Coopérations mondiales

Réfléxions
par  F. CHATEL
Publication : septembre 2022
Mise en ligne : 10 janvier 2023

Après une réflexion de Guy Evrard envisageant des solutions locales, François Chatel quant à lui tend à imaginer des solutions à grande échelle. L’état écologique de notre planète de par la pollution et l’exploitation irraisonnée des ressources, l’état économique et social des nations soumises au diktat du marché capitaliste, lui inspirent colère et dégoût. Il rêve d’un monde coopératif, ou les nations se reconnaissent et s’entraident, afin d’établir et maintenir une économie distributive de l’abondance.

 Nous vivons selon une arnaque

Chaque habitant humain de cette planète pourrait vivre en sécurité alimentaire et matérielle car l’humanité a atteint potentiellement le niveau d’abondance. Un partage correct des richesses et des ressources en permettrait aisément la réalisation. Le bénéfice de cette situation possible serait, pour chaque individu ou nation, d’envisager l’ouverture à d’autres besoins, culturels et sociaux qui conduiraient inévitablement à la coopération afin d’accéder au savoir-faire, à la reconnaissance, à l’estime.

Cependant, afin de se préserver le pouvoir, certains individus (à peine 1% de la population) s’escriment à maintenir artificiellement la rareté, le manque, les différences sociales au sein des nations et du monde, la soumission des populations en utilisant la propagande, la peur, le mensonge, la répression policière et militaire et utilisent les moyens offerts par le régime économique capitaliste imposé, pour maintenir l’exploitation des êtres humains et des nations.

Ces possédants, bien que peu nombreux, ont tous loisirs et moyens pour organiser un monde favorable à leurs intérêts. Leurs stratégies favorites, car efficaces, consistent à maintenir la peur et le manque au sein des populations, tout en parvenant à leur instaurer un complexe d’infériorité et d’incompétence. La soumission de celles-ci, le recours à de soi-disant élites, favorisent ainsi la prise de mesures totalitaires sous le prétexte de la nécessité. Ainsi, ces derniers temps, l’utilisation de l’épidémie et de la guerre occupe une place de choix dans les moyens permettant de parvenir à canaliser et utiliser l’angoisse générale pour leur garantir le pouvoir. La menace réelle ou irréelle conduit les populations à s’en remettre à une autorité et à obéir aux solutions imposées par celle-ci même si elles sont absurdes, frauduleuses et nuisibles. Le conditionnement est tel, que ceux qui tentent par lucidité d’alerter du danger de la tractation malhonnête, se retrouvent considérés comme des parasites, voire des terroristes.

Aujourd’hui, l’immense majorité des humains ne connaît pas les conditions d’existence qui seraient légitimes compte tenu des possibilités actuelles. Et chacun n’a qu’une vie et bien courte. Chacun est plongé dans un immense mensonge divulgué par une armée de lobbyistes, à la solde des possédants, qui sont partout. Dans les gouvernements et les partis politiques, parmi les experts et l’élite industrielle et financière, parmi les cadres dirigeants, bons petits soldats aux doigts sur la couture du pantalon, ils sont utilisés pour maintenir la peur, l’infantilisme et promouvoir la confiance envers les bergers.

À cause de ces stratégies abjectes de dominance, nous sommes conditionnés à vivre des existences tronquées, appauvries, désuètes et il n’existe pas de deuxième essai.

 Les nations comme les individus

Au même titre que l’individu dirigé par une éducation à l’individualisme, à la compétition entre tous, à la poursuite de son propre intérêt, à la réussite matérialiste, à la consommation frénétique, les nations obéissent aux mêmes règles éducatives prônées par le capitalisme. Par exemple, nous avons tous pu constater le manque de coopération général des nations au cours de la pandémie de Covid-19 où s’est manifesté un chacun pour soi infantile et néfaste. Comme les individus au sein de l’abjecte système capitaliste, nous trouvons une disparité totalement insupportable entre les nations, certaines revendiquant la suprématie et se battant entre elles pour l’obtenir ou se l’assurer, sur d’autres réduites à l’exploitation, colonisées, ou carrément abandonnées. Et cette compétition ridicule produit un gâchis délirant, une pollution inouïe et des déchets incommensurables. Et ce "merdier" se poursuit, se répand, se déverse partout, infecte l’environnement, détruit la nature, pollue l’air, l’eau et la terre, telle une chiasse incontrôlable, impérieuse, dont la cause vient de cette maladie infectieuse qui a contaminé les cerveaux de ces fous furieux du pouvoir, qui dirigent la grande bouffe, et l’énorme défécation de ceux qui constituent le troupeau.

