« L’an 2000 »

Scénario (Synopsis développé)
Publication : avril 1986
Mise en ligne : 23 juin 2009

Genre : Fiction
Personnages
Yves, 30 ans - responsable d’une « crêche/garderie »
- Toulouse - apparait dans la 1ere séquence, entouré d’enfants
dont il s’occupe - Jeux et visite des parents.
Marc : 40 ans - responsable d’une estive en montagne - Pyrénées
- apparait dans la 2e séquence, en zone d’estive, dans ses activités
quotidiennes avec les animaux et les systèmes de communications
modernes qui changent la situation d’isolement de la montagne.
Edith : 20 ans - agent d’estive en montagne - travail avec Marc - joue
de la guitare en toutes circonstances.
Anaïs : 40 ans - architecte - Paris - apparait dans la 3e séquence,
dans son atelier encombré de maquettes. Elle travaille sur un
ordinateur tridimensionnel pour générer les visions grandeur
nature de ses maquettes. Réception d’un client.
Martin Ocent : 70 ans - inventeur - Lyon - apparait dans la 4e séquence
chez lui. Martin Ocent est un personnage mythique dont l’histoire a
retenu le nom : c’est lui qui fit basculer la conscience planétaire,
vingt ans plus tôt, en inventant son fameux « colt »
à transformer toute matière en billes d’or. La partie
la plus étonnante de son histoire reste la transformation irréversible
et inattendue, des mentalités humaines qui, en quinze ans, grâce
à la prise de conscience du rôle de la monnaie, provoquée
par son invention et l’écho qu’en ont donné les médias,
ont épousé consciemment le point de vue de l’économie
distributive.
Claire : 30 ans - agent de santé - Joinville - apparait dans
la 5e séquence sur une barque flottant au fil de l’eau d’une
rivière large et paisible avant de rejoindre en vélo le
centre médical « Santé connexion ». Elle y
retrouve son groupe de travail avec lequel elle fait une séance
de relaxation.
Pierre : 50 ans - travail à l’atelier récupvidéo
de Strasbourg. Il apparait dans la 6e séquence aux prises avec
un client qui cherche du matériel d’occasion (voir exemple de
séquence).
Max : 25 ans - convoyeur passageur minibus - Paris - Apparait dans la
7e séquence dans ses activités centre ville banlieue,
ainsi qu’autour de son quartier général « le Central
Taxi Chaud ». C’est là qu’il rencontre un ami revenant
de Chine. Cela lui donne des envies de voyage.

8e séquence et suivantes : Max consulte l’écran
« festivals informations » dans le hall du Central taxi
chaud. « Carnaval de Venise » voilà ce qu’il lui
faut ! Max programme l’ordinateur de son réseau « 6 places
pour le Carnaval de Venise, départ dès que complet ».
Yves, Marc, Edith, Anaïs, Claire et Pierre montent dans le véhicule
astucieusement équipé des plus récentes créations
technologiques à l’usage des transporteurs indépendants.

Le climat spontané de convivialité qui
règne en cette époque d’économie distributive consciemment
assumée, transforme vite les rapports entre les individus. Ils
se révèlent, s’éclairent, se suscitent et nous
étonnent par la subtilité instinctive de leur communication.
Aux abords de Lyon, Max charge un nouveau voyageur qui n’est autre que
Martin Ocent. Martin se rend à Venise pour y retrouver ses petits
enfants de retour d’un voyage dans le Lumbaland, en Afrique. Il monopolise
un moment l’intérêt des passagers en exhibant ses photos
souvenir qui donnent lieu à quelques flashes back : 1990, Martin
Ocent, petit fils d’horloger suisse et fils de banquier, invente le
premier appareil à transformer toute matière en or fin.
1992, il fait distribuer par les pères Noël de Genève
des milliers de « colts pour fabriquer de l’or » aux enfants.
1993, son célèbre procès qu’il gagne grâce
à la vente dans les distributeurs automatiques de son procédé
simplifié, qui déborde la situation. 1995 : face aux crises
de plus en plus profondes du système monétaire et la prise
de conscience de population : le, congrès mondial des banquiers
pour étudier la transition vers l’économie distributive.
Elections démocratiques mettant en place le système distributif.
Venise Martin quitte ses compagnons. Max et les six autres restent ensemble.
Après avoir, circulé avec les costumes de personnages
caricaturaux du passé qu’ils avaient préparés pour
l’occasion, ils les abandonnent au profit d’une marionnette géante
découverte par Max dans un atelier vénitien l’allégorie
du serpent monétaire, recouvert des anciens billets de banque
géants de toute la planète. Ils déambulent dans
la ville, déclenchant l’hilarité, rencontrant parfois,
au détour d’une ruelle, des personnages représentant une
caricature... de Martin Ocent.

