuer à avoir des échanges commerciaux avec nous (quitte à désobéir à leurs gouvernements respectifs) car les capitalistes, justement, n’ont pas de patrie.
Le quidam : — Mais enfin, est-ce qu’un blocus ne pourrait pas nous faire manquer de certains matières premières ?
Jopetro : — Demande donc aux RMIstes et aux SDF si, déjà, ils ne manquent pas de certaines matières premières ?
Le quidam : — Mais les financiers sont très puissants ! On ne peut tout de même pas les affronter comme ça !
Jopetro : — Ils sont très puissants tant que nous dépendons d’eux pour obtenir des crédits. On peut les affronter en décidant que leur monnaie n’a plus cours légal chez nous !
Le quidam : — Et si ils arrivaient à pousser un autre pays à nous déclarer la guerre ?
Jopetro : — Ceci n’est qu’une hypothèse, alors que si ça continue comme ça, il y aura une guerre et ça c’est une certitude ! Alors, guerre pour guerre…
Le quidam : — Oui, mais on ne peut quand même pas nier que les capitaux fuiraient. Et ça, c’est embêtant, on l’a bien vu avec Mitterrand en 81 !
Jopetro : — A cette époque, Mitterrand aurait dû avoir le courage de créer sa propre monnaie. Qu’est-ce que ça peut bien faire que les capitaux fuient, à partir du moment où on décide que ces capitaux-là ne valent plus rien et que c’est notre monnaie qui vaut quelque chose ?
Le quidam : — Mais ça provoquerait un krach boursier épouvantable !
Jopetro : — Tant mieux ! Crevons la bulle spéculative une bonne fois pour toutes !
Le quidam : — Mais un chef d’État ne peut pas prendre seul une telle décision : il lui faut l’appui de la population, à la base !
Jopetro : — Donc, tu vois ce qu’il te reste à faire !
Le quidam : — Oui, mais quand même…
Jopetro : — Quand même quoi ? Hier tu étais persuadé que c’est le gouvernement qui crée la monnaie, et maintenant tu me dis que ce n’est pas possible… Alors ce que tu croyais tout à l’heure, tu penses maintenant que ce n’est pas possible ?

