Nos déportés - Nos prisonniers

par  A. C.
Publication : 1er juin 1945
Mise en ligne : 24 octobre 2006

Les Américains nous promettent de ramener, d’Allemagne en France 5.000 déportés par avions et par jour. Nous enregistrons cette promesse avec joie et satisfaction.

Mais de nombreuses inquiétudes subsistent. Il est affirmé, en effet, que le camp de Dachau, notamment, est décimé par le typhus. Plus de 100 décès y auraient été enregistrés le 6 mai, alors que des médecins déportés appellent des décisions immédiates.

Après tant de carence ministérielle, nous souhaitons que cet appel impératif des camps soit entendu. Des ordres, s’ils ne le sont, doivent être donnés sur le champ pour secourir nos malheureux compatriotes et les arracher à la mort.

Au surplus il faut éviter d’envoyer des délégations de curieux qui veulent apporter leur sollicitude ou s’apitoyer sur la déchéance physique de ces malheureux. La sollicitude doit se manifester par des faits et non par des paroles.

Enfin, il y a lieu de rechercher les responsabilités encourues parmi tous les écheIons de l’Administration et de sanctionner sévèrement les coupables, qui, à nos yeux, sont aussi impardonnables que ceux qui ont vendu leurs frères, lesquels sont appelés traitres.

Nos prisonniers continuent à nous revenir, mais à une cadence trop lente. Les premiers contacts qu’ils prennent avec les organisations de prisonniers les laissent dans une certaine désillusion, et l’accueil qu’ils reçoivent de leurs concitoyens est froid, indifférent.

Sans doute, les Français sont soucieux de se trouver chaque jour devant des difficultés matérielles et inquiets de l’avenir. Toutefois, il semble que l’égoïsme a une large part dans l’indifférence qu’ils manifestent à l’égard de nos prisonniers.

Ceux qui parmi ces derniers ont effectué leur voyage de retour par la Belgique, ont été fêtés d’une façon inoubliable. Concevez alors leur désillusion en trouvant, dans leur pays, le désintéressement de leurs compatriotes !

Nous vous invitons, chers camarades, à prendre contact avec ceux qui sont revenus de là-bas, pour déterminer des entretiens avec les organisations de prisonniers et déportés, afin de prendre toutes décisions avec celles-ci, ou en se substituant à elles, afin que ceux qui sont sur le chemin du retour trouvent, en arrivant dans leur ville, une atmosphère de chaude sympathie et d’affection.

Les contacts que vous prendrez avec les prisonniers vous permettront de constater que leurs idées sur les gens et les choses sont complètement changées et imprégnées de nouveautés, et que leurs espoirs les disposent aux théories de l’abondance.


Brèves

12 avril - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.