Le hasard les rassemble de nouveau dans Venise, les
petits enfants de Martin avec eux, Christiane et son frère William.
Les jeux et les situations du Carnaval s’entremêlent et un double
coup de foudre Yves-Christiane et William-Anaïs va les faire reprendre
le bus de Max, quelques jours plus tard, en direction de La Roche Vallée,
le petit bourg natal de Martin, dans les Alpes suisses.
Max reprend la route vers Paris avec Edith, Pierre, Marc et Claire tandis
que les autres restent à La Roche Vallée pour assiter
à la réunion du conseil municipal. En fin de soirée,
la gestion des affaires courantes concernant les échanges de
la commune avec la région et l’Europe touche à sa fin.
Les discussions se portent sur la situation dramatique de la ville Africaine
du Lumbaland jumelée au Bourg, où la plupart des gens
ne mangent pas encore à leur faim. William et Christiane racontent
leur mission au lumbaland et montrent bien l’impossibilité actuelle
des pays sans ressources de pratiquer l’économie distributive.
Le conseil municipal qui se poursuit toute la nuit prend pour l’occasion,
des allures du conseil des sages qui énumèrent des propositions
de solutions qui révèlent la conscience étonnante
pour tous des individus pratiquant les métiers les plus simples,
dans une société adulte.

A la sortie du Conseil, Edith inonde des sons de sa
guitare électrique les premiers pas émus et silencieux
du conseil du village dans la lumière de l’aube naissante.

COMMENTAIRES

Destiné à la réalisation d’un
film de fiction, le scénario emprunte au style documentaire,
dans le sens où il se présente en partie comme un document
sur une société future : à ce titre, il n’y a pas
d’histoire à proprement parler avec un scénario à
suspens, une intrigue avec une chute à la fin. Il s’agit plus
de vies quotidiennes que d’aventures fantastiques.
Les principaux personnages apparaissent d’abord en tant qu’individus
et principalement en tant qu’individus dans leurs activités professionnelles.
Ils se développent ensuite dans des situations à différentes
échelles dans le rapport individu-société :
- dans le groupe lors du voyage en minibus,
- dans la foule lors du carnaval de Venise,
- dans la commune lors du « conseil municipal » dans les
Alpes,
- dans la famille à leur retour du voyage,
- dans la civilisation lors de leur confrontation aux informations planétaires.
Comment apparait l’économie distributive dans ce projet de film
 ?
- Elle apparait d’abord en tant que décor ou cadre technologique
 : utilisation d’objets qui lui sont liés (carte magnétique,
vélos communaux, robots balayeurs dans la rue etc), circulation
des personnages dans un univers technologique quotidien qui, à
la fois, la permet et en découle (terminaux d’ordinateurs, visiophones,
omniprésence de l’écran T.V. au service des besoins, mais
aussi absence d’affiches publicitaires dans la rue, pas de poids lourds
sur les autoroutes etc).
- Elle apparait ensuite en tant que société conviviale
 : moins d’agressivité dans les rapports entre individus, efficacité
et douceur dans les comportements.
- Elle apparaît en tant qu’organisation autogestionaire dans le
« conseil municipal ».
- Elle apparaît enfin en tant que courant de pensée, en
tant qu’agent de transformation de l’opinion publique dans les informations
télévisées au sujet d’une campagne électorale
ou la formation « Démocratie directe » (expression
politique de l’économie distributive) est en train de remporter
les élections.
La trame des relations sentimentales entre les différents personnages
participe à l’impression de cohérence de cet univers quotidien
dont les principaux axes se résument donc ainsi : technologie
moderne-société conviviale- économie distributive.

