Contre les exportations d’armement

par  M.-L. DUBOIN
Publication : avril 1980
Mise en ligne : 24 septembre 2008

Edmond Kaiser, fondateur de « Terre des Hommes
 », a fait du 24 décembre au 11 janvier derniers une grève
de la faim contre les exportations d’armes de la Suisse.
Marco Panella et Emma Bonino, députés européens,
ont restreint, depuis le 1er janvier, à 700 calories par jour
leur consommation alimentaire pour obtenir la multiplication par 5 du
budget de la Communauté Européenne affecté au développement
du Tiers-Monde.
Jean-Louis Vidal a commencé le 28 janvier une grève de
la faim dans, explique-t-il, « le but d’alerter les Françaises
et les Français des profits et des massacres » dont sont
responsables nos exportations d’armes. La France, qu’on dit terre d’accueil,
est le premier exportateur d’armes du monde, par habitant. Ces actions,
ajoute-t-il, en Suisse, en Italie, en France doivent mettre l’opinion
face à la responsabilité qui incombe à chaque individu
 : les dépenses mondiales en armement sont 2 700 fois plus élevées
que celles destinées au maintien de la paix. Il demande à
tous de soutenir son action en écrivant dans le même sens
que lui au Chef de l’Etat. Voici des extraits de sa lettre dans laquelle
il demande que toute information relative au commerce des armes soit
diffusée (ce qui nécessite l’abolition d’une circulaire
de R. Galley de mars 1974) et que soit élaborée la planification
relative à la reconversion des industries d’armements :
« Nous progressons socialement, en partie, grâce à
la quantité d’armes que la France peut vendre, à leur
qualité et à leur précision. Notre « qualité
de la vie » est fonction, en partie, du nombre de massacrés
que lu France peut nous offrir... Et nous marions allègrement
l’honneur de la France... avec son potentiel d’horreurs.
...Devons-nous continuer à être complices des massacreurs
 ?
Si ce n’est pas nous qui en vendons, d’autres en vendront à notre
place ? Ainsi raisonnaient les marchands d’esclaves ! ».

Chaque voix qui s’élève peut sauver une
vie, conclut J.-L. Vidal.