C’est le moment !

par  É. GOUJOT
Publication : juillet 2005
Mise en ligne : 17 janvier 2006

Premier à prendre de l’initiative après le non au référendum, un lecteur de Lorraine lance un appel aux bonnes volontés pour démarcher les politiques :

Depuis les débats au sujet du référendum, de plus en plus de personnes s’ouvrent, recherchent, critiquent. Beaucoup vont sauter au plafond en entendant parler d’économie distributive. Ceux qui osent dépasser leurs peurs du changement et sortir de leurs habitudes, vont arrêter de se désespérer à cause de leur croyance selon laquelle le capitalisme néo-libéral serait une fatalité. Alors, pour nous, distributistes, n’est-ce pas le moment de dépasser la peur du politique qui récupère à son profit ? Je vous invite donc tous à vous joindre à moi dans la rencontre des femmes et hommes politiques.

J’ai cru comprendre que jusqu’à maintenant, il fallait se protéger des politiques qui, jusque là, ont eu tendance à dénaturer bon nombre d’idées et mesures et de les retourner à leur profit ou à celui de leurs amis. Un bon exemple est la récupération par les propriétaires immobiliers de l’extension des aides au logement à tous les étudiants (en les rendant disponibles sans condition de ressource) dans les années 1992-95 : les loyers ont été aussitôt augmentés du montant des aides attribuées par les propriétaires ! Sans gène, ceux-ci expliquaient aux étudiants qu’ils ne payeraient pas plus cher... et ils ont ainsi récupéré l’intégralité de “l’avancée sociale” (si on peut dire que c’en était vraiment une). C’était d’autant plus facile que les solutions tentées étaient souvent compartimentées et qu’on restait dans le “marché” et la recherche de profit.

La force de notre proposition d’économie distributive (ED) est de supprimer le profit financier. Et l’argument de la fuite de capitaux qu’elle entraînerait, argument utilisé pour affirmer qu’on ne peut pas s’attaquer au capital, est sans effet puisqu’il s’agit de changer de monnaie ! Donc le jour où un président est élu sur un programme incluant l’ED, il lui suffit, grâce à la légitimité démocratique, de décider, à l’intérieur de ses frontières, de tous les process de fabrication, tant de la monnaie que de toute autre production. Personnellement, cette vision me donne des ailes pour envisager une transition rapide.

D’autant que « l’anesthésie ne fait plus effet », selon les termes de l’UDF André Rossinot, le soir du 29 mai 05, nous sommes de plus en plus nombreux à réagir ! La preuve en est que, pour la première fois, le dénombrement effectué par la Préfecture de Police a été supérieur à celui des organisateurs. C’était à propos du rassemblement au Larzac l’été 2003 : les organisateurs estimaient que s’il y avait 60.000 participants, ce serait à succès. Sur place et dans les médias, les chiffres oscillaient entre 150.000 et 200.000. Et tout cela était largement sous-estimé : le devant de la scène principale accueillit à lui tout seul 300.000 personnes [10 ha à 3 personnes au m2], de sorte que la préfecture a calculé qu’il y avait 400.000 personnes ! Si en 1999, quelqu’un avait envisagé un tel rassemblement, il aurait été traité de complètement fou, d’inconscient, de dangereux utopique. Quelle démonstration de renaissance d’une force tranquille !

S’il a été possible de duper les populations lors de la mise en place du socialisme en Russie, s’il a été possible à Bush de réussir un coup d’État il y a 4 ans (Voir à ce sujet le film Fahrenheit 9/11), il n’a pas été possible à MM. Chirac, Hollande, et VGE de nous imposer leur projet de traité de Constitution européenne. En Europe, la Démocratie (re)prend le dessus !

En France, avec la claque que s’est prise le PS, on peut s’attendre à ce que nombre de militants et responsables osent regarder les problèmes à leurs racines et s’ouvrent aux propositions de l’ED. J’en ai la preuve, puisqu’à ce jour, j’ai déjà trois présentations à des équipes PS (locales et départementales) de Meurthe-et-Moselle qui sont planifiées. On peut même s’attendre à ce que des UMPistes qui désirent vraiment vivre leur humanisme prennent de la distance vis-à-vis de l’idéologie de la croissance et j’ai des contacts intéressants dans l’UMP lorraine. Et ça devrait être encore plus facile dans certains pays comme la Belgique ou le Canada...

Je pense que c’est le moment d’aller à la rencontre des femmes et hommes politiques. Je lance un appel aux lecteurs de la Grande Relève pour que les volontaires se regroupent. S’aider dans la réalisation de documents de démarchage, s’informer des contacts et avancées, s’appuyer les uns sur les autres... Quelqu’un pourrait-il mettre en place un site forum sur ce sujet ? Dans un premier temps, je vous invite à me contacter.


Brèves

12 avril - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.