Abondance de richesses

Publication : 25 mai 1939
Mise en ligne : 8 avril 2008

 Au Maroc

« Cent mille hectares de bonne terre arrosés qui vont dégorger leur richesse au soleil d’Afrique grâce à un grand programme de travaux hydrauliques au Maroc. Voilà ce qui se fait, voilà ce qui se prépare là-bas. Et toute cette activité, toute cette confiance dans l’avenir, tout ce labeur et toute cette foi, n’est-ce pas le spectacle le plus réconfortant ? »

Ainsi s’exprime M. Georges Roux dans la « Journée Industrielle » du 27-1-39. Nous voudrions partager cet enthousiasme mais le souvenir de la misère des malheureux fellahs tunisiens émigrant vers le sud par manque de travail nous en empêche. Jadis ces fellahs vivaient mal, mais mangeaient car ils participaient tous à la culture du blé. Actuellement, les immenses fermes outillées admirablement produisent des récoltes magnifiques avec un nombre de fellahs insignifiant.

Ceux qui travaillent dans ces fermes ont un sort qui n’est guère meilleur que celui dont ils jouissaient avant-guerre, mais les milliers qui n’ont plus de travail n’ont d’autres ressources que la fuite vers les déserts du sud. Là comme en France, et comme partout, certains ont trop de produits qui ne peuvent pas vendre, d’autres n’ont rien et ne peuvent rien acheter.

À quoi bon produire des richesses inouïes si le régime s’avère incapable d’en faire profiter les masses indigènes. À quoi bon cet enthousiasme lorsque l’expérience de ces dernières années nous apprend que la richesse en produits croit en même temps que la richesse individuelle, et que nous sommes certains d’avance que les producteurs seront ruinés et désillusionné parce qu’ils ne pourront pas vendre leurs produits.

 Une mine inépuisable de magnésium : l’eau de mer

On sait que des usines nippones ont entrepris avec succès de retirer le magnésium (métal léger dont les utilisations industrielles se développent rapidement) du chlorure de magnésium contenu dans l’eau de mer.

Imitant les chimistes nippons, ceux d’une grande firme italienne (Montecatini) viennent entreprendre cette fabrication à Novara. La méthode permet d’obtenir aussi des sels de potassium servant d’engrais.

 La cellule photo-électrique et les travaux ruraux

L’opération du sarclage et celle du binage semblaient bien devoir échapper à la mécanisation, car l’œil humain seul peut distinguer la plante cultivée des plantes adventices qu’ils s’agit de détruire : la photo-électrique pourra cependant jouer ce rôle pour certaines plantes, comme la betterave dont les feuilles ont une teinte très différente de celles des plantes parasites qui l’entourent généralement.

Une maison française présentait, au dernier concours agricole une « machine à sarcler » basée sur ce principe et dont l’emploi généralisé pourrait, chaque année, économiser des millions d’heures de travail, la betterave sucrière exigeant, en effet, trois sarclages ou binages par an.

La pièce travaillante consiste en un disque muni de dents coupantes pouvant rentrer ou sortir. Ce mécanisme est mis en marche par le circuit, lui-même actionné par la cellule photo-électrique qui l’interrompt, lorsque agit sur elle la lumière, colorée par le vert très caractéristique de la feuille de betterave.

L’ingénieur agricole français qui a inventé cet appareil se propose de l’adapter à diverses cultures coloniales.

 La recherche de l’Abondance

Un congrès européen des éleveurs de moutons va se réunir pour la première fois à Bruxelles les 15 et 16 juin.

Son but est d’étudier les meilleures mesures à envisager pour l’amélioration de l’élevage, pour lutter contre les maladies du cheptel ovin et afin d’étudier le perfectionnement et l’utilisation de ses produits, spécialement de la laine.

 Les tomates marocaines

Les nécessités de notre régime mercantile obligent les différents producteurs à exécuter des exercices comptables véritablement acrobatiques. Témoin cette partie du rapport concernant « l’harmonisation du contingent des tomates » et extraite du « Plan quinquennal des contingents marocains de fruits et primeurs » paru dans la « Vigie Marocaine » du 15 mai 1939.

Il est dit que le nombre de colis fixé pour l’harmonisation (sic) est en principe fixé à 35.000. ce chiffre sera majoré de 5.000 lorsque le cours moyen des tomates du Maroc aux Halles Centrales de Paris dépassera 450 francs. Il sera majoré d’une nouvelle tranche de 5.000 lorsque le cours dépassera 500 fr. et ainsi de suite.

Inversement, au-dessous du cours de 400 francs, le chiffre de l’harmonisation sera réduit de 5.000 colis par tranche de 50 francs avec arrêt des exportations vers la France si le cours tombe, au-dessous de 300 francs.

Dans ce dernier cas, il est probable que les producteurs marocains iront assaillir le gouvernement pour obtenir le rachat de leurs stocks.

Toujours la même chose, nous paierons collectivement ce que nous pourrons acheter individuellement.

 Considération sur le rôle et l’évolution de l’industrie électrique en France et dans le monde

Congrès international des ingénieurs à Glascow, du 21 au 24 janvier 1938

Production total d’énergie électrique dans le monde a été évaluée à : 310 milliards de kws pour 1929 ; 450 milliards de kws pour 1937.

Progression au cours des huit dernières années a été de 44%, alors que cette période correspond précisément à la crise économique la plus forte qu’on ait enregistrée.

Si la progression actuelle se maintient, on arrivera à 1000 milliards de kws en 1950.

Électricité, n°52, janvier 1939.

 Abondance d’économies !

Dans L’Abondance du 24 janvier 1938, nous recensions 10 sortes d’économies, savoir : L’économie libérale, l’économie disciplinée, l’économie totalitaire l’économie corporative, l’économie dirigée, l’économie contrôlée, l’économie articulée, l’économie ordonnée, l’économie comprimée, l’économie orientée, toutes brevetées par leurs auteurs.

Nous posions la question. Qui trouvera mieux !

C’est M. Étienne Fougère qui a trouvé mieux en développant devant l’assemblée générale de la Ligue du Libre Échange les bienfaits de l’économie aérée.

Aérée, soit, mais gare aux courants d’air.

 Du coton artificiel

On signale à Budapest qu’un chimiste hongrois a découvert un moyen de fabriquer du coton artificiel avec l’écorce et les bois des mûriers.

 La baisse du prix de la lumière

L’électricité nous fournit aujourd’hui la lumière à un prix 25 fois moindre qu’en 1900 et 100 fois moindre qu’en 1890.

 La hantise de l’Abondance

La Bourse du Commerce se montre réservée, les affaires sont calmes. Le retour du beau temps remplit d’appréhension les courtiers. En effet, sur le sol humide et bien pourvu de réserves d’eau, les effets du soleil chaud, dont nous bénéficions depuis plusieurs jours, sont particulièrement favorables. La végétation prend un rapide départ et les apparences des récoltes sont généralement très belles. Les ensemencements ayant été augmentés et les risques de gelées ayant maintenant disparu, on peut prévoir une récolte abondante. Des stocks importants subsistant, les marchés ne peuvent que s’en trouver déprimés.


Brèves

8 janvier - Livre "Économie distributive de l’abondance" au format ePub.

Le livre "Économie distributive de l’abondance" de Jacques Duboin est désormais disponible au (...)

1er janvier - "Libération" au Format ePub

Mise à jour des fichiers ePub et PDF des livres disponibles sur notre site, de Jacques Duboin et (...)

12 avril 2019 - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.