Droit au travail « utile »

Publication : juin 1980
Mise en ligne : 6 octobre 2008

« Je veux faire comprendre à mes concitoyens que science
sans conscience n’est que ruine de notre bon sens » écrit
Serge LEVILLAYER qui veut opposer sa grève de la faim, entre
le 1er et le 12 juillet, devant l’arsenal de Cherbourg, aux projets
de fabrication de sous-marins atomiques.
Voilà un acte courageux que nos lecteurs de la région
viendront soutenir non sans rappeler que la fabrication d’engins de
mort durera tant que règnera la loi du marché.
Une confirmation de cette analyse a été récemment
publiée par Jacques MADAULE (il y vient ?) :

- Le Monde (du 28 février 1980)

« Nous voici au commencement d’une nouvelle phase particulièrement
virulente de la course aux armements. Mais on y parait résigné.
Tout au plus se dispute-t-on sur l’identité de ceux qui ont commencé.
Il faut se rendre à l’évidence : tout le monde s’y -t
iris ! C’est que le mal est beaucoup plus profond que les pacifistes
d’autrefois ne l’imaginaient. Ce ne sont pas quelques états-majors
de va-t-en-guerre qui ont déclenché le mouvement. C’est
la force des choses. Par là j’entends la dynamique propre à
notre système industriel, productiviste et gaspilleur. Il est
aussi difficile, dans ce contexte, d’arrêter la course aux armements
qu’il le serait de limiter la production automobile et pour des raisons
en grande partie analogues : parce que le chômage en serait terriblement
aggravé et la balance commerciale des pays industrialisés
rendue encore plus déficitaire.
... La course aux armements est inscrite dans la logique d’un système
de production intensive qui est commun à l’Est et à l’Ouest.
... Il est vrai que ce n’est pas un problème national, mais un
problème mondial, un problème humain. Tous les hommes
d’aujourd’hui, quelle que soit leur langue, sont parfaitement capables
de comprendre comment il se pose. Il y a longtemps que les savants du
groupe de Pugwash l’ont fort bien posé. J’ai l’impression de
n’aligner ici que de triviales évidences. D’où, vient
donc qu’elles ne s’imposent pas et qu’on leur oppose avec superbe et
sur un ton sans réplique des nécessités devant
lesquelles il faut s’incliner sans murmure ?
C’est parce qu’on ne veut pas mettre en question le système industriel
qui nous régit depuis quelques siècles, comme s’il était
immuable et irremplaçable. Or, aucun régime n’est immortel,
pas même celui-ci... »

(Transmis par René MARLIN)