Image bien infantile qu’offre une humanité qui se conduit comme une bande de sales gosses irrespectueuse, qui considère la planète comme un terrain vague où tout est permis, qui épuisent les ressources dans des conflits permanents et des rapports de pouvoirs, qui s’exploitent les uns les autres sans aucun respect, et agissent selon un chacun pour soi imbécile. Il suffit de jeter un regard lucide sur cette élection présidentielle française pour, en extrapolant, se faire une idée de la situation absurde dans laquelle l’humanité se trouve. Cinq années ont passé avec les évènements que nous connaissons, pendant lesquelles les ombres du fascisme revenant ont assombri nos jours, et nous nous retrouvons au même point, avec les serviteurs des oligarques au pouvoir, adoubés par une extrême-droite servant d’épouvantail. Quiconque se pose pour réfléchir à la situation de l’humanité au sein de la planète ressent un malaise, se heurte immanquablement à cette lamentable organisation économique et politique inadaptée qui nous mène assurément à un grand "n’importe quoi", à une bêtise monumentale pour laquelle se perdent des coups de pied aux c.ls.

Au sein d’un système économique inepte, les politiques menées dans l’ensemble des territoires sont destinées à garantir les intérêts des oligarques et à inciter des empires à se quereller, à se menacer, à générer des conflits destructeurs hors de leurs frontières, dans l’objectif de s’accaparer leurs ressources et de tenir leurs peuples dans la peur, garantissant ainsi leur suprématie. Les gouvernements mis en place pour protéger les intérêts des puissants ont élaboré des constitutions qui leur garantissent les pouvoirs législatifs et exécutifs desquels les peuples sont évincés. Soumises par la peur et gavées de bouillies informationnelles propagandistes, les populations obéissent à des pouvoirs sous forme de monarchies, de démocraties représentatives, de partis uniques, d’aristocraties, de totalitarismes en tout genre. Cette situation en faveur de l’individualisme basée sur le mensonge et la force, et où se jouent les intérêts économiques, n’est pas favorable à la gestion correcte des problèmes sociaux et environnementaux planétaires qui nous atteignent. Les peuples quels qu’ils soient ne sont pas nos ennemis. Nos ennemis sont ceux qui se sont octroyés le pouvoir soit à notre insu, soit en nous manipulant.

N’y a-t-il vraiment aucune solution capable de modifier, révolutionner, les relations entre les peuples afin de résoudre efficacement les influences néfastes et destructrices que l’humanité inflige à son environnement et à elle-même  ? Nos capacités à la coopération, à la solidarité et à l’empathie sont-elles définitivement perdues  ? Le transhumanisme technico-industriel accompagné de la mainmise orwellienne sur les opinions, n’est-il que la seule issue envisagée par les tenants du pouvoir  ? Les peuples peuvent rester endormis et se laisser diriger sous hypnose vers un monde sous emprise technico-industrielle, ou choisir une voie commune, adopter une solution universelle qui offre une place prépondérante aux relations sociales, au partage équitable de l’abondance choisie, à la culture et l’expression artistique. La seconde direction ne pourra se concrétiser que par une véritable coopération entre les peuples.

 Et si nous osions

En cette période estivale, de vacances, de rencontres, de bons moments en famille ou entre amis, de laisser-aller, d’aspiration au bien-être, nous avons besoin de laisser les problèmes, les tracas, les conflits, loin derrière nous. Alors, balayons d’un revers de main ce cauchemar stupide, cette réalité absurde et morbide pour se proposer un rêve, un projet salvateur dont l’objectif n’a en fait rien d’utopique. Lançons-nous à imaginer une solution alternative convenable de partage mondial des ressources, qui permette une production et une consommation réglées sur les besoins propres à chaque nation, et un respect lucide de la planète et des êtres vivants qui nous accompagnent. Imaginons autre chose, une autre organisation du monde soutenue par l’Économie Distributive, le système adéquat pour envisager un avenir équilibré. Il s’agit de donner la priorité à des considérations favorables au bien-être des individus qui composent l’ensemble de l’humanité, formée de groupes sociaux divers, sous forme aujourd’hui de nations. Il s’agit de penser à une autre organisation de ces relations, basées sur la coopération, l’entraide, et le partage.

Si l’humanité veut trouver un équilibre qui satisfasse à la fois ses besoins et les exigences environnementales, certaines règles de gestion politico-économique sont indispensables. Mieux la coopération sera assurée, meilleurs seront les résultats productifs et sociaux, et ils seront bien mieux adaptés aux besoins actuels qu’un système prônant l’individualisme et la compétition. Les règles et recommandations qui vont permettre d’assurer et maximiser la réussite des coopérations ne seront pas décrites ici. Il suffit de consulter l’article de Jean-Michel Cornu [1] consacré à la coopération entre individus, qui les énumère en s’appuyant sur une forte expérience.

Ces règles qui régissent une "bonne" coopération entre individus sont transposables et applicables en grande partie aux relations entre nations. Elles sont à même de garantir l’objectif principal qui est la gestion globale des ressources disponibles, des productions d’énergie, des biens et des services, afin de réaliser un partage suivant les besoins exprimés et actualisés en temps réel grâce aux moyens informatiques dont nous pouvons disposer aujourd’hui.

Dans cette entreprise de gestion des communs [2], chaque nation possède son autonomie politique interne et ses règles élaborées par l’ensemble des citoyens. De cette façon, chacune va pouvoir gérer ses engagements de production et son plan de consommation. Il n’existe pas de gouvernement mondial, mais seulement une administration gestionnaire des besoins émis, du respect des contrats, des moyens de partage, de l’application des règles globales décidées en conseil des nations, de la gestion des litiges, etc.

L’élément primordial qui fait la supériorité de la coopération sur la compétition réside dans l’existence d’un élément économique essentiel qu’on peut appeler "abondance". Au sein d’un régime de rareté, la compétition s’avère probable et nécessite une autorité suprême pour la dompter. Quand l’abondance est atteinte, le capitalisme mène au productivisme et au consumérisme, donc au pillage des ressources. Il est incapable de réaliser un partage équitable de l’abondance. C’est la coopération, basée sur la réciprocité, qui permet alors une juste répartition d’une production raisonnée. L’humanité étant parvenue aujourd’hui à atteindre le potentiel de l’abondance, aucun obstacle empêche le recours à la coopération entre nations, pour gérer celle-ci et établir une juste répartition.

Des conditions politiques et économiques appropriées sont nécessaires pour que chaque nation se sente suffisamment en confiance, suffisamment autonome et reconnue par l’ensemble de l’humanité, pour se lancer dans la coopération. L’humanité mondialisée dans laquelle vit toute nation, doit lui fournir les moyens de vivre libre, et d’acquérir, par son activité personnelle, le savoir-faire, la reconnaissance, le prestige, voire la renommée. Bref, de parvenir à la réalisation de son autonomie intellectuelle, d’évoluer à sa guise en fonction de ses racines et de ses besoins. En d’autres termes d’être reconnu, d’exister dans son individualité propre. Dans cet échange, dans ces dons réciproques, non quantifiables, non "marchands", chaque nation éprouve sa singularité et découvre l’estime de soi.

Axelrod écrit  : «   [3]  » Il démontre qu’une fois installée, la stratégie "tit for tat" [4] ne peut pas être battue  : être méchant peut d’abord sembler prometteur, mais, sur la durée, ce comportement détruit la relation qui lui permettrait de réussir.

Cette étude montre que plongé dans un milieu où les relations sont suivies, l’être humain est porté à coopérer. Qu’est-ce qui empêcherait une nation de réagir de même  ? Même en supposant que seul l’intérêt personnel est recherché, il n’empêche que pour optimiser un projet, la coopération s’avère la stratégie la plus favorable. «  Il y a incontestablement chez Homo sapiens […] une aptitude exceptionnelle à la coopération, bien au-delà de la parenté et du groupe d’appartenance. […] S’il devait y avoir un seul principe dominant représentant la nature humaine dans cette argumentation, ce devrait être le plus certainement la coopération  » [5].

Vouloir toutes les chances de réussite à une nouvelle société, s’assurer de la coopération de tous, c’est donc satisfaire ces estime, reconnaissance et renommée, acquises par les relations de chaque nation au sein du(des) groupe(s) international(aux) au(x)quel(s) elle aura choisi d’appartenir, pour mener à bien un ou des projets. Chacune sera poussée à la coopération, non par contrainte, mais parce que son intérêt propre rejoint l’intérêt du (ou des) groupe(s).

Grâce à un environnement d’abondance, une économie du don s’avère possible et provoque des mécanismes d’échanges collectifs destinés à durer. L’abondance signifie que les nations ont résolu leurs besoins de sécurité et qu’ainsi elles peuvent rechercher autre chose, comme la reconnaissance. Les sociétés ancestrales pratiquaient l’économie du don, du fait que l’abondance venait d’une nature providentielle, alors qu’elle sera demain la conséquence de la réussite de l’organisation sociale.

L’abondance doit être préservée et bien répartie pour éviter le retour à une économie de consommation.

Si la coopération apporte des avantages incontestables au niveau productif, créatif et social, il existe néanmoins certaines contraintes qui s’avèrent difficilement compatibles avec la gestion coopérative  : lorsque l’environnement ne permet pas l’abondance, lorsque l’on attend absolument certains résultats précis définis à l’avance, et lorsque les délais sont courts.