EXEMPLE DE SÉQUENCE

De l’idée de départ au « synopsis
 », il y a déjà un développement, une mise
à plat de l’idée avec ses ramifications. Le « synopsis
développé », c’est le squelette, doublé du
système nerveux, du scénario... après quoi vient
la « continuité dialoguée » qui affirme le
scénario et surtout qui commence à proposer des dialogues
définitifs... et découpage plan par plan et puis et puis...

Séquence 6 (scénario)

Une rue animée... Des véhicules en tout
genre... Beaucoup de piétons circulent en fait avec des patins
à roulettes. De nombreux cyclistes, triporteurs, scooters, traversent
l’espace.
Arrive du fond de la rue une espèce de pousse-pousse à
moteur, téléguidé par Pierre (la cinquantaine).
Le véhicule est incroyablement chargé d’un volume impressionnant
de vieux postes de télévision (à la limite des
lois de l’équilibre). Pierre se fraye un passage entre les groupes
animés de la rue qui discutent et s’activent à des tâches
diverses (personnages et costumes colorés). Le pousse-pousse
vire à droite et pénètre par une porte vitrée
dans un grand atelier où travaillaient 3 ou 4 personnes. Pierre
fait pivoter le pousse-pousse puis arrête le moteur.
Pierre : « Eh voilà la « récolte » venant
du quartier X. »
Tous l’aident à décharger. Sous le dernier poste format
géant, (dans le téléviseur vide de toute son électronique)
apparait un type recroquevillé qui se déploit aussitôt,
et demande hilare
L’homme : « Les ateliers « Intercontinental Recup Vidéo
 », c’est bien ici ? »
Pierre, un peu ébahi : « Oui, oui »
Le type montre entre ses doigts une minuscule vis (2 ou 3 mm de longueur).
L’homme : « Voilà. Je voudrais l’ensemble TV-vidéo
system qui va avec cette vis ».
Immédiatement Pierre sort une grosse loupe de poche.
Pierre : « Hum, Hum, c’est une 937 microns JVC Thomson 85, modifiée
97, répertoriée sur mémoire MX 014 »
Il commute un écran mural et fait défiler des chiffres
pendant un petit moment. Mimique de l’un et de l’autre.

Pierre : « Ah... Voilà. Il vous faut un
boitier JVC TH 85 modifié 97, 3 formats possibles. Lequel voulez-
vous ?
Pierre montre du doigt un de ces collègues qui les apportent,

empilés les uns sur les autres. Son visage est juste encadré
dans le poste du milieu.
L’homme : « Celui-là, au milieu »
Pierre : « OK. Après quoi, pour les transistors... »

(On n’entend plus le dialogue, qui se fond dans un
thème musical). Pierre et le client gesticulent au rythme de
la musique : Pierre regarde alternativement le client, puis l’écran,
le client regarde alternativement Pierre et un collègue, arrivant
chaque fois avec un choix variable de matériel (dont une fois
avec l’air penaud et les mains vides et une autre fois avec une gerbe
monumentale de cables avec des embouts différents). Le rythme
s’accélère petità-petit (style Charlie Chaplin).
Le client disparait peu à peu sous les composants et les accessoires
qu’il porte sur lui, jusqu’à être entièrement caché.
A la fin, le client se retrouve assis sur le pousse-pousse, chargé
de tous ses articles. Le moteur démarre on ne sait comment et
l’engin surplombé du client disparait en trombe.
Vue dans la rue de l’engin qui file entre les passants, et de Pierre
qui lui court après et le rattrape. Le client et Pierre, arrêtés,
discutent, puis celui-ci revient vers l’atelier.
A l’intérieur de l’atelier, Pierre se dirige vers un tout petit
écran (même design que celui d’Anaïs). Il cherche
le compte du client puis soustrait la somme correspondant aux articles
emportés. Pierre rejoint ensuite les autres membres de l’atelier,
s’activant sur des établis à démonter, remonter,
etc., des appareils. Nous assistons à quelques scènes
de réparations.

LES OBSTACLES

Une fois le scénario adopté, les principaux
obstacles pour la fabrication d’un film sont le coût de production
et les possibilités de distribution. Aussi peut-on considérer
qu’un projet de réalisation décolle vraiment lorsque le
contrat triangulaire scénario- production-distribution est définitivement
signé. Cela peut prendre quelques mois comme 10 années
avant que ces premières démarches se concluent par un
succès. Après quoi tout peut aller très vite. En
France, en moyenne, 5 semaines de préparation, 5 semaines de
tournage/post production.

LES MOYENS

Mener une production avec les moyens dont nous disposons
ressemble à la trajectoire d’une coureur de fond doublé
d’un parcours d’obstacles. (L’association a produit et réalisé
une dizaine de courts métrages. C’est son premier projet de long
métrage).
Le premier moyen/obstacle est le fameux triangle scénario-production-
distribution. Trouver l’argent. Et c’est là que nous devons faire
preuve d’innovation, comme pour tout projet de film pi voit le jour
et encore plus du fait, du sujet choisi pi remet en question des organismes
spécialisés dans l’aide à la production, comme
l’aide à la réécriture du scénario, le fond
de création audiovisuelle (géré par le C.N.C, regroupement
TF1, A2, FR3, RFO, INA, SFP), l’avance sur recettes, l’aide à
la musique de films, des aides directes intervenant dans la phase initiale
de recherche et d’élaboration des projets, notamment au moment
de la préparation financière de sa production.
Aujourd’hui, il est de plus en plus rare qu’un producteur prennent des
risques seul. Il s’agit presque toujours de coproductions. Tout financement
non autogéré par l’équipe de réalisation
(possible seulement pour des courts métrages ou des longs métrages
de reportages/conférences) ou non financé en totalité
par les capitaux privés d’un groupe de production, doit avoir
l’agrément du C.N.C (Centre National du Cinéma) pour bénéficier
d’aide à la production.

COÛT DE PRODUCTION

Pas de problème de temps lié à
la disponibilité des techniciens : le chômage ne les épargne
pas, mais là comme partout, la qualité des rapports humains
est un facteur primordial de réussite...

A titre d’exemple, le barème hebdomadaire minimum
des techniciens de la production cinématographique 86 donne un
salaire de 3 708 F pour un costumier maquilleur, 4 606 F pour une script,
6 195 F pour un caméraman, 9 862 F pour un réalisateur.
Un film peut employer entre 20 et 500 personnes. En dehors des salaires
des techniciens et des acteurs et les charges sociales correspondantes,
les autres postes budgétaires principaux se répartissent
entre le fongible (pellicule etc...), la location de matériel
(studios tournage, montage), les frais généraux (hébergement,
déplacement, assurances), les frais de post production.
Les budgets de la production et de la distribution sont indépendants
 : avec la production, il faut avoir un regard sur la distribution (période
la plus favorable pour la sortir en salles, publicité effective
etc.). Alors, combien ? Cela fait peur au « spectateur moyen »
pi paye 30 F son entrée : le coût production moyen 85 en
France doit osciller autour de 13 millions (1,3 milliards de centimes).
Le budget minimum doit tourner autour de 6 millions et le maximum autour
de 40 ou 50 millions (130 M pour des productions internationales, U.S.A.).

LE COUT DU FINANCEMENT

Le coût du financement, en première estimation,
peut varier énormément selon qu’il s’agit d’un film tourné
en vidéo (diffusion possible seulement sur les réseaux
T.V. et par cassette vidéo) ou d’un film tourné en 16
mm ou en 35 mm (diffusion possible en salle de cinéma comme en
T.V.). Les télés films les moins chers peuvent s’envisager
autour de 2 millions de francs, les films 16 mm aussi, sous certaines
conditions, les films 35 mm, pas à moins de 6 millions.
« L’écriture cinématographique » coûte
différemment selon les techniques employées : un plan
fixe pour montrer une scène va coûter une heure de travail
de l’équipe, la même scène approchée par
dessus à partir d’une grue peut coûter 60 000 F de plus
(il peut y avoir quelques milliers de plans dans un film).

PLAN DE DEVELOPPEMENT du projet et de recherche de
financement

1er : avril 86 : Lancement de la souscription des
lecteurs de la Grande Relève : suivant ses résultats quantitatifs,
elle peut permettre d’amorcer la phase initiale du montage financier,
en couvrant les frais généraux pi lui sont liés
(déplacements, hébergements, temps de travail concernant
l’écriture, la réécriture du scénario, téléphone,
constitution des dossiers - avec étude d’un devis détaillé
 -, tout fonctionnement lié aux contacts et démarches nécessaires
au développement du projet), elle sera dans ce cas dépensée
dès les débuts, après concertation ; elle peut
permettre de faire participer les lecteurs de la Grande Relève
au financement proprement dit, une fois le projet mis en route (repérage,
tournage, montage etc...).
Minimum opérationnel : entre 50 000 et 100 000 F.

2e : printemps 86 : constitution des dossiers, écriture
finale du scénario - continuité dialoguée.

3e : deuxième semestre 86 : Premier semestre
87 : recherche des partenaires.

Coproducteurs : C.N.C. (Cente National du Cinéma),
Producteurs privés, chaînes de télévision,
S.O.F.I.C.A., avances sur recettes, aides directes, sponsors (parrainage),
souscription des techniciens et acteurs.

4e : (même dates) : recherche des partenaires
distributeurs.

Suite du calendrier : fin 87 (2e semestre) préparation
du tournage, repérage, tournage, post-production. Début
88 sortie du film en salle.

PARTICIPATIONS POSSIBLES

Il y a d’autres moyens pour nous aider : 3 types de
souscriptions sont possibles en plus de la souscription financière
- une souscription au niveau du repérage pour les lieux de tournage
vous paraissant correspondre au « décor » des différentes
scènes du scénario, surtout si vous êtes responsables
des lieux concernés et que vous les mettiez à disposition
de la production, souscrivant ainsi au tournage.
- une souscription au niveau du temps de travail (*) surtout si vous
êtes technicien du cinéma ou auteur mais aussi si vous
avez une pratique parfois fort utile dans le cadre d’une réalisation,
comme machiniste, peintre, maquettiste, décorateur, électricien,
menuisier. Les souscriptions s’entendent avec rétribution au
moment des bénéfices, s’il y en a.
- les SOFICA (Société de Financement des Industries Cinématrographiques
et Audiovisuelle). Les SOFICA permettent aux particuliers ou aux sociétés
de bénéficier d’un avantage fiscal particulièrement
attrayant (déduction du revenu imposable de la totalité
des investissements sous forme d’action ou de souscriptions - 10.000
mini.). En ce qui nous concerne, la stratégie consiste à
former un groupe d’investisseurs prêts à soutenir notre
projet puis à négocier avec une SOFICA l’attribution intégrale
de cet investissement dans notre production. (Documentation des SOFICA
sur demande).