Croissance et progrès techniques

par  J.-P. MON
Publication : octobre 1977
Mise en ligne : 21 mars 2008

LES pays occidentaux, et plus généralement les pays industrialisés, sont secoués par une crise économique dont la durée inhabituelle est sans commune mesure avec celle des « récessions conjoncturelles » qui frappent périodiquement le monde capitaliste : inflation, augmentation continue du chômage, surproduction agricole, ralentissement de la production industrielle sont devenus le souci majeur des gouvernants en place et de ceux qui aspirent à leur succéder.
Pour assurer un impossible et illusoire plein emploi, les uns et les autres, suivant leurs options politiques, préconisent une croissance forte, une croissance modérée, une nouvelle croissance, voire même une croissance nulle. Et, avec un manque d’imagination consternant, les uns et les autres ressortent des oubliettes les vieux remèdes qui depuis longtemps ont fait la preuve de leur inefficacité. Cela va de la surtaxation de certains produits agricoles (lait, matières grasses...) dont la production est jugée excédentaire (pays membres de la Communauté Economique Européenne), à l’idée de pénaliser les entreprises qui mettraient en service des machines éliminant la main d’oeuvre (C.F.D.T.), en passant par le retour à la terre et à la nature prôné par certains écologistes (comme Pétain !) ou au développement du travail manuel cher au sous-ministre STOLERU. Tous feignent d’ignorer que les mouvement économiques dépendent presque uniquement du développement scientifique et technique, et non des phénomènes monétaires.
Tout montre en fait que l’économie mondiale se trouve à la fin d’une phase ascendante du cycle de KONDRATIEV. (Kondratiev est un économiste russe né à la fin du siècle dernier qui a constaté que le développement de l’économie se faisait en suivant des oscillations lentes d’une durée de vingt-cinq à trente-cinq ans correspondant à des phases de croissance suivies par des phases de décroissance).
L’économiste autrichien SCHUMPETER (mort en 1950) a montré que les phases ascendantes du cycle de KONDRATIEV correspondaient à l’apparition et à l’utilisation intensive d’une ou plusieurs techniques majeures. Il a schématisé ce phénomène sur le graphique suivant :

Impact des principaux progrès techniques sur l’économie (SCHUMPETER)

Nous voyons que les diverses phases ascendantes correspondent successivement au développement de la sidérurgie et du textile, du chemin de fer, de l’électricité et enfin du pétrole et de l’automobile.
Tout semble donc indiquer que nous nous trouvons à la fin de la phase ascendante impulsée par le développement de l’automobile et de l’industrie pétrolière. On peut penser que le «  grippage » du système économique en ce point du cycle est dû à une augmentation insuffisante du niveau de la productivité (qui pourtant n’a fait que croître depuis 1947) et qu’une nouvelle phase ascendante ne prendra naissance qu’en s’appuyant sur de nouveaux progrès techniques.
Il est très vraisemblable, comme le montrent de nombreux indices, que les techniques qui amorceront le nouveau cycle de croissance seront essentiellement les télécommunications et l’informatique, toutes deux dépendant des progrès fulgurants réalisés par l’électronique et la microélectronique.

Parallèlement aux efforts que nous faisons pour promouvoir une économie correspondant aux besoins des hommes, il nous paraît nécessaire de présenter à nos lecteurs quelques-uns des aspects des nouvelles techniques qui vont rapidement révolutionner notre vie quotidienne. C’est ce que nous allons entreprendre dans nos prochains numéros sous la rubrique « SCIENCES et TECHNIQUES ».


Brèves

12 avril 2019 - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.