La reconnaissance est un moyen très efficace pour attirer la coopération des autres dans les projets qui sont proposés. Elle satisfait ce besoin que nous avons tous. Elle permet d’acquérir l’estime qui ouvre à l’augmentation des moyens mis à disposition pour mener les projets, en attirant d’autres partenaires nationaux et collaborateurs individuels. L’estime est obtenue pendant le déroulement du projet, et permet à la nation qui la reçoit de continuer à agir en attirant plus facilement encore la coopération des autres.

Ainsi, la reconnaissance permet d’obtenir ce qu’une entreprise dans l’économie d’échange recherche grâce à son budget marketing ou communication.

Par contre, la reconnaissance ne s’obtient pas aussi vite que sa première paye, ce qui explique qu’une économie du don marche d’autant mieux que les acteurs ont déjà résolu leurs besoins vitaux et peuvent se concentrer sur d’autres besoins moins urgents (besoin de reconnaissance, plaisir, acquisition de savoir-faire, faciliter la coopération des autres dans des projets futurs...).

Dans les projets coopératifs, le plaisir n’est plus apporté indirectement par l’acquisition de gains financiers, mais directement par le projet lui-même, par l’exercice d’une compétence, d’une passion, d’une vocation. Il agit comme un moteur qui va susciter et décupler la force d’implication, clés de la réussite de tout projet.

Au sein de ce mouvement coopératif sur la base du don réciproque, la nation autonome a conscience de son intérêt et de ses besoins envers l’humanité, alors que celle-ci connaît son intérêt et ses besoins envers toute nation pour maintenir sa situation et même l’améliorer. Ce qui peut se traduire par  : être autant que possible utile aux autres pour l’unique et bonne raison d’être le plus utile à soi.

La conciliation de l’intérêt individuel et collectif est favorisée par la mise en place d’une communauté (l’humanité) qui incite les interactions multiples entre les membres (les nations).

L’économie du don réciproque demande des rapports sociaux élaborés basés sur l’égalité, la reconnaissance et l’estime. La confiance, la connaissance des partenaires, de leurs besoins et de leurs capacités guide le don. On ne demande pas une contrepartie, c’est toute la liberté des rapports sociaux structurés par le sentiment d’appartenance à une communauté, et par les convenances élaborées au sein de celle-ci. Le sentiment d’appartenance et l’existence de particularités spécifiques au groupe sont indispensables pour qu’une communauté existe. Mais elle ne peut s’enrichir qu’en restant ouverte sur l’extérieur, sur la remise en question, pour son évolution.

Rappelons que l’engagement et la participation à la coopération doivent être libres, d’où l’abandon de tout pouvoir coercitif de quelques nations en raison, comme aujourd’hui, de puissances militaires, économiques ou financières.

 Un rêve dans l’éveil

En cette période de vacances estivales où le besoin d’évasion se fait pressante, j’espère que ce petit voyage en imagination vous a fait du bien, surtout quand un tel rêve pourrait assez facilement devenir réalité. Question de volonté, aidée par des conditions favorables pour aboutir à une mise en action de cette grande majorité soumise, qui doit enfin considérer ses chaînes avec mépris et révolte. Il est grand temps que les peuples reprennent la direction de leur présent et de leur avenir en écrivant ces constitutions protectrices qui empêcheront toute possibilité de prise de pouvoir par un individu ou une cohorte. Cette coopération que cet article appelle de ses vœux, n’est pas quelque rêve pieux mais correspond à une nécessité présente si l’humanité veut sauver ce qui peut l’être encore. Autant pour ce qui constitue son environnement vital que pour la qualité de sa mentalité, afin de prouver qu’elle a sa place au sein de la biodiversité sur cette planète.


[1Jean-Michel Cornu, "La coopération, nouvelles approches", version 1.2, http://cornu.viabloga.com/texts/cooperation

[2Voir François Chatel, dossier Les communs, La Grande Relève N°1209, https://www.economiedistributive.fr/Les-communs

[3La coopération basée sur la réciprocité peut démarrer dans un monde majoritairement non coopératif, elle peut se développer dans un environnement complexe et elle peut se défendre elle-même une fois qu’elle s’est répandue.

[4Le principe "tit for tat" est une stratégie de théorie du jeu ans laquelle chaque participant imite l’action de son adversaire après avoir coopéré au premier tour. Elle souligne que la coopération entre les participants produit un résultat plus favorable qu’une stratégie non coopérative.

[5Joël Candau, "Pourquoi coopérer  ?", Université de Nice Sophia Antipolis. Laboratoire d’anthropologie et de sociologie. Mémoire, Identité et Cognition sociale. (Lasmic